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Crue dans l'Himalaya: plus de 950 morts, les secours à la recherche de milliers de disparus
Les jours passent et l'ampleur de la catastrophe se précise à mesure de la lente progression des secours: le bilan de la crue qui a dévasté mercredi le Népal, et le Tibet en Chine, s'est encore aggravé lundi pour s'établir à plus de 950 morts et près de 4.500 disparus.
"Notre pays est confronté à un désastre naturel d'une ampleur inimaginable et déchirant", a dit le Premier ministre népalais Balendra Shah, "mais nous avançons avec détermination pour protéger la vie des citoyens".
Dans des conditions périlleuses et sous la menace permanente d'une nouvelle montée des eaux, les sauveteurs redoublent d'efforts pour tenter d'arracher d'éventuels survivants à la mer de boue qui a enseveli cette région isolée de l'Himalaya.
"Les difficultés sont considérables", a résumé pour l'AFP leur chef adjoint pour le district sinistré de Nuwakot, le policier E. Hawadi, énumérant routes et les infrastructures détruites, manque d'effectifs et de moyens, notamment aériens.
Malgré leurs efforts, les autorités népalaises ne sont toujours pas parvenues lundi à entrer en contact avec une centaine d'ouvriers qu'elles pensent prisonniers d'un tunnel sur un chantier de la région sinistrée.
"L'ouverture du tunnel a été localisée, de l'air (y) est injecté (...) et de l'eau évacuée", a écrit l'armée dans son dernier point de situation.
- "Comme un tsunami" -
D'autres opérations en cours dans des tunnels de la même vallée, sur le site de centrales hydroélectriques ou de construction de barrages, ont permis de retrouver les corps de trois victimes, selon l'armée.
Plusieurs dizaines de militaires, policiers et guides népalais sont à l'œuvre jour et nuit sur ces sites difficiles d'accès, assistés de spécialistes venus d'Inde, de Chine et de Corée du Sud.
"C'était comme un tsunami, avec un bruit énorme et un énorme nuage de poussière", a-t-il indiqué. "Nous nous sommes enfuis sur les hauteurs (...) on ne voyait plus rien, j'ai vraiment cru que je ne m'en sortirai pas".
Côté chinois, les secouristes explorent avec les mêmes difficultés le cœur de la zone sinistrée au Tibet, notamment le poste-frontière de Gyirong dont le bâtiment a été entièrement effacé par les eaux.
Experts et scientifiques attribuent la crue dévastatrice de mercredi à l'effondrement d'un énorme glacier, qui a transformé une paisible rivière en un fleuve en furie.
Selon les derniers bilans officiels encore très provisoires, un total de 955 corps - 939 côté népalais, 16 sur le versant tibétain - ont été exhumés.
Les autorités des deux pays restent également sans nouvelles de près de 4.500 personnes - 3.925 au Népal et 546 en Chine. Parmi elles des centaines d'étrangers, touristes, pèlerins ou ouvriers.
- Enterrements -
Côté chinois, certains ont exprimé des doutes sur la véracité du bilan officiel. Dix internautes qui suggéraient qu'il était délibéremment minoré ont été punis, a annoncé la police, sans donner de détails.
Le président de l'ONG Campagne internationale pour le Tibet, Tencho Gyatso, a exigé "une information vérifiée et complète" de la part de Pékin.
Six jours après la catastrophe, les familles de ces disparus continuent de se presser dans les hôpitaux et morgues de tout le Népal en quête d'information sur leurs êtres chers.
C'est notamment le cas à Bharatpur, dans le sud du Népal, où la puissance des flots a déposé quelque 250 cadavres à plus d'une centaine de kilomètres en aval. Dans un bâtiment, les proches sont invités à tenter de les identifier sur des images vidéos.
Un long et difficile travail mené sous la pression du temps. Alors que la morgue de Bharatpur déborde de dépouilles, les autorités ont commencé à en enterrer certaines sans même attendre l'identification, pour des raisons sanitaires.
Aucune évaluation précise des dommages n'a encore été réalisée mais les dégâts se chiffrent probablement en "milliards de dollars", a déjà avancé le gouvernement du Népal, confronté à sa catastrophe la plus meurtrière depuis le tremblement de terre de 2015.
Un calcul de l'AFP à partir d'analyses satellitaires de l'observatoire européen Copernicus a permis d'évaluer à plus de 2.500 le nombre de bâtiments détruits dans la vallée de la rivière népalaise Trishuli.
"C'est un désastre en cours", a résumé pour l'AFP Abiodun Banire, de l'antenne népalaise du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef).
burs-pa/lpt
M.A.Colin--AMWN