-
Bethesda officialise le titre The Elder Scrolls VI dans un premier teaser
-
GTA 6 : le préchargement de 212 Go commencera une semaine avant la sortie
-
Xbox Nano : une petite manette ambitieuse destinée à des usages précis
-
Volkswagen ID.3 Neo : 1 500 kilomètres pour mesurer ses progrès sur autoroute
-
Adobe PDF Spaces ajoute une conversation partagée autour des documents
-
Chery annonce une recharge capable de récupérer 500 kilomètres en cinq minutes
-
Venise reste la grande ville italienne la moins motorisée
-
Une Ferrari V12 longtemps abandonnée s’engage dans une restauration complète
-
Yamaha NMAX E : un scooter électrique conçu pour rivaliser avec les 125 thermiques
-
Renault 5 électrique : l’épreuve de 1 000 kilomètres entre Nice et Paris
-
À 82 ans, un Américain transforme son Mercedes Sprinter en logement permanent
-
La Fiat Grande Panda électrique vise désormais jusqu’à 400 kilomètres
-
Cinéma : les principaux films à découvrir le mercredi 4 novembre
-
L’enseignement catholique défend une école fondée sur la fraternité et la liberté
-
Après la défaite républicaine, Donald Trump salue les démocrates et brandit son veto
-
Présidentielle : Bruno Retailleau pousse Edouard Philippe vers une primaire
-
SNCF : les syndicats demandent un rattrapage salarial face à l’inflation
-
BMW abaisse de nouveau ses objectifs après un troisième trimestre en recul
Pour le théâtre palestinien, la volonté de se produire malgré les embûches
Dans son théâtre à deux pas des sacs de sable et autres obstacles anti-chars israéliens éparpillés dans Jénine, Moustafa Sheta résume en quelques mots la difficulté à exercer en territoire palestinien: "nous vivons une situation tout à fait anormale".
Ce jour-là, le silence règne dans les rues du camp de réfugiés palestiniens de Jénine où les habitants ont appelé à une grève générale pour protester contre la mort d'une adolescente de 16 ans, tuée quelques heures plus tôt par les forces israéliennes.
Les raids de l'armée israélienne et les échanges de tirs avec des combattants palestiniens rythment la vie du camp et plus largement du nord de la Cisjordanie occupée ces derniers mois. L'armée a multiplié ses opérations "antiterroristes" dans cette région, bastion de groupes armés, dans la foulée d'attaques anti-israéliennes meurtrières au printemps 2022.
Difficile, dans ces conditions, de continuer les représentations au Théâtre de la Liberté.
"Que pouvons-nous faire? Continuer, arrêter, annuler les spectacles?", s'interroge son directeur, M. Sheta, 42 ans. "On ne peut pas planifier, il faut se préparer à différents scénarios".
En 2022, plus de 40 Palestiniens ont été tués dans le secteur de Jénine, dont un adolescent qui suivait des cours au Théâtre de la Liberté ("The Freedom Theatre"), d'autres jeunes et des combattants, d'après un décompte de l'AFP.
Un matin de décembre, trois habitants ont été tués, à quelques heures de la première d'un spectacle monté par la troupe de M. Sheta. Après moult réflexions, les comédiens ont décidé de jouer malgré tout, devant environ 75 spectateurs, soit la moitié de la salle.
Pour Yasmine Shalaldeh, qui campe dans la pièce une habitante de Gaza, il est "crucial de continuer à travailler".
- Liberté de circulation -
Après les représentations à Jénine, la pièce "Metro Gaza" a été donnée à Ramallah, Jérusalem et Haïfa (nord d'Israël).
Chaque théâtre fait face à des défis qui lui sont propres.
A Jérusalem-Est, secteur palestinien de la ville annexé par Israël, le théâtre El-Hakawati a vu le nombre de ses spectateurs chuter après la construction par Israël, dans les années 2000, d'une barrière de séparation entre la Ville sainte et le reste de la Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 1967.
"Avec le mur et les postes de contrôle, (le public) s'est raréfié, les gens ne peuvent pas venir", explique son directeur Amer Khalil, alors que des enfants profitent d'un spectacle de marionnettes.
A Jérusalem, en Cisjordanie, en Israël ou dans la bande de Gaza, sous blocus israélien, les Palestiniens n'ont pas les mêmes papiers d'identité, ce qui affecte leur capacité à voyager d'un territoire à l'autre.
"C'est de la torture", souffle Mme Shalaldeh, 30 ans et originaire de Jérusalem.
"Quand vous avez un spectacle à Jérusalem et que des gens de Gaza veulent venir, ils ne peuvent pas", regrette-t-elle.
Certes, affirme M. Khalil, le temps où les metteurs en scène devaient soumettre leurs pièces à la censure israélienne sont révolus depuis longtemps, mais le théâtre palestinien est "menacé par d'autres choses".
Son institution ne peut recevoir de financements de l'Autorité palestinienne, persona non grata à Jérusalem. Elle dépend donc des ventes de billets et des dons, principalement européens.
En l'absence de subvention locale, "la situation économique est très difficile, voire critique", les ventes de billets ne couvrant pas un tiers des dépenses de fonctionnement, ajoute-t-il.
- "Transmettre" -
A Jaffa, sur la côte israélienne, le théâtre Al-Saraya reçoit des financements israéliens mais ce soutien est en péril, indique son directeur, Mahmoud Abou Arisheh, 34 ans.
En novembre, le ministre israélien des Finances d'alors, Avigdor Lieberman, avait appelé à refuser tout financement à ce théâtre après qu'il eut diffusé le film jordanien "Farha", fiction sur une adolescente palestinienne dont le village est massacré pendant la guerre israélo-arabe de 1948-1949 ayant suivi la création d'Israël. M. Lieberman avait accusé l'oeuvre d'avoir pour "seul objectif (...) d'inciter à la haine contre les soldats israéliens".
Pour M. Abou Arisheh, ces menaces "limitent notre liberté de discours et d'expression". Il craint des sanctions israéliennes pouvant "survenir à tout moment".
Mais les artistes palestiniens doivent coûte que coûte poursuivre leur travail, plaide Mme Shalaldeh: "malgré la situation (...) et la cruauté du monde, il est important de continuer à vivre et à transmettre de l'art".
T.Ward--AMWN