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Un SDF jeté à terre par un policier à Carcassonne, enquête pour "violences volontaires"
Le parquet de Carcassonne a annoncé lundi l'ouverture d'une enquête pour "violences volontaires" visant un agent de la police nationale qu'une vidéo montre en train de jeter à terre un SDF, décédé plusieurs jours après l'intervention policière survenue en juin.
La diffusion de ces images sur les réseaux sociaux intervient juste après le scandale provoqué par un autre enregistrement dans lequel des policiers municipaux de Carcassonne tenaient des propos racistes et complotistes, dans cette ville dirigée depuis mars par un maire RN.
"Le parquet de Carcassonne a saisi le dimanche 13 septembre 2026, l'antenne de Marseille de l’IGPN (Inspection générale de la police nationale, ndlr) d'une enquête judiciaire du chef de violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique", a indiqué dans un communiqué la procureure de la République Géraldine Labialle.
Alors que l'homme de 29 ans - SDF selon le parquet, ce que conteste sa famille - est décédé le 3 juillet, la procureure précise qu'"à ce jour, en l’état des investigations, il n’existe (...) aucun lien de causalité entre les faits filmés et le décès survenu 13 jours après".
"Une enquête en recherche des causes de la mort" et "l'autopsie réalisée le 9 juillet 2026 excluaient toute lésion traumatique suspecte en faveur de l'intervention d’un tiers et privilégient la cause toxique au regard (des) antécédents connus de polytoxicomanie" du jeune homme qui, selon le parquet, vivait dans la rue depuis l'âge de 16 ans.
- "Nuisances sonores" -
Le lien entre l'intervention et la mort du jeune homme est également écarté par la famille. "Nous, on n'établit pas de lien. On ne va pas remettre en cause le travail du médecin légiste", a déclaré à l'AFP le frère de la victime qui, selon lui, vivait chez ses parents.
L'intervention s'est déroulée le 21 juin, jour de la fête de la musique, et était liée à des "nuisances sonores réitérées", selon le parquet.
La vidéo montre un fonctionnaire de la police nationale, accompagné de policiers municipaux, saisir par derrière un jeune vêtu d'un tee-shirt sans manches kaki et d'un short bleu, qu'il projette violemment par terre, devant plusieurs grosses enceintes et au milieu d'un petit groupe visiblement éméché.
Le jeune dont la tête heurte le sol avec force se tient le crâne pendant quelques instants, avant d'être relevé par les policiers, sous les invectives d'un groupe de personnes choquées par l'action des policiers.
"Il lui éclate la gueule par terre, ça se fait pas, oh !", entend-on dire celui qui est en train de filmer la scène, dont on voit qu'il tient une bière à la main.
- Plainte de la famille -
Après avoir été relevé, le jeune homme marche, le pas hésitant devant la caméra, en se touchant l'arrière de la tête à plusieurs reprises.
L'agent de police municipale de Carcassonne mis en cause la semaine dernière dans un enregistrement audio de propos racistes et sexistes, est identifiable sur la vidéo. C'est notamment lui qui relève la victime après le choc.
Une plainte a été déposée dimanche dans une gendarmerie de Carcassonne par les frères et soeurs du jeune homme, a encore précisé son frère, ajoutant que la fratrie serait "reçue par l'IGPN au commissariat" lundi "pour apporter plus d'éléments".
"On veut que le policier soit sanctionné pour son geste et que cela ne se reproduise pas, il aurait pu le tuer sur le moment", a-t-il affirmé, ajoutant: "On sait que la majorité des policiers font bien leur travail".
En cette soirée de fête de la musique, le groupe de jeunes organisait un "apéro entre amis" au pied de l'immeuble où vivait l'un d'eux quand l'incident est survenu vers 19H30, a encore précisé le frère du jeune homme décédé. Selon lui, l'auteur de la vidéo, un ami de la victime interpellé lors de l'intervention, a décidé de la poster après le scandale des conversations entre agents municipaux.
La semaine dernière, le même parquet a annoncé la suspension de quatre policiers municipaux de la ville après la diffusion d'une vidéo les mettant en cause pour des propos racistes ou sexistes tels que "bicots", "bougnoules", "nègres" ou "connasses". Le Rassemblement national s'est empressé d'exclure l'agent qui était membre de son service d'ordre tandis que le maire RN Christophe Barthès a condamné ces propos "à vomir et inexcusables".
P.Mathewson--AMWN