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Le criminel de guerre Ratko Mladic doit être inhumé à Belgrade
L'ex-chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, condamné pour génocide et crimes de guerre, doit être inhumé lundi à Belgrade lors d'une cérémonie qui devrait attirer des milliers de personnes, en dépit des condamnations internationales.
Ratko Mladic est décédé fin août à l'âge de 84 ans, à La Haye aux Pays-Bas, où il purgeait une peine de prison pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis pendant la guerre de Bosnie, dans les années 1990.
Sa dépouille sera exposée dans une église pendant cinq heures, avant une cérémonie et un cortège jusqu'à un cimetière voisin.
Son cercueil, recouvert de drapeaux nationaux, a été transporté jeudi en Serbie par un avion gouvernemental et accueilli à Belgrade avec les honneurs militaires.
Lors du transport du cercueil de l'aéroport vers la capitale, le convoi a été salué par des dizaines de jeunes hommes qui arboraient des banderoles rendant hommage à Ratko Mladic et allumaient des fumigènes. Des policiers en uniforme ont été vus en train de saluer le fourgon mortuaire.
La commissaire européenne, Marta Kos, en charge de l'élargissement, a annulé vendredi une visite prévue le 9 septembre en Serbie, expliquant que "la glorification autour de son décès" était "incompatible avec les valeurs sur lesquelles l'UE s'est construite".
- Atrocités -
Denis Becirovic, le membre bosniaque de la présidence tripartite du pays, a dénoncé "un acte d'identification des dirigeants de la Serbie avec l'un des pires tueurs de l'histoire de l'Europe".
"Cela va avoir des conséquences imprévisibles pour le futur de la région entière", a-t-il écrit sur Facebook vendredi.
Les atrocités commises pendant la guerre sous le commandement de Ratko Mladic lui ont valu le surnom de "boucher des Balkans" dans les médias internationaux.
Cet homme incarnait le visage militaire d'un sinistre trio — aux côtés de l'ancien président yougoslave Slobodan Milosevic et de l'ex-dirigeant des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic — au moment où l'ex-Yougoslavie sombrait dans le carnage après la chute du communisme.
La guerre de 1992-1995 en Bosnie a fait environ 100.000 morts, et 2,2 millions de personnes ont été déplacées.
Mladic a été arrêté en 2011, après seize ans de cavale, et définitivement condamné à la prison à perpétuité en 2021, au terme de neuf ans de procès à La Haye.
Mladic avait été reconnu coupable de génocide pour son rôle dans le massacre de Srebrenica, en juillet 1995, la pire tuerie en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, qui a coûté la vie à environ 8.000 hommes et adolescents musulmans.
Fadila Efendic, dont le fils et le mari ont été tués à Srebrenica, avait indiqué il y a quelques jours à l'AFP qu'elle souffrait de savoir que les idées de Mladic n'étaient toujours "pas mortes".
Il avait aussi été condamné pour avoir persécuté et expulsé des Musulmans bosniaques et des Croates, terrorisé des civils pendant le siège de Sarajevo et pris en otage des Casques bleus de l'Onu pendant les bombardements aériens de l'Otan en 1995.
- Hommage -
En dépit de ces sentences, il reste considéré comme un héros par certains Serbes, en particulier en Republika Srpska, où sa mort a été marquée par des veillées et des rassemblements.
De nombreux habitants de cette entité ont déposé une demande pour se rendre à Belgrade pour les funérailles.
Son fils, Darko Mladic, qui organise les obsèques, a déclaré qu'il était "fier du rôle" joué par son père.
Samedi, environ 300 personnes ont assisté à une cérémonie d'hommage sur un site militaire de la capitale serbe, organisée par une association de généraux de l'armée serbe encore actifs ou retraités.
Darko Mladic, d'autres membres de sa famille, ainsi que le ministre serbe de la Justice Nenad Vujic et des dirigeants de l'entité serbe de Bosnie, la Republika Srpska (RS), dont le président Sinisa Karan, étaient présents.
Pendant la cérémonie, il a été décrit comme une "figure marquante, aussi bien en tant qu'homme que soldat".
Le président serbe Aleksandar Vucic a indiqué que des dizaines de milliers de personnes étaient attendues aux funérailles et que l'Etat veillerait à ce que l'événement se déroule "en toute sécurité".
Il n'y assistera lui-même pas, en raison d'un engagement pris antérieurement, a-t-il expliqué.
A.Rodriguezv--AMWN