-
Cinéma : les principaux films à découvrir le mercredi 4 novembre
-
L’enseignement catholique défend une école fondée sur la fraternité et la liberté
-
Après la défaite républicaine, Donald Trump salue les démocrates et brandit son veto
-
Présidentielle : Bruno Retailleau pousse Edouard Philippe vers une primaire
-
SNCF : les syndicats demandent un rattrapage salarial face à l’inflation
-
BMW abaisse de nouveau ses objectifs après un troisième trimestre en recul
-
Raymond Aabou absent de Fun Radio après une blessure lors d’une partie de padel
-
EuroMillions du 3 novembre : l’horoscope désigne un signe favorisé par le tirage
-
Attaque raciste de Trappes : l’enquête détaille la préparation de Kevin T.
-
Gisèle Pelicot évoque une nouvelle relation et une vie reconstruite
-
Quotidien : Salhia Brakhlia critique Maud Bregeon et Édouard Philippe sur la présidentielle
-
PostgreSQL 19 retardé après une vague de rapports de bugs générés par l’IA
-
Google glisse un hommage à Zelda Ocarina of Time dans son moteur de recherche
-
Zelda Ocarina of Time : le remake renonce au voyage rapide pour préserver l’exploration
-
Singles Day 2026 : les premières promotions apparaissent avant le 11 novembre
-
Cyberattaque aux supermarchés : Delhaize annonce le retour à la normale
Pour les jeunes cinéastes rêvant d'Oscars, l'IA ouvre des portes inespérées
Lorsqu'il planche sur ses courts-métrages au sein de la USC School of Cinematic Arts, SiJia Zheng rêve de concourir aux Oscars, comme l'ancien diplômé Ryan Coogler cette année pour "Sinners".
Et avec l'avènement de l'intelligence artificielle, il perçoit un raccourci pour assouvir son ambition.
"C'est une chance pour les débutants comme moi, qui peuvent utiliser l'IA pour réaliser un film et montrer au monde entier qu'ils ont les capacités pour devenir réalisateur", confie-t-il à l'AFP.
Ce Chinois de 29 ans a délibérément choisi un cursus d'animation dans cette université de Los Angeles - où George Lucas et plusieurs talents de Pixar et DreamWorks ont fait leurs gammes -, pour affiner sa maîtrise de cette nouvelle technologie.
L'enseignement lui a permis de réaliser "Torment", un petit film sur un lycée terrorisé par un meurtrier masqué.
Primé au festival LA Shorts, ce court-métrage a été généré entièrement par IA, en tout juste une semaine. Le jeune homme s'est enregistré sur fond vert et a demandé au logiciel de modifier son visage pour incarner les différents personnages.
La technologie lui a également permis de dérouler son intrigue dans une école asiatique et une piscine, en esquivant les coûts prohibitifs d'autorisations de tournage.
"En tant qu'étudiant, c'est impossible d'avoir autant d'argent" pour produire un film, rappelle M. Zheng.
- "Outil" pour "devenir meilleur" -
Depuis 2023 et les grèves qui ont paralysé Hollywood, l'IA cristallise les tensions entre studios et professionnels de l'industrie.
Mais le jeune cinéaste ne partage pas les réticences de ses aînés, comme Guillermo del Toro - qui a récemment donné une conférence dans son université.
Le réalisateur de "Frankenstein", en course dimanche pour l'Oscar du meilleur film, est notoirement anti-IA. En octobre dernier, il assurait encore qu'il "préférerai(t) mourir" plutôt que d'y recourir.
M. Zheng a apprécié le film "incroyable" du Mexicain, notamment la scène d'ouverture où le monstre s'attaque à un trois-mâts du XIXe siècle entièrement reconstitué.
Mais il n'a pas pu s'empêcher de penser qu'il pourrait obtenir un résultat "très similaire" avec l'IA, pour "beaucoup moins cher".
Vu les progrès rapides de cette technologie, l'étudiant refuse de s'en couper.
"L'IA n'est qu'un outil et les gens peuvent l'utiliser pour devenir meilleurs", estime-t-il.
L'Académie des Oscars semble sur la même ligne.
L'an dernier, elle a actualisé ses règles pour considérer l'IA comme une technologie neutre, au même titre que les effets spéciaux. Indépendamment de son usage, les films restent jugés "en tenant compte du degré auquel un humain a été au cœur de l'initiative créatrice".
A l'université de Californie du Sud (USC), les enseignants comme Debra Isaac tentent de naviguer en eaux troubles.
- Usage "éthique" -
Comme le reste d'Hollywood, cette professeure d'animation est choquée par le pillage éhonté de Seedance - l'IA de la maison-mère de TikTok -, capable de générer un combat entre Brad Pitt et Tom Cruise sans rétribution ni consentement des deux stars.
Mais l'IA, "ce n'est pas seulement: +J'ai une idée, je vais taper quelques mots, obtenir mon image ou mon animation, et c'est fini+", souligne la pédagogue de 47 ans - dont le cursus va prochainement s'arrêter, faute de financement par USC.
"Certains de ces outils ne sont pas du tout douteux sur le plan éthique. Ils sont entraînés par des personnes qui utilisent leur propre travail pour les former", explique-t-elle.
C'est précisément ce qu'a fait Xindi Zhang, fraîche diplômée du cursus et lauréate d'un Oscar étudiant avec son court-métrage "The Song of Drifters".
Pour ce mini-documentaire sur la difficulté de se sentir chez soi, l'artiste de 29 ans a nourri l'IA d'une cinquantaine de ses dessins. Cette base de données a ensuite servi d'inspiration graphique permettant à l'ordinateur de styliser plusieurs séquences initialement tournées en prise de vue réelle.
De quoi accélérer la production, qui aurait autrement pris "des années", raconte-t-elle.
Même avec l'aide de l'IA, elle a passé jusqu'à un mois sur le perfectionnement de certains plans.
"Lorsqu'on se plonge vraiment dans ce domaine, cela devient un artisanat", insiste la Chinoise, recrutée par Amazon et Sony pour intégrer l'IA dans leur processus de production. "Combiner qualité, faible coût et rapidité est impossible, peu importe l'outil qu'on utilise."
F.Bennett--AMWN