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Inondations au Népal : Les scientifiques réfutent les accusations contre la Chine
Plus de 362 personnes ont été tuées au Népal par une coulée de boue provoquée par l'effondrement d'un glacier. Malgré les rumeurs accusant la Chine, les scientifiques attribuent la catastrophe à un phénomène naturel, confirmé par des données sismiques internationales.
Le Népal est encore sous le choc d'une catastrophe majeure survenue mercredi, lorsqu'une coulée de boue a dévalé plus d'une centaine de kilomètres, ravageant les communautés situées dans son sillage. Au matin du jeudi suivant, le bilan officiel faisait état de 362 morts, tandis que les équipes de secours continuaient leurs recherches désespérées pour retrouver plusieurs milliers de disparus, parmi lesquels figurent quatre ressortissants français.
Alors que la communauté scientifique s'attelle à comprendre les mécanismes exacts ayant déclenché ce drame, une polémique a émergé sur les réseaux sociaux. Certains utilisateurs ont avancé l'idée que les installations civiles situées en amont, du côté chinois, seraient responsables de ces éboulements. Cette théorie, portée notamment par un compte X se présentant comme un organe de « journalisme d'investigation » nommé « Népal Correspondance », pointe du doigt le village tibétain de Gyirong. Situé à quelques centaines de mètres au-dessus de la frontière népalaise, sur le lit de la rivière Trishuli, ce village ferait partie d'une opération d'installation frontalière plus large. Selon ces accusations, les travaux effectués dans les collines auraient endommagé l'écosystème montagneux et augmenté la vitesse du courant, contribuant ainsi à la catastrophe.
Cependant, aucune preuve tangible ne vient étayer ces allégations. Les experts interrogés par les médias ont unanimement désapprouvé cette théorie, affirmant que la Chine n'a aucune responsabilité dans l'éboulement survenu mercredi. Jérôme Lavé, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), a expliqué que la localisation précise de l'effondrement du glacier, située à plusieurs kilomètres de la frontière chinoise, exonère tout simplement Pékin. Il a également souligné l'absence de constructions significatives sur le versant nord du massif Langtang, en amont ou en aval de la zone d'impact, qui auraient pu influencer l'écosystème local.
« C'est un phénomène totalement naturel », a assuré le chercheur. Pour étayer cette conclusion, il s'est référé aux données satellitaires et sismiques disponibles. Selon ces informations, un éboulement massif de roche et de glace s'est produit sur le versant nord du massif Langtang. En tombant verticalement sur près de 1 000 mètres, cet effondrement a généré ce que les spécialistes des mouvements de terrain dans l'Himalaya qualifient de « bruit sismique ». Ce phénomène, comparable à un tremblement de terre, a atteint une magnitude de 5,2 sur l'échelle de Richter.
Ce signal a été détecté et analysé par l'Institut d'études géologiques des États-Unis (USGS). Bien que les premiers examens aient pu laisser penser à un séisme classique, une analyse complémentaire des ondes sismiques de longue période a permis de confirmer que l'énergie sismique avait été générée par un effondrement glaciaire et une coulée de débris. Suite à la chute initiale, un nuage composé de poussière, de glace et de fines roches s'est déplacé sur plusieurs kilomètres pour rejoindre la rivière Trishuli, la plus proche. C'est le long de ce cours d'eau que le torrent s'est déchaîné, passant par le poste-frontière entre la Chine et le Népal, dont les images de destruction ont circulé massivement sur internet.
Jérôme Lavé a détaillé la transformation du phénomène : l'avalanche initiale a progressivement perdu en énergie, fondu et s'est transformée en coulée de boue. En amassant débris, végétations et matériaux de construction, cette masse liquide a emporté tout sur son passage. Rien dans ce récit scientifique ne permet d'accuser la Chine.
Face à cette tragédie, le chercheur a plutôt évoqué le réchauffement climatique comme un facteur potentiel d'aggravation des éboulements. Il a souligné que cette catastrophe devrait inciter les pays montagneux à réfléchir sérieusement à la question de l'occupation des sols en aval, posant la question cruciale : doit-on continuer à construire toujours plus près des rivières ?
Les autorités népalaises et les secours internationaux continuent de faire face à une logistique complexe pour identifier les victimes et reconstruire les zones détruites. La communauté internationale reste mobilisée pour apporter une aide humanitaire d'urgence dans une région où l'accès aux zones sinistrées reste difficile en raison des terrains instables.
T.Ward--AMWN