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Sur le réseau social X, le nouvel outil de localisation fait débat
Le réseau social d'Elon Musk s'est embrasé ce week-end avec le lancement de son nouvel outil qui permet de connaître le pays ou la région d'origine des comptes X, mettant en lumière des jeux d'influence mondiaux sur la plateforme, notamment en faveur de Donald Trump.
"C'est une première étape importante pour garantir l'intégrité du forum mondial", a écrit Nikita Bier, responsable produit chez X, insistant sur la volonté de transparence d'un réseau souvent décrié pour sa désinformation.
La plateforme prévient toutefois que les données de localisation désormais accessibles "peuvent ne pas être exactes et changer de temps en temps".
Mais sans attendre, son déploiement a provoqué nombre de publications attirant l'attention sur des dizaines de comptes favorables au mouvement du président américain Donald Trump et localisés au Nigeria, au Bangladesh ou en Europe de l'Est.
"Pourquoi y a-t-il tant d'influenceurs MAGA qui ne viennent pas des Etats-Unis? On dirait presque qu'ils travaillent pour des gouvernements étrangers", s'est interrogé l'influenceur anti-Trump Ed Krassenstein.
Des chercheurs avaient déjà alerté lors de la présidentielle de 2024 sur un réseau de comptes pro-Trump opérant depuis l'étranger. Baptisé "Femmes indépendantes soutenant Trump", il utilisait des photos volées de mannequins et influenceuses européennes.
"Ces nouvelles données sur les comptes X montrent que plusieurs de ces femmes +américaines+ sont en fait basées en Thaïlande, certaines ayant des liens avec la Birmanie", explique à l'AFP Benjamin Strick, du Centre pour la résilience de l'information (CIR), un cercle de réflexion britannique.
"Avant ce changement, nous pouvions montrer que ces comptes étaient faux, mais nous n'avions presque aucune visibilité sur d'où ils étaient contrôlés", mais désormais, ajoute-t-il, "nous pouvons constater que bon nombre des comptes de ce réseau sont liés à l'Asie du Sud-Est, ce qui nous aide à mieux comprendre qui pourrait se cacher derrière", continue-t-il.
Certains utilisateurs de droite ont également pointé du doigt des comptes de gauche qui semblaient publier depuis des endroits suspects.
- Ivanka Trump -
Lorsqu'un utilisateur cherche à afficher les informations de localisation d'un compte, une note précise que "le pays ou la région où se trouve un compte peut être influencé par un voyage récent ou une relocalisation temporaire". Certains peuvent également être connectés à un VPN masquant leur véritable localisation.
"Il reste des choses à régler", a reconnu Nikita Bier, promettant une mise à jour "d'ici mardi."
Certains utilisateurs ont critiqué l'outil, estimant qu'il pouvait mettre en danger des dissidents ou contestataires dans des Etats autoritaires. X assure que les comptes dans des pays "où la parole est punie" auront accès à une fonctionnalité permettant de ne révéler que la région.
Peu après le lancement, des comptes très suivis ont été soudainement supprimés sans aucune explication. Parmi eux, un compte de fan de la fille du président américain, Ivanka Trump, rassemblant plus d'un million d'abonnés et semblant être localisé au Nigeria.
Ce compte publiait régulièrement des messages pro-Trump ainsi que du contenu islamophobe ou anti-immigration.
Interrogé, X n'a pas immédiatement répondu aux questions de l'AFP.
La multiplication de la désinformation sur les réseaux sociaux intervient alors que plusieurs plateformes réduisent leur modération et leur recours à des fact-checkeurs.
Des chercheurs mettent en garde contre la menace croissante que représentent des acteurs russes ou chinois, prêts à semer le désordre politique dans des pays occidentaux, ou d'autres portés par la perspective de gains financiers.
La nouvelle fonctionnalité de X "met en lumière un problème fondamental des réseaux sociaux aujourd'hui: des acteurs rémunérés attisent délibérément les controverses, car celles-ci attirent l'attention", assure à l'AFP Amy Bruckman, professeure à la Georgia Institute of Technology.
burs-ac/eml/ube
M.Thompson--AMWN