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"Manipulation" contre "consentement": ouverture des débats au nouveau procès Weinstein
Le parquet a décrit la "manipulation" d'une jeune femme "fragile", la défense a argué qu'elle était consentante avant de le regretter, à l'ouverture des débats dans le nouveau procès du magnat déchu d'Hollywood Harvey Weinstein mardi à New York.
Ce rendez-vous judiciaire porte sur l'accusation de viol en 2013 dans une chambre d'hôtel à Manhattan de l'aspirante actrice américaine Jessica Mann, sur laquelle un précédent jury n'était pas parvenu à un verdict en juin 2025.
Un éventuel acquittement ne permettrait toutefois pas la libération du fondateur des studios Miramax, 74 ans, incarcéré dans le cadre d'autres procédures judiciaires.
"Cette affaire se résume au pouvoir, au contrôle et à la manipulation", a déclaré dans son propos liminaire la procureure adjointe Candace White.
Décrivant une victime présumée, alors âgée de 27 ans, peinant à "joindre les deux bouts", elle a raconté comment le producteur américain lui avait fait miroiter un rôle.
La jeune femme, marquée par des mauvais traitements dans son enfance et une agression sexuelle, était la "cible idéale", a-t-elle ajouté face aux 12 jurés.
- "Contre-intuitif" -
"Cette affaire porte sur le consentement, sur le choix et le regret", a contré Jacob Kaplan, l'avocat de M. Weinstein.
Il a mis en avant quatre années de contact entre eux, jusqu'aux accusations de violences sexuelles portées contre lui par d'autres actrices en 2017.
Et a affirmé qu'ils entretenaient une relation sexuelle consentie, s'appuyant sur des courriels "affectueux et encourageants" qu'ils avaient échangés.
M. Kaplan soutient que Jessica Mann a dissimulé ses liens avec le producteur parce "qu'elle ne voulait pas que les autres pensent qu'elle couchait pour réussir".
"Dans cette affaire, sa parole (celle de la victime présumée) s'oppose à sa propre parole", a-t-il lancé.
Pour tenter d'expliquer la relation entre Mme Mann et M. Weinstein, le parquet fera appel à un psychologue afin d'éclairer le comportement parfois "contre-intuitif" des victimes d'agression sexuelle.
L'ex-magnat du cinéma, en costume sombre, a suivi avec attention les débats de la matinée.
Lors de son précédent procès, en juin à Manhattan, il a été reconnu coupable d'agression sexuelle sur l'ancienne assistante de production Miriam Haley, forcée à subir un cunnilingus en 2006, et acquitté pour une agression sexuelle similaire présumée la même année sur la mannequin polonaise Kaja Sokola.
Mais des tensions lors des délibérations du jury ont conduit le juge à déclarer nulle la procédure concernant Jessica Mann, ouvrant la voie à un nouveau jugement.
Ce procès, qui a débuté le 14 avril devant la Cour suprême pénale de l'Etat de New York, n'efface pas les deux verdicts rendus, dont la condamnation dont M. Weinstein a fait appel.
- "Constamment menacé" -
Le producteur de "Pulp Fiction" et "Shakespeare in Love" a par ailleurs fait appel de sa condamnation en 2023 en Californie à 16 ans de prison pour le viol d'une actrice européenne il y a plus de dix ans.
Au cours de son nouveau procès, il ne pourra pas être interrogé sur les faits ayant déjà donné lieu à un jugement, a décidé le magistrat en charge du dossier, Curtis Farber.
Harvey Weinstein a remanié son équipe de défense, s'adjoignant les services de Jacob Kaplan et Marc Agnifilo, qui comptent parmi leurs clients Sean "Diddy" Combs, dans son procès pour trafic sexuel, et Luigi Mangione, accusé du meurtre d'un patron d'assurance.
L'homme, dont la santé décline et qui se déplace en fauteuil roulant, s'inquiète de ne pas "tenir longtemps" dans la tristement célèbre prison new-yorkaise de Rikers Island.
La plupart du temps à l'isolement, il a dit au magazine The Hollywood Reporter début mars être "constamment menacé et tourné en dérision".
Plus de 80 femmes l'ont accusé de violences sexuelles.
Sa première condamnation à 23 ans de prison, pour les faits concernant Miriam Haley et Jessica Mann, remonte à 2020 à New York - un procès qui a symbolisé une victoire pour le mouvement #MeToo. Une cour d'appel a annulé ce verdict en 2024 pour des raisons procédurales.
Th.Berger--AMWN