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Алекс Боди назначен вице-президентом группы SCANDIC FINANCE
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Au pied des Alpes, l'usine Paraboot chausse le monde entier
Une odeur de cuir et de caoutchouc flotte dans l'usine de Paraboot, près de Grenoble, où une centaine d'ouvriers découpent, cousent, fondent, polissent ces chaussures "made in France" qui s'arrachent à l'étranger.
A contre-courant du déclin des chausseurs français, le chiffre d'affaires de la marque ne cesse d'augmenter: 24 millions d'euros en 2023, 26,7 millions en 2024 et 28,2 millions prévus en 2025.
La société exporte 67% de sa production, réalisée à 80% dans son usine de Saint-Jean-de Moirans, en contrebas des massifs du Vercors et de la Chartreuse, en Isère.
Initialement spécialisée dans les chaussures de travail, Paraboot, née en 1908, continue d'équiper policiers ou électriciens mais est aussi devenue un produit de mode, vu aux pieds de stars comme George Clooney et Johnny Depp.
Son secret ? Des produits "solides, durables et réparables" et un "ADN" qui n'a pas changé depuis 117 ans, vante Eric Forestier, PDG de l'entreprise.
"Les planètes se sont alignées, parce que la tendance revient à des produits souvent assez simples" tels la chaussure Paraboot "reconnaissable de loin", se réjouit-il auprès de l'AFP.
Vendues entre 230 et 500 euros la paire, les chaussures en cuir cousues à la main au design rustique avec leurs semelles gommes et leur couture extérieure visible, conservent ces caractéristiques depuis la naissance de la marque. Elle a su toutefois élargir son public en multipliant les collaborations avec des marques niche comme Engineered Garments ou Arpenteur.
- Savoir-faire -
Fondée par Rémy Richard à Izeaux, à quelques kilomètres de l'usine actuelle, Paraboot emploie aujourd'hui quelque 200 personnes, en Isère et dans ses 28 boutiques réparties en France et en Belgique.
Environ 600 paires de chaussures sortent chaque jour de l'usine de Saint-Jean-de-Moirans où s'affairent 97 ouvriers. Reste 20% de la production assurée en Espagne, en Italie et au Portugal "pour des raisons de savoir-faire", justifie Eric Forestier, notamment pour profiter du cousu mocassin, expertise espagnole.
"Dans le monde actuel c'est un peu la course à la technologie, nous c'est l'inverse: c'est la course à la préservation du savoir-faire", résume le directeur marketing Pierre Colin, chaussures "Michael" aux pieds, le modèle phare de Paraboot.
Répartis dans un hangar de 11.000 m2, machines et employés enchaînent 150 opérations pour fabriquer une paire.
Au départ, des larges peaux - de veau, principalement, car peu abîmées - sont entreposées dans une grande salle. Celles-ci sont ensuite découpées en différentes petites pièces correspondant aux formes de tiges - le dessus de la chaussure - nécessaires.
Le cuir constitue un tiers du prix de vente d'une chaussure, selon Pierre Colin.
- Leader -
Une fois assemblées, les pièces en cuir sont cousues en doublure, et non pas collées, un procédé "beaucoup plus long et fastidieux" mais qui permet d'évacuer la transpiration, explique le directeur marketing. La tige est ensuite reliée à la semelle en "cousu norvégien", cette grosse couture extérieure emblématique de la marque.
Un mode de fabrication qui permet de réparer la chaussure en remplaçant la semelle, un aspect "hyper important", insiste Pierre Colin. L'usine dispose d'ailleurs d'un atelier réparation, moyennant 200 euros pour réparer une paire.
Paraboot est une entreprise "socialement responsable depuis 1908", s'amuse Eric Forestier, pour qui "produire en France, évidemment est un choix", justifiant ainsi le prix élevé des modèles.
Ce fait-maison "indéniablement aide", notamment en Asie qui compte pour 35% de leur chiffre d'affaires, devant la France (33%) et l'Europe (30%), et puis l'Amérique du Nord. La marque, largement imitée, est même devenue "leader" des chaussures en cuir au Japon, selon son PDG.
Outre les pieds des stars, Paraboot équipe la police française, EDF ou encore la gendarmerie, offrant une conformité aux normes de sécurité.
Face à la violente crise qui frappe le secteur français de la chaussure depuis des années, avec les défaillances de San Marina et André, et le repêchage de Minelli et Clergerie au prix d'emplois supprimés, la direction de Paraboot mise sur la "prudence" et une "vision à long terme".
"L'objectif est de continuer ces 117 ans d'histoire", insiste Eric Forestier.
L.Davis--AMWN