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Le lagopède alpin et le grand tétras classés comme oiseaux protégés en France
Le lagopède alpin et le grand tétras, deux oiseaux de montagne menacés, ont été classés sous le statut d'espèces protégées en France, les rendant non chassables et protégeant également leurs nids et leurs habitats, selon un arrêté publié mardi au Journal officiel.
Aucune nouvelle espèce n'avait été ajoutée depuis 2009 à la liste des oiseaux protégés en France.
Cette liste qui compte plus de 250 oiseaux, dont le faucon pèlerin, l'aigle royal, le gypaète barbu, le milan royal, la cigogne blanche, le flamant rose, le martin-pêcheur, l'hirondelle rustique et le rouge-gorge, avait été définie dans un arrêté du 29 octobre 2009.
Le lagopède et le grand tétras sont désormais ajoutés à l'article 3 de cet arrêté, qui liste les espèces bénéficiant d'une protection renforcée. Celle-ci concerne non seulement les individus, dont la destruction, la capture ou l'enlèvement sont interdits, mais aussi leurs œufs et leurs nids, ainsi que leurs sites de reproduction et leurs aires de repos, qui ne peuvent être détruits, altérés ou dégradés.
Cette décision, évoquée en avril, avait été soumise à consultation publique entre le 2 et le 23 juillet.
"Le grand tétras et le lagopède alpin sont des espèces emblématiques de nos forêts de montagne, aujourd’hui confrontées à un déclin préoccupant. Renforcer leur protection est une décision nécessaire au regard de leur état de conservation", a jugé la ministre de la Transition écologique Monique Barbut dans un communiqué.
Ce classement en espèce protégée rend aussi "les financements plus aisés, surtout au niveau européen, et nous permet d'écrire un vrai plan de protection sur 10 ans", a-t-elle expliqué dans une interview à La Dépêche lundi.
"L'idée c'est de stabiliser les populations, voire d'espérer une remontée, même si cela restera difficile", a ajouté la ministre.
Ces deux espèces de montagne subissent de plein fouet les conséquences du réchauffement climatique, qui réduit progressivement leur habitat. S'y ajoutent le dérangement lié aux activités humaines en montagne et l’artificialisation des milieux.
Selon la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), le lagopède alpin "ne subsiste en France que dans les Alpes et les Pyrénées, sous forme de populations isolées et fragiles".
Le Conseil d'Etat avait demandé début mars au gouvernement de suspendre la chasse au lagopède, aussi appelé perdrix des neiges, pour une durée de 5 ans, jugeant qu'elle n'était pas "compatible avec les efforts de conservation de l'espèce".
Quant au grand tétras, plus gros oiseau sauvage d'Europe, son déclin en France a été "spectaculaire" avec des effectifs qui ont chuté de près de 80% depuis 1960 dans les Pyrénées, où l'espèce ne subsiste aujourd’hui que sous forme de populations fragiles, avec également quelques noyaux résiduels dans le Jura et les Vosges, indique la LPO.
Un plan de réintroduction avait été mis en place dans les Vosges en 2024 mais ne sera pas poursuivi au vu de la mortalité de la quasi-totalité des individus réintroduits.
"Un petit pas pour l'administration, un grand pas pour la protection de la nature", a réagi le président de la LPO, Allain Bougrain-Dubourg auprès de l'AFP.
L.Miller--AMWN