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Nathalie Baye en six films
De l'univers de Truffaut à celui de Dolan, Nathalie Baye a navigué dans tous les registres du cinéma, du film d'auteur à la comédie populaire en passant par le polar et le drame intimiste.
Voici sa riche carrière résumée en six films:
- "La Nuit américaine" (1973)
Rencontre déterminante avec François Truffaut. Le pape de la Nouvelle Vague cherche une débutante pour interpréter sa scripte dans "La Nuit américaine" où lui-même joue le rôle du réalisateur. Dans Vanity Fair, Nathalie Baye se remémorait en 2022 les fous rires du tournage. Comme quand elle s'emmêlait les pinceaux dans sa réplique "Pour un film, je pourrais quitter un homme mais je ne pourrais jamais quitter un film pour un homme". "Je disais l'inverse... Mais ce n'était pas ma faute, je suis dyslexique!"
Le film décroche l'Oscar du meilleur film étranger et surtout Truffaut, avec qui elle tourne deux autres films ("L'Homme qui aimait les femmes", "La Chambre verte") lui a "appris à aimer le cinéma pour la vie".
Elle est dès lors sollicitée par les plus grands réalisateurs comme Jean-Luc Godard, grand rival de Truffaut. Elle tourne avec lui "Sauve qui peut (la vie)" (1980) puis "Détective" (1985) où elle entraîne l'homme qui partage alors sa vie, Johnny Hallyday.
- "La Balance" (1982)
Elle acquiert au début des années 80 la célébrité avec grands rôles et succès commerciaux. Et la consécration aux César: trois statuettes en trois ans, un record. Dont celle de meilleure actrice dans "La Balance" de Bob Swaim.
Dans ce film policier aux plus de quatre millions d'entrées, elle campe une prostituée dans les bas-fonds parisiens.
On la retrouve aussi chez Bertrand Blier ("Beau-père" avec Patrick Dewaere, "Notre histoire" au côté d'Alain Delon). Elle tourne "J'ai épousé une ombre", "Rive droite, rive gauche", "Le Retour de Martin Guerre" avec Gérard Depardieu ou encore la folle cavale d'une mère en détresse dans "Un week-end sur deux" de Nicole Garcia.
- "Vénus Beauté (Institut)" (1999)
"On ne vous reconnaît pas dans tel ou tel rôle", lui disait-on parfois. "J'ai justement envie qu'on ne me reconnaisse pas ! Pour faire des choses différentes et nouvelles. Et j'ai renoncé à de beaux rôles où j'étais trop rassurante..."
Tonie Marshall la montre sous un nouveau jour dans la peau d'Angèle, esthéticienne en blouse rose qui absorbe les confessions de ses clientes et a elle-même peur d'aimer.
Après un rôle gonflé dans "Une liaison pornographique", où elle recrute un homme par petite annonce pour réaliser un fantasme jamais dévoilé, elle est une alcoolique déjantée dans "Absolument fabuleux" ou une politicienne sans scrupules chez Claude Chabrol ("La Fleur du mal").
- "Arrête-moi si tu peux" (2002)
"J'ai toujours été gâtée... ". Si l'actrice est moins connue à Hollywood que Catherine Deneuve ou Juliette Binoche, elle est la première Française à tourner avec Steven Spielberg.
Elle incarne la mère de Leonardo DiCaprio dans ce film grand public mondial qui lui permet d'accroître sa notoriété à l'international.
On la retrouve en 2022 dans l'univers anglo-saxon avec "Downton Abbey 2: Une nouvelle ère", la suite sur grand écran du feuilleton télévisé diffusé partout dans le monde.
- "Le Petit Lieutenant" (2005)
Cinq ans après "Selon Matthieu", elle retrouve Xavier Beauvois qui lui offre le personnage de la commandante Caroline Vaudieu, flic à la dérive qui a connu l'alcoolisme et un drame familial. Nouveau César de la meilleure actrice.
"J'ai souvent fait des modifications grâce à ses remarques, elle est très psychologue, très fine dans ses jugements", disait le cinéaste.
Elle tournera d'autres polars et thrillers psychologiques: "Ne le dis à personne" (2006), de Guillaume Canet, "L'Affaire SK1" (2015) sur la traque de Guy Georges ou encore "Moka" (2016).
- "Juste la fin du monde" (2016)
Quatre ans après "Laurence Anyways", elle retrouve l'univers de Xavier Dolan dans la chronique théâtrale d'un chaos familial. Elle y est mère courage (de Gaspard Ulliel) autant que mater dolorosa, tour à tour digne et indigne.
L'acteur-réalisateur prodige québecois la métamorphose tant qu'elle en est presque méconnaissable: "Je lui ai dit qu'il y allait un peu fort. Je ne pouvais pas me regarder, je me trouvais monstrueuse..."
Les films de Dolan achèvent de lui conférer une grande visibilité hors de France.
P.Stevenson--AMWN