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Rilès, le rappeur habitué des défis fous produit lui-même ses pochettes à la chaîne pendant 24h
24 heures top chrono. Pour marquer la sortie de son troisième album, le rappeur Rilès se lance dans une création inédite: créer lui-même des pochettes d'album uniques pendant toute une journée, et toute une nuit.
L'intérieur d'une galerie d'art du centre de Paris a été aménagé pour reproduire une usine. Des haut-parleurs diffusent des sons de machine, et les membres du personnel sont tous habillés de blouses blanches, d'un masque et de lunettes de protection.
Il est 12h35 vendredi quand le chronomètre se met en marche, les 24 heures ont commencé. Le rappeur, qui aime se lancer des défis hors du commun, est assis sur un tabouret, travaille à la chaîne, presque comme un robot.
Il répète le même geste: frapper de sa main, recouverte de peinture rouge, les pochettes de CD vierges qui défilent sur le tapis mécanique devant lui.
Séparé du public par des vitres en plexiglas, le rappeur a pour objectif de créer environ 800 pochettes par heure de son album "The 25th Hour", pour un total de 20.000, que les visiteurs peuvent acheter sur place.
"Chaque pochette sera unique, et numérotée. C’est une connexion personnelle entre l’artiste, l’objet et la personne qui l’achètera", explique l'artiste de 29 ans dans un entretien à l’AFP.
Retransmise en direct sur Youtube, cette performance est inspirée par les "Tegata" des lutteurs de sumo japonais, l'empreinte de main qu'ils laissent en signature, et sert aussi de "déclaration" face à une époque "où l'on remplace peu à peu l'homme" dans les processus créatifs, selon l'artiste.
- "Une phobie du confort" -
Rilès est un habitué de ce genre de performances. En février 2025, il avait couru 24 heures sans s'arrêter, enfermé dans une pièce de verre, une scie mécanique dans le dos.
Il explique chercher à se "+challenger+" en repoussant ses limites, et à s'exprimer "par d'autres médiums que la musique" comme la peinture, ou l'effort physique.
"J'ai un peu une phobie du confort. Si j'ai pas un peu de peur et d'appréhension, c'est qu'il y a un truc qui ne va pas", confie celui qui se dit "attaché" à l'endurance mentale et physique.
"Il le fait pour lui avant tout", affirme Augustin Charnet, collaborateur de l'artiste, en parlant d'une "quête personnelle, presque spirituelle".
Ces pochettes, marquées une à une par sa main, seront les seules éditions physiques de "The 25th Hour", sorti cette nuit à minuit.
Ce nouvel album s'inscrit comme une extension du précédent, "Survival Mode", sorti en janvier 2025, dans lequel il parle de dépassement de soi, de persévérance, de survie.
Rilès lui-même dit être en "mode survie" au quotidien, pour réussir à "survivre à ses démons".
- Autodidacte -
Rilès Kacimi grandit à Rouen, bercé par le rap, et entretient le rêve de percer aux États-Unis à l'image de Kanye West, Snoop Dogg, ou Rosalia.
Il écrit ses premiers sons en anglais, une langue avec laquelle il dit se sentir "plus à l'aise pour (s')exprimer". Un moyen pour l'artiste de "garder une coquille tout en étant vulnérable", et de s'assurer que ses parents ne comprennent pas les paroles.
Autodidacte, il apprend seul à enregistrer et produire ses morceaux dans sa chambre, où il a aménagé son studio.
Il se fait connaître en 2016 avec sa série "Rilèsundayz", un titre diffusé chaque dimanche pendant un an. Ce projet attire l'attention du youtubeur Seb la Frite qui réalise une vidéo sur le rappeur, dont le nombre d'abonnés passe alors de 20.000 à 300.000 en une semaine.
S’il a débuté dans le rap, son univers s’est progressivement élargi. Aujourd'hui, Rilès s'inspire "autant du folk que du rock alternatif, du hip-hop ou des musiques western".
Après avoir signé en 2018 avec Republic Records, le label américain d'Ariana Grande, Taylor Swift ou encore Stromae, et sorti un premier album certifié disque d'or, il ne renouvelle pas le contrat et choisit contre toute attente de redevenir indépendant.
"C'est comme ça que je fonctionne le mieux. Je peux sortir un son sur un coup de tête, sans demander la validation de personnes en costard-cravate", confie-t-il.
H.E.Young--AMWN