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Fin de la grève à la tour Eiffel, rouverte ce dimanche après six jours de fermeture
Les salariés de la tour Eiffel, en grève pendant cinq jours pour contester le modèle économique du site et s'inquiéter de sa "dégradation", ont mis fin samedi à leur mouvement, ouvrant la voie à la réouverture au public dimanche du monument emblématique, l'un des plus visités au monde.
Le personnel a obtenu d'être associé "dès la semaine prochaine" à un "dialogue direct avec la mairie de Paris" portant sur le "modèle économique général" de la tour, et a donc voté la fin de la grève "à l'unanimité", a indiqué dans un communiqué l'intersyndicale CGT-FO du monument.
La réouverture ne sera effective que dimanche matin, le temps que l'équipe technique remette les ascenseurs en route en vue d'un "accueil en toute sécurité", ont souligné les syndicats.
L'accord de sortie de grève prévoit que "les parties feront régulièrement un point de suivi du modèle économique" et des travaux à mener dans la tour, "à travers une instance qui se réunira tous les six mois", a précisé de son côté la direction de la Société d'exploitation de la tour Eiffel (Sete).
Ces réunions devront notamment permettre le suivi du nouveau contrat devant lier à l'avenir la Sete et la mairie de Paris, dans le cadre d'une délégation de service public.
Ce document, un avenant à l'actuel contrat, doit être soumis en mai au conseil de Paris. Il prévoit une hausse de 20% des tarifs d'entrée, un retour à l'équilibre financier "dès 2025", et 145 millions d'euros d'investissements supplémentaires pour des travaux d'entretien du monument, avec notamment la poursuite de la 20e opération visant à repeindre entièrement la tour, inaugurée il y a 135 ans.
- "Attachement affectif" -
"Pour s'assurer de la bonne tenue de ces engagements, les représentants des salariés veulent s'assurer de pouvoir y jeter un oeil régulièrement, ce qui n'est pas une demande illégitime", a commenté auprès de l'AFP le président de la Sete (et élu parisien) Jean-François Martins.
Ce conflit, qui aura entraîné six jours de fermeture, survient après "trois années compliquées" pour les quelque 360 salariés, a relevé M. Martins: la crise du Covid-19 puis d'importants travaux "ont généré des inquiétudes, et cela nécessitait sans doute des explications sur ce nouvel avenant, qui permet de retrouver confiance dans l'avenir", a-t-il ajouté.
"Une phase de dialogue s'installe, on va voir ce qu'elle donne", a commenté de son côté Stéphane Dieu, le délégué syndical CGT, pour qui ce conflit s'explique en partie par "l'attachement affectif" des salariés à la tour et leur "fierté" d'y travailler et de la défendre.
Dans son communiqué, la Sete a "renouvelé ses excuses" aux quelque 100.000 visiteurs qui ont "trouvé portes closes" depuis lundi. Ces derniers seront "automatiquement et intégralement remboursés dans les meilleurs délais", a-t-elle précisé.
Si elle avait perduré au-delà de dimanche après-midi, cette grève aurait été la plus longue de l'histoire récente de la tour. A l'automne 1998, le monument était resté fermé six jours et demi.
Le conflit en cours avait déjà entraîné sa fermeture le 27 décembre, jour du centième anniversaire de la disparition de son architecte Gustave Eiffel.
L'équilibre économique de la tour Eiffel, qui a retrouvé en 2023 une fréquentation supérieure à ce qu'elle était avant la pandémie de Covid, avec 6,3 millions de visiteurs, a été fragilisé par quelque 130 millions d'euros de manque à gagner lors des deux années de crise sanitaire (2020 et 2021).
Pour faire face, la Sete a été recapitalisée à hauteur de 60 millions d'euros en 2021. Mais aux pertes de recettes s'est ajoutée une ardoise équivalente (environ 130 millions d'euros) de surcoûts de travaux de rénovation, principalement liés à l'actuelle campagne de peinture, compliquée par la découverte de traces de plomb.
P.Silva--AMWN