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Crue en Népal et en Chine: de nouvelles coulées de boue redoutées
La Chine et le Népal craignent vendredi de nouvelles coulées de boue dans la région himalayenne où une crue dévastatrice a causé près de 400 morts et laisse des centaines de disparus, une menace qui complique les efforts des secours.
Dans la nuit de jeudi à vendredi, la Chine a averti d'un "risque élevé" de rupture d'un lac formé à la suite de la gigantesque mer de boue qui s'est libérée mercredi des deux côtés de la frontière, dans cette zone montagneuse prisée des touristes du monde entier.
Selon l'agence Chine Nouvelle, la retenue d'eau, apparue près de Gyirong, localité frontalière avec le Népal, pourrait atteindre trois millions de mètres cubes dans les trois prochains jours en raison de pluies continues. Elle "présente un risque élevé de rupture et de débordement, pouvant entraîner une crue importante en aval", a ajouté cette source.
Jeudi déjà, le gouvernement népalais avait multiplié les mises en garde contre une possible deuxième crue à cause du lac formé par l'effondrement du glacier qui semble à l'origine de la catastrophe.
"Il semble que le flot de la rivière Lhende soit encore obstrué en amont" par le bloc de glace qui s'est effondré, a relevé l'autorité de gestion des situations d'urgence. "A cause du risque de nouvelle inondation, toutes les populations en aval sont priées de rester extrêmement vigilantes", a ajouté l'institution.
- Extrême vigilance -
Le puissant mur d'eau et de boue qui a submergé mercredi matin une région frontalière entre le Népal et le Tibet en territoire chinois a balayé des villages entiers et coûté la vie à 389 personnes côté népalais, selon la police locale, et à 3 autres dans le territoire chinois voisin du Tibet.
Au cœur de l'Himalaya, cette région du Népal est très prisée des randonneurs et alpinistes du monde entier, notamment pour gravir le mont Everest. Des centaines de touristes figurent parmi les disparus.
Selon l'Institut d'études géologiques des Etats-Unis (USGS), la vague a été causée par l'effondrement d'une partie d'un glacier, d'une violence telle qu'il a été enregistré comme un séisme de magnitude 5,2 et a causé de nombreux glissements de terrain.
Au Népal, elle a balayé la vallée de la rivière Trishuli dans le district de Nuwakot, au nord de Katmandou, et celle de la Bhotekoshi à l'est de la capitale.
Côté chinois, où les journalistes étrangers n'ont pas accès, les médias d'Etat chinois ont rapporté jeudi que 558 personnes, dont 260 étrangers, étaient toujours disparues après le passage des "torrents de boue" qui ont enseveli Gyirong Port.
Ils ont précisé jeudi matin que 555 touristes bloqués avaient été évacués de zone, ainsi que 499 résidents.
Parmi les quelque 1.400 disparus, au total côté népalais et chinois, figurent 178 Indiens et des dizaines d'Ukrainiens, Malaisiens, Britanniques, Canadiens ou Australiens, selon le bureau du tourisme népalais. A Washington, le département d'Etat a fait état de 90 Américains manquant à l'appel.
L'aide internationale, sous forme de secouristes, de matériel médical, de nourriture ou encore de sacs mortuaires s'organise mais reste limitée au vu de l'ampleur de la catastrophe.
Cette dernière a suscité de nombreuses réactions dans la région et à travers le monde. Le Dalaï Lama a offert jeudi ses "prières" aux victimes, le pape Léon XIV s'est dit "profondément attristé" et le roi Charles III "bouleversé" par la catastrophe.
Les inondations et les glissements de terrain sont fréquents pendant la mousson d'été (juin-septembre) au Népal, au Tibet et dans toute l'Asie du Sud.
Selon les scientifiques, le changement climatique accroît l'intensité et la fréquence de tels événements.
Y.Aukaiv--AMWN