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Budget: "journée majeure" à l'Assemblée, le PS attend Lecornu sur une alternative à Zucman
Les députés ont ouvert les débats vendredi sur la question sensible de la fiscalité du patrimoine et la taxe Zucman, dont les socialistes ont reconnu qu'elle ne serait "vraisemblablement" pas adoptée mais attendent désormais de Sébastien Lecornu des mesures alternatives de "justice fiscale".
Signe de l'importance du moment, le Premier ministre devrait se rendre à l'Assemblée dans la journée alors que le PS menace de censurer en cas de refus du gouvernement d'imposer les hauts patrimoines. "La journée est majeure", souligne un ministre.
Après plusieurs jours d'attente, du fait du retard pris par les débats, la gauche va enfin pouvoir défendre l'instauration de la taxe de l'économiste Gabriel Zucman, impôt minimum de 2% sur les patrimoines de plus de 100 millions d'euros.
Les socialistes proposeront en sus leur version de compromis: 3% à partir de 10 millions d'euros, mais en excluant les entreprises innovantes et familiales.
Mais, du fait de l'opposition du bloc central, de la droite et du RN, "il y a une majorité visiblement contre cette taxe", que ce soit dans sa version initiale ou réécrite, a admis vendredi matin Olivier Faure, le premier secrétaire du PS.
Il a appelé le Premier ministre à dire ce qu'il "met comme outils à la place pour recueillir les milliards dont nous avons besoin" car "on ne peut pas demander aux classes populaires de payer l'impôt que les milliardaires ne veulent pas payer".
- Retour de l'ISF ?-
Il a suggéré deux pistes: le retour à l'Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) supprimé en 2017 et une modification de la "niche Dutreil", utilisée par certaines grandes fortunes pour diminuer les droits de succession lors des héritages.
L'équation est difficile pour le Premier ministre car, comme l'a reconnu Olivier Faure, du fait de l'opposition déjà actée du RN et de LFI, pour que le budget soit voté, il faut à la fois "que les socialistes, les écologistes, les communistes s'abstiennent" et "que la droite puisse le voter" en plus du bloc central.
Or, le soutien de la droite est loin d'être acquis car les Républicains (LR) sont opposés à toute hausse d'impôts.
"Le seul chemin, c'est de baisser la dépense, pas d'augmenter les impôts parce qu'en faisant cela vous allez juste ruiner la France", a répété leur chef de file Laurent Wauquiez dans l'hémicycle.
Avant la taxe Zucman, les députés ont commencé à discuter de l'article sur la taxation des holdings, des sociétés qui détiennent des participations dans d'autres entreprises mais qui sont "parfois utilisées pour se constituer un patrimoine personnel", selon la ministre chargée des Comptes publics Amélie de Montchalin qui veut en "corriger" les abus.
Mais à gauche, on n'y voit "qu'une mesurette" à l'instar de Clémentine Autain du groupe écologiste et social. "Elle est en réalité une passoire", a-t-elle estimé alors que le communiste Nicolas Sansu la qualifie de "filet pour les sardines qui laisse passer les baleines".
- Suspense sur les retraites ? -
Dans l'ombre de l'hémicycle, la commission des Affaires sociales examinera toute la journée le budget de la Sécurité sociale. Les enjeux sont moindres puisque les députés repartiront dans l'hémicycle, la semaine prochaine, de la copie initiale du gouvernement.
Plusieurs points chauds seront abordés: gel des prestations sociales, montant prévu des dépenses de l'Assurance maladie, etc... Mais le vote attendu sera celui sur la suspension de la réforme des retraites, autre condition de la non-censure du PS à laquelle le Premier ministre a consenti.
S'il existe une majorité à l'Assemblée pour abroger purement et simplement la réforme, le sort de cet article en commission est incertain.
LR et Horizons (le parti d'Edouard Philippe) proposeront sa suppression, et pourraient être soutenus par des macronistes. Le RN devrait voter pour selon une source au groupe, tout comme les socialistes.
Mais les Insoumis ne voteront pas l'article en commission, simple "report de la hausse de l'âge légal de départ", argue Hadrien Clouet. Les écologistes l'envisagent aussi et décideront vendredi: "Hélas Macron a raison, c'est un décalage et non pas une suspension, qui quelque part entérine les 64 ans", souligne la députée Danielle Simonnet.
S.F.Warren--AMWN