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Retraites: une cinquième mobilisation contre la réforme en vue
Les syndicats ont annoncé une cinquième journée de mobilisation le 16 février contre la réforme des retraites, dont l'examen patinait toujours mercredi à l'Assemblée, avec au centre des débats l'extinction des régimes spéciaux.
Les huit principaux syndicats se sont accordés sur le jeudi 16 février pour une nouvelle journée de grèves et de manifestations contre la réforme et notamment le report de l'âge de départ de 62 à 64 ans.
La troisième journée de mobilisation, mardi, a réuni 757.000 personnes selon le ministère de l'Intérieur, "près de deux millions" selon les organisateurs, des chiffres en-deçà des précédentes journées, les 19 et 31 janvier.
Un signe de fléchissement, alors que l'opposition à la réforme a baissé de 6 points à 65%, selon un sondage Elabe publié mercredi ?
L'intersyndicale table, elle, sur une contestation plus massive lors de la quatrième journée d'actions, samedi. Et tâche, en attendant, d'entretenir la flamme de la contestation: les réseaux TGV, TER, Transilien et Intercités ont connu de nouvelles perturbations ce mercredi, deux syndicats cheminots (la CGT-Cheminots et SUD-Rail) ayant encore appelé à cesser le travail. Les grévistes de TotalEnergies ont également reconduit la grève.
Mais soucieuses de ne pas rendre leur action impopulaire, les fédérations de cheminots n'ont pas appelé à la grève samedi, premier jour de vacances pour la zone B et mi-temps de celles de la zone A.
Elisabeth Borne doit pour sa part effectuer un déplacement jeudi lors duquel la question des retraites sera abordée.
"Si nous ne faisons rien, les déficits vont se creuser, menaçant la pérennité de notre système de retraite par répartition", a prévenu devant le Sénat la Première ministre, qui a lâché du lest sur les carrières longues en direction des Républicains, sans convaincre encore tous les députés LR frondeurs.
"Le gouvernement souhaite continuer à dialoguer dans un esprit d'ouverture et avec humilité", a répété le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, à l'issue du Conseil des ministres.
Mais, alors que la popularité du chef de l’État et de la Première ministre accuse une nouvelle baisse dans les sondages, l'exécutif reste intransigeant sur le report de l’âge de départ de 62 à 64 ans.
- "Faute démocratique" -
"Si le gouvernement persiste dans la voie qui est la sienne aujourd'hui, il fait une faute démocratique qu'il paiera très cher", a lancé sur BFMTV Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT.
"Les prochaines manifestations vont montrer l’ampleur de la contestation", a prédit le premier secrétaire du PS Olivier Faure, assurant ne pas craindre une baisse de la mobilisation.
A l'Assemblée, les députés ont continué à se pencher sur la fin progressive des principaux régimes spéciaux (RATP, industries électriques et gazières, Banque de France...). Mais les débats se sont enlisés, entre accusations mutuelles d'obstruction et agacement.
La coalition Nupes a notamment défendu le maintien du régime spécial à la RATP, pour des raisons "d'attractivité" et de "pénibilité", tout comme le Rassemblement national. La rapporteure macroniste Stéphanie Rist a revendiqué à l'inverse sa suppression progressive au nom de "l'équité" et de "justice" avec des conducteurs de bus et de trains employés dans d'autres entreprises.
Les Républicains cherchaient de leur côté à faire rentrer dans le rang les députés frondeurs qui menacent de ne pas voter la réforme, des responsables pointant le risque d'éclatement du parti au troisième jour de l'examen du texte à l'Assemblée nationale.
"On peut mourir de nos contradictions", a averti sur RTL le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau.
Malgré les concessions de dernière minute accordées par Mme Borne, le député LR Aurélien Pradié refuse de soutenir une réforme "qui pénalise les Français qui travaillent le plus dur". Il réclame une dérogation plus large sur les carrières longues.
- Guerre des nerfs -
Cela coûterait "dix milliards d'euros", ce "n'est pas raisonnable", a répondu le ministre du Travail Olivier Dussopt sur Public Senat.
L'incertitude demeure sur le nombre exact de frondeurs, mais le vote de la droite est crucial pour le gouvernement afin d'éviter le recours à l'article 49.3 de la Constitution, qui permet l'adoption d'un texte sans vote, sauf motion de censure.
Cette guerre des nerfs chez LR risque de s'exacerber au fur et à mesure de l'examen du texte.
Le député Insoumis François Ruffin, farouchement opposé au projet, a détaillé sur franceinfo d'autres pistes de financement, comme "des taxations" sur les grands groupes à l'image de TotalEnergies qui a dégagé le meilleur bénéfice de son histoire en 2022 (19 milliards d'euros).
LFI a déposé des milliers d'amendements contre la réforme et le président de l'UDI, le sénateur Hervé Marseille, les a accusés sur Radio J de transformer l'Assemblée nationale "en camp de gitans", suscitant de vives réactions.
S.F.Warren--AMWN