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Séisme en Colombie: les recherches continuent jusqu'au bout
Les secouristes restent pleinement mobilisés vendredi en Colombie au milieu des décombres laissés par le puissant séisme qui a fait près de 300 morts dans l'ouest du pays, même si l'espoir de retrouver des survivants est de plus en plus mince.
"Les chances de retrouver des rescapés vont diminuer", a admis le responsable des opérations, David Tamayo. "Mais notre engagement est de ne jamais cesser les recherches. La consigne est de ne pas s’arrêter avant d'avoir retrouvé toutes les personnes portées disparues", a-t-il affirmé dans une vidéo publiée jeudi soir par son agence.
Les engins de chantier ont commencé à déblayer les décombres dans les endroits où est écartée toute présence de survivants, après le tremblement de terre de magnitude 7,4 survenu lundi, le plus meurtrier de ce début de siècle dans le pays.
Le séisme a également détruit près de 13.000 logements, selon l'organisme de gestion des catastrophes.
À Cali, troisième ville du pays et l'une des plus affectées par le séisme, les parcs et les rues se sont transformés en campements improvisés.
Maria del Carmen Rodriguez, 72 ans, a perdu l'appartement qu'elle avait acheté avec les économies d'une vie. Elle l'observe depuis un terrain de football où elle passe désormais des nuits étouffantes sous une tente avec son mari de 76 ans.
"Nous nous demandons à quelles aides nous avons droit, si nous allons être relogés" mais "tout ça va prendre du temps", soupire-t-elle.
Bénévoles et secouristes professionnels continuent, eux, de fouiller les décombres, à mains nues ou avec du matériel spécialisé et des chiens, en quête du moindre signe de vie.
Pendant qu'ils s'acharnent, l'odeur âcre des corps en décomposition flotte dans les quartiers les plus dévastés.
Jeudi matin s'est refermée la fenêtre des 72 heures après le séisme, délai à l'issue duquel il est rare de retrouver des rescapés.
La "région du café" a également été durement frappée. A Pereira, un pompier scrute l'endroit où un groupe de bénévoles dit avoir entendu des bruits sous les décombres.
"Je ne vais pas leur enlever leur émotion ni leur ferveur, parce que les miracles existent, mais à ce stade il est peu probable de trouver des gens vivants", confie-t-il à l'AFP.
- "Traumatisme collectif" -
Depuis lundi, la solidarité de la population locale face à la recherche harassante des disparus et aux pénuries ne se dément pas. Des milliers de personnes apportent aux quartiers touchés eau, nourriture et médicaments.
A Cali, un musicien a même eu l'idée d'un stand depuis lequel il distribue des étreintes amicales pour réconforter les sinistrés.
"Nous traversons un traumatisme collectif et je pense que la meilleure façon d'aider pour moi, c'est de donner de mon énergie", dit à l'AFP Andrés Solomón, 46 ans, entouré de pancartes clamant "Ici, câlins" et "Courage!".
Certaines retrouvailles mettent du baume au coeur à une population marquée par la perte.
Le visage de Vickye Giraldo s'est illuminé quand des bénévoles ont secouru son chat Polux, dans son immeuble désormais en ruines. "Mon rêve s'est réalisé", dit cette avocate de 56 ans, en écrasant une larme sur sa joue.
Mais les répliques et les dommages structurels compliquent les opérations de sauvetage.
- Le gouvernement critiqué -
L'épicentre du séisme est situé près de San José del Palmar dans le Choco, un département bordant le Pacifique et qui compte parmi les plus pauvres de Colombie. Là, la phase de recherche et de sauvetage est déjà achevée mais l'aide aux sinistrés se fait pressante.
Le président de la Espriella, qui a pris ses fonctions trois jours seulement avant le tremblement de terre, a décrété l'état d'"urgence économique" face à la catastrophe, une mesure qui lui permet de créer des impôts et de modifier le budget.
Il a également annoncé la création d'un fonds alimenté par des aides internationales pour venir en aide aux victimes
La gestion de la catastrophe par ce dirigeant issu de la droite dure a toutefois fait l'objet de critiques.
La Colombie n'a en effet accepté de recevoir que des équipes de secours envoyées par les Etats-Unis, le Salvador, l'Equateur et Israël, gouvernés par la droite.
Le gouvernement colombien a affirmé gérer les offres d'aide étrangère "sans aucune considération idéologique ni politique".
La présidente mexicaine de gauche, Claudia Sheinbaum, a regretté jeudi que son gouvernement n'ait pas pu mobiliser ses brigades de secouristes militaires, pourtant expérimentées, au motif qu'elles ne disposaient pas de la bonne certification.
P.Martin--AMWN