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"Tant que le corps tient": le travail sans relâche d'un secouriste, deux mois après le séisme au Venezuela
Deux mois après le double séisme qui a frappé le Venezuela, la mission que s'est donnée Domingo Pacheco, un secouriste bénévole arrivé dans la zone sinistrée dès le premier jour, est loin d'être terminée.
Cet homme de 53 ans a rejoint l'Etat côtier de La Guaira, le plus durement touché, après les tremblements de magnitude 7,2 et 7,5 du 24 juin. Il fouille les décombres depuis lors. La catastrophe a fait près de 6.500 morts.
Domingo Pacheco recherche les victimes sans vie encore ensevelies sous les débris, dont le nombre est inconnu.
Un travail harassant qui ne laisse pas indemne. Un soir, après une nouvelle journée exténuante à creuser dans les décombres, il s'est senti à bout de souffle et a perdu connaissance, raconte-t-il à l'AFP.
- "Là où on avait besoin de moi" -
Lorsque ce bénévole est arrivé pour aider à La Guaira, station balnéaire située à 40 km de Caracas, il s'est immédiatement mis au travail, à la recherche d'une petite fille ensevelie sous un ensemble de logements sociaux effondré.
Il se souvient d'une famille piégée qui vivait au dernier étage, suppliant qu'on la sauve durant ces premières heures de confusion.
"Il y avait des gens qui criaient, qui demandaient qu'on les aide", dit-il à l'AFP. Il explique avoir une conviction: "Je suis allé là où on avait besoin de moi".
M. Pacheco est l'un des bénévoles du Groupe de sauvetage unifié du Venezuela (GRUV), une organisation qui se finance à travers les dons et est parvenue à sauver 21 personnes. Elle a également retrouvé 56 corps sans vie.
La détermination des familles qui refusent d'abandonner leurs proches encore coincés sous les décombres l'a "profondément marqué", confie le secouriste.
Il n'existe aucun chiffre officiel sur les personnes toujours portées disparues mais plusieurs semaines après le séisme, les secouristes continuent d'extraire des corps des ruines.
- Gratitude -
Frank Viloria a rencontré Domingo Pacheco et ses collègues dans la ville de Playa Grande, où des complexes résidentiels entiers se sont effondrés face à la mer.
"Quand je le vois, je suis heureux", dit-il avec un sourire, en serrant chaleureusement la main de M. Pacheco.
Sa sœur et sa nièce sont mortes lorsque leur immeuble de huit étages s'est désintégré.
Le trentenaire se dit "très reconnaissant" envers les secouristes qui œuvrent sur place depuis les premières heures. "Je ressens beaucoup de respect et d'admiration", ajoute-t-il.
Les deux hommes s'étreignent en se disant au revoir.
L'Etat de la Guaira était une destination prisée pour les escapades du week-end des habitants de la capitale. Son atmosphère touristique a laissé place à la tragédie ces derniers mois.
Des milliers de personnes désormais sans abri y vivent dans des camps de fortune et des conditions difficiles.
"Parfois je suis très triste, mon esprit est ici (à La Guaira), il n'est pas là-bas (à Caracas), pas chez moi", confie Domingo Pacheco.
"Nous allons continuer, tant que le corps tient", assure-t-il.
H.E.Young--AMWN