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New Delhi met en scène sa politique de réinsertion des rebelles maoïstes
L'Inde a fait mardi la promotion de sa politique de réinsertion des rebelles maoïstes ayant déposé les armes, au lendemain de l'annonce par le gouvernement de l'éradication de cette insurrection active depuis près de six décennies.
Le ministre de l'Intérieur Amit Shah a annoncé lundi devant le Parlement que son pays, qui a intensifié depuis deux ans sa lutte contre les derniers vestiges de cette rébellion, en était désormais "libéré".
A son apogée au milieu des années 2000, la rébellion "naxalite", en référence au village de l'Etat du Bengale occidental (est) où elle s'est formée en 1967, contrôlait près d'un tiers du pays avec de 15 à 20.000 combattants armés.
Leur présence était depuis quelques années limitée au district de Bastar, situé dans l'Etat du Chhattisgarh (centre), une région de forêts denses et riche en minerais, d'une superficie presque équivalente à celle des Pays-Bas.
Mardi à Dantewada, dans le district de Bastar, la police a organisé un show au cours duquel ont été présentées des armes et des munitions saisies aux rebelles, un éventail allant de mortiers artisanaux à des carabines volées aux forces de sécurité.
Objectif affiché par les autorités : montrer que les rebelles "réintègrent la société". Une cérémonie a ainsi mis en scène cinq d'entre eux recevant des exemplaires de la Constitution indienne.
Le chef de la police de Bastar, P. Sundarraj, a affirmé à l’AFP que le nombre d'insurgés se réduisait désormais à une poignée, contre près de 4.000 combattants il y a moins de cinq ans.
- Mener une vie simple -
"La +Mission 2026+ touche à sa fin", s'est félicité ce haut responsable, en référence au 31 mars 2026, la date butoir fixée par le gouvernement pour mettre fin à l'insurrection naxalite.
"A partir d'avril 2026, ce sera un nouveau départ", a affirmé M. Sundarraj.
Il a précisé que les rebelles ayant déposé les armes recevaient une carte d'identité et bénéficiaient de formations professionnelles ainsi que de programmes de réinsertion.
Dans l'un de ces centres de réinsertion visités par l'AFP, des femmes cousaient des chemisiers, tandis que des hommes soudaient du métal récupéré sur des "tuk-tuk", ces taxis à trois roues motorisés, pour fabriquer des bancs publics.
"J'espère pouvoir ouvrir un atelier de couture une fois de retour au village", a expliqué Kope Madvi, 19 ans, qui a quitté l'insurrection après six ans comme combattante armée.
Beaucoup ont confié aspirer à une vie simple comme Vijay Oyam, 26 ans : je veux "juste rentrer chez moi, cultiver la terre et nourrir ma famille".
Plus de 12.000 rebelles, soldats et civils ont trouvé la mort dans ce conflit, né de la rébellion d'une poignée de villageois contre leurs seigneurs féodaux en 1967.
Les maoïstes affirmaient se battre pour les droits des populations autochtones marginalisées vivant dans les régions forestières, où les compagnies minières convoitent également de précieuses ressources.
J.Williams--AMWN