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Scandale d'espionnage au Brésil: l'étau se resserre sur le clan Bolsonaro
La pression sur l'entourage de l'ex-président brésilien Jair Bolsonaro s'est accentuée lundi, avec des perquisitions chez l'un de ses fils dans le cadre de l'enquête sur des soupçons d'espionnage illégal d'adversaires politiques durant son mandat.
"De nouvelles perquisitions ont été menées dans la continuité" d'une opération ayant eu lieu jeudi, "avec pour objectif d'enquêter sur une organisation criminelle au sein de l'Agence brésilienne de renseignement (Abin)", a fait savoir la police fédérale (PF) dans un communiqué.
Selon l'arrêt judiciaire qui a autorisé les perquisitions lundi dans plusieurs Etats du Brésil, l'une des cibles de ces perquisitions était Carlos Bolsonaro, conseiller municipal de Rio de Janeiro et deuxième des quatre fils de l'ex-président d'extrême droite.
Les enquêteurs soupçonnent l'Abin d'avoir utilisé un logiciel espion israélien dénommé FirstMile pour espionner des centaines de responsables politiques et personnalités publiques sous la présidence Bolsonaro (2019-2022).
La PF a expliqué dans son communiqué que cette "nouvelle étape" de l'opération lancée jeudi ciblait le "noyau politique, pour identifier les principaux destinataires et bénéficiaires d'informations produites illégalement par l'Abin à travers des actes clandestins".
- "Persécution" -
L'arrêt judiciaire, signé par le juge de la Cour suprême Alexandre de Moraes, évoque notamment une demande d'informations à l'Abin sur des enquêtes "impliquant le président (Bolsonaro) et trois de ses fils".
Une demande formulée selon les enquêteurs en février 2020 par une assistante de Carlos Bolsonaro à une collaboratrice d'Alexandre Ramagem, alors chef de l'agence de renseignement, lors d'un échange de messages sur WhatsApp reproduit sur le document judiciaire.
"Jamais l'un de mes fils ne ferait une telle demande, et s'il l'avait fait, elle aurait été rejetée par M. Ramagem", a déclaré Jair Bolsonaro lundi, lors d'un entretien à la chaîne CNN Brasil quelques heures après les perquisitions.
Selon lui, son fils Carlos sera entendu mardi par la police.
"Je n'ai jamais reçu la moindre information sur la localisation de qui que ce soit. Je n'ai jamais eu besoin, ni demandé, ni obtenu le moindre rapport de l'Abin", a insisté l'ancien président, se disant victime de "persécution".
L'ancien chef de l'Abin, qui est aujourd'hui député fédéral au sein du Parti libéral de M. Bolsonaro, avait été la cible de l'une des 21 perquisitions menées jeudi dans le cadre de cette même affaire.
- Partie de pêche -
Lundi, les policiers se sont rendus à neuf adresses au total, dans les Etats de Rio de Janeiro (sud-est), Goias (centre-ouest) et Bahia (nord-est), ainsi que dans le district fédéral de Brasilia.
Le domicile de Carlos Bolsonaro à Rio de Janeiro et son cabinet à l'assemblée municipale ont été perquisitionnés.
La police s'est également rendue à une résidence où se trouvaient Jair Bolsonaro et ses trois premiers fils à Angra dos Reis, cité balnéaire située à environ 150 km de Rio.
Le troisième fils de l'ex-président, le député Eduardo Bolsonaro, a condamné des "excès" commis selon lui durant les perquisitions, déonçant une action judiciaire "illégale en plus d'être immorale".
Il a également nié des rumeurs selon lesquelles le clan Bolsonaro aurait fui en bateau après avoir été mis au courant des perquisitions.
"Dès qu'ils ont su que la PF était dans la résidence, Jair et Carlos sont rentrés à la maison", a-t-il assuré.
Un des avocats de la famille Bolsonaro a indiqué sur X (anciennement Twitter) qu'ils avaient embarqué à l'aube pour une partie de pêche.
Des images de la télévision GloboNews ont montré des policiers sortant de la maison d'Angra dos Reis sous les yeux de Jair Bolsonaro et de son fils Carlos, filmés devant la porte d'entrée.
Le document judiciaire qui donnait le feu vert aux premières perquisitions citait le juge Moraes parmi les personnes ayant été espionnées, tout comme l'ancien président de la Chambre des députés Rodrigo Maia et Camilo Santana, gouverneur de l'Etat du Ceara (nord-est) à l'époque et aujourd'hui ministre de l'Education du président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva.
Condamné à huit ans d'inéligibilité l'an dernier pour diffusion de fausses informations sur le système de vote électronique, Jair Bolsonaro, 68 ans, est cerné par les affaires, pour corruption notamment, depuis qu'il a perdu la présidentielle fin 2022 face à Lula.
P.Mathewson--AMWN