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IA: l'Europe ne s'en sortira pas en pénalisant les autres pays, selon l'ambassadeur américain en UE
Ce n'est pas en pénalisant les entreprises des autres pays que l'Europe pourra réussir dans l'intelligence artificielle (IA), a plaidé jeudi l'ambassadeur américain auprès de l'UE, Andrew Puzder, dans un entretien à l'AFP.
"L'Europe ne pourra pas s'intégrer à l'économie de l'IA en pénalisant les autres", a déclaré le diplomate, alors que Bruxelles doit présenter fin mai un plan visant à renforcer la souveraineté technologique de l'UE, en réduisant sa dépendance aux fournisseurs étrangers.
"S'il s'agit d'accroître la compétitivité des entreprises européennes, nous sommes tous d'accord pour dire que ce serait une bonne chose", a expliqué le responsable.
"Mais si l'on parle d'accroître la compétitivité des entreprises de l'UE en réduisant celle de leurs concurrents, notamment les géants de la tech, alors on ne s'attaque pas aux problèmes qui les empêchent d'être compétitives, et on ne fait rien pour les aider", a-t-il argumenté.
Selon M. Puzder, entraver les activités des fournisseurs américains dans l'IA ou le cloud (informatique à distance) ne ferait que priver les Européens "de l'expérience et des innovations développées aux Etats-Unis", et fragiliserait les investissements sur le continent, affaiblissant ainsi l'Europe face à la concurrence de la Chine.
Par ailleurs, l'ambassadeur américain a salué la proposition de la Commission européenne d'instaurer un "dialogue" avec les Etats-Unis en matière de numérique, sujet de crispation récurrent entre les 27 et Washington.
"Les Etats-Unis et l'Europe doivent travailler ensemble sur ces questions, et nous devons dialoguer pour trouver une manière constructive d'y parvenir", a-t-il assuré à l'AFP.
L'administration Trump accuse régulièrement l'UE de cibler injustement les champions technologiques américains et de se livrer à une forme de "censure", en raison d'amendes infligées à des groupes américains en vertu de la législation numérique européenne.
"Il semble que ce soient les entreprises américaines qui écopent de la majorité des amendes", même si "elles ne sont peut-être pas les seules", a fait valoir Andrew Puzder, qui estime que cela contribue à dissuader ces groupes de développer leurs activités en Europe, "par crainte d'être pénalisées".
Ch.Kahalev--AMWN