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3e année de l'invasion: l'Ukraine promet de triompher des "ténèbres" russes
L'Ukraine va triompher des "ténèbres" russes a promis samedi le commandant en chef des armées de Kiev qui entre affaiblie samedi dans sa troisième année de guerre, l'aide de ses alliés se tarissant pendant que la machine militaire russe est montée en puissance.
Pour ce deuxième anniversaire de l'invasion russe, la Première ministre italienne Giorgia Meloni est arrivée à Kiev où elle présidera une réunion virtuelle du G7 sur l'Ukraine, depuis la cathédrale Sainte-Sophie, en présence du président ukrainien Volodymyr Zelensky, pour discuter de nouvelles sanctions contre Moscou.
Les Premiers ministres canadien Justin Trudeau et belge Alexander de Croo ainsi que la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen sont également arrivés dans la capitale ukrainienne samedi matin, deux ans jour pour jour après le début de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie.
Lorsque Vladimir Poutine a annoncé que les troupes russes pénétraient sur le territoire ukrainien à l'aube du 24 février 2022, le président russe croyait qu'elles pourraient prendre Kiev en quelques jours mais la résistance ukrainienne les a contraintes à d'humiliantes retraites.
- Unité -
En 2023, c'est l'Ukraine qui a connu une déconvenue d'ampleur: l'échec de sa grande contre-offensive estivale, si bien que l'armée russe, forte d'une économie tournée vers l'effort de guerre, se retrouve en position de force, les militaires ukrainiens se plaignant de la faiblesse de leurs effectifs ainsi que du manque d'obus et d'équipements de défense antiaérienne.
En dépit des difficultés sur la ligne de front, le commandant en chef des armées ukrainiennes, le général Oleksandre Syrsky, s'est dit "convaincu que notre victoire est dans l'unité. Et elle le sera sans aucun doute. Car la lumière l'emporte toujours sur les ténèbres!", a-t-il déclaré sur Telegram.
"Ce qui est important, c'est que toutes les décisions (sur les livraisons d'aide, NDLR) soient prises à temps. Je pense que c'est la priorité", a pour sa part martelé Volodymyr Zelensky, recevant la cheffe du gouvernement danois vendredi à Lviv.
Le chef de l'Otan, Jens Stoltenberg, a exhorté samedi l'Ukraine et ses alliés à "ne pas perdre espoir" car "l'objectif du président Poutine de dominer l'Ukraine n'a pas changé, rien n'indique qu'il se prépare à la paix", a-t-il dit dans un message enregistré.
La Russie se targue, quant à elle, de multiplier les assauts sur le front et revendique les succès, en particulier la prise de la ville forteresse d'Avdiïvka le 17 février.
- Y croire -
Les soldats russes sont également à l'offensive et grignotent du terrain dans un second secteur de l'Est, celui du Mariïnka, dorénavant qualifié de "point chaud" par Kiev.
"Aujourd'hui, en termes de rapport de forces, l'avantage est de notre côté", a déclaré le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou lors d'une visite à ses troupes en Ukraine, selon un communiqué de l'armée russe samedi, qui précise que le ministre avait été informé que les forces russes étaient passées à l'offensive après la prise d'Avdiïvka.
Pour autant, des habitants de la capitale ukrainienne interrogés par l'AFP se disent toujours aussi déterminés à vaincre l'envahisseur.
"Nous avons appris à tenir, à être plus fort et à y croire. Une expression dit que celui qui a la foi sera récompensé", affirme Nina, une retraitée.
"La guerre, c'est notre mode de vie", résume Ioury Passitchnyk, un entrepreneur de 38 ans.
La Russie n'en est pas moins galvanisée par ses récents succès militaires.
Vladimir Poutine a encore une fois salué vendredi ces "héros" qui combattent l'Ukraine. Quelque 500.000 hommes se sont engagés en 2023 et environ 50.000 de plus au seul mois de janvier de cette année.
L'opposition a été décimée par une campagne de répression sans merci, culminant le 16 février avec la mort dans une prison de l'Arctique de la figure de proue des détracteurs du Kremlin, Alexeï Navalny.
Et à trois semaines de la présidentielle russe de la mi-mars, l'emprise de M. Poutine sur le pouvoir semble plus totale que jamais.
- Coupés de la vérité ? -
Dans les rues de la capitale russe, des Moscovites affichent leur exaltation: "Beaucoup de mes amis ont envoyé leurs fils" à l'armée, relève Nadejda, une enseignante de 64 ans, "et nous les félicitons tous et attendons leur retour".
Les critiques de l'"opération militaire spéciale", passibles de lourdes peines de prison ferme, font pour leur part preuve de prudence, à l'exemple de Konstantin, un professeur de théâtre: "On est tellement coupé de la vérité, qu'il est difficile de prendre des décisions".
Quant aux sanctions qui ont coupé la Russie du monde occidental et ont dans un premier temps secoué l'économie russe, le Kremlin n'a cessé de s'en moquer, tout en les contournant.
Ces mesures n'ont pas empêché l'industrie de défense de démultiplier sa production, faisant pencher le rapport de force en faveur des Russes sur le champ de bataille.
La nouvelle salve de sanctions occidentales annoncées ces derniers jours est censée y remédier mais les responsables russes les ont balayées, à l'instar de l'ambassadeur au Canada, Oleg Stepanov, qui les a qualifiées d'"acte symbolique impuissant et vide de sens".
L.Miller--AMWN