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La Chambre américaine des représentants adopte une partie du budget 2024 pour éviter une paralysie de l'Etat fédéral
Les élus de la Chambre américaine des représentants ont adopté mercredi une partie du budget 2024 des Etats-Unis, ce qui devrait permettre d'éviter une imminente paralysie partielle de l'Etat fédéral, à la veille du discours sur l'état de l'Union de Joe Biden.
Ce programme de dépenses de 467,5 milliards de dollars a été adopté à 339 voix contre 85, et le Sénat a désormais jusqu'à vendredi à minuit pour voter à son tour, et ainsi éviter la paralysie.
Plusieurs ministères, parmi lesquels l'Agriculture, la Justice, l'Intérieur et l'Environnement, le Commerce ou encore les Transports, verraient alors leur budget sécurisé jusqu'à la fin de l'année fiscale, le 30 septembre 2024.
le chef de la minorité démocrate à la Chambre, Hakeem Jeffries, a ainsi rappelé dans un communiqué que son parti a "clairement indiqué" qu'il cherchera "autant que possible un terrain d'entente avec (ses) collègues républicains et (combattra) l'extrémisme républicain chaque fois que cela serait nécessaire".
La Chambre des représentants, en effet, est devenue le terrain d'une bataille politicienne féroce.
Les élus de la frange la plus à droite des républicains, proches de Donald Trump, avaient jusqu'ici réussi à bloquer l'adoption de tout budget pour cette année, contraignant la première économie du monde à fonctionner à court terme, voire très court terme.
Ainsi, ce vote intervient avec plus de cinq mois de retard, puisque l'année fiscale a débuté le 1er octobre.
Et il intervient à la veille du discours sur l'état de l'Union du président américain Joe Biden, traditionnelle grande allocution de politique générale des présidents devant le Congrès américain.
Il revêtira une importance particulière en cette année électorale, deux jours après le "Super Tuesday", primaires des deux partis dans de nombreux Etats.
Car après les victoires écrasantes de Joe Biden côté démocrate, et Donald Trump côté républicain, les deux hommes devraient, sauf énorme surprise, s'affronter à la présidentielle de novembre.
- "Sécurité intérieure" -
Malgré ce vote, la menace d'un "shutdown" n'est pour autant pas levée à court terme, car ce texte couvre moins d'un tiers de l'ensemble des dépenses, et l'autre partie du budget, elle, expire le 22 mars, et comporte des sujets sensibles, comme la sécurité aux frontières.
"La prochaine tranche est plus difficile que la première tranche", a déclaré mardi à des journalistes l'élu républicain Steve Womack, ajoutant qu'il "y a un enjeu important", car "la sécurité interieure fait partie de cette prochaine tranche".
La paralysie - le fameux "shutdown" - a jusqu'à présent été évitée cette année, mais à chaque fois à la dernière minute.
Car, pour pallier un accord sur un budget annuel, le Congrès a dû fonctionner par une série de mini-lois pour prolonger le budget de quelques jours, semaines ou mois.
Dès qu'un de ces mini-budgets est sur le point d'expirer, comme ce devait être le cas pour l'un d'entre eux vendredi, revient le risque que l'administration fédérale ne soit mise partiellement à l'arrêt, ce que les Américains appellent le "shutdown".
La liste des conséquences potentielles est longue: des contrôleurs aériens non payés, des administrations à l'arrêt, certaines aides alimentaires gelées, des parcs nationaux non entretenus...
La partie du budget adoptée mercredi avait elle-même été repoussée il y a une semaine seulement, pour éviter la paralysie partielle qui guettait faute d'accord avant le 1er mars à minuit. C'était la quatrième fois depuis le mois d'octobre que l'échéance avait été repoussée.
Ces désaccords profonds illustrent les dysfonctionnements au sein de l'appareil institutionnel américain.
F.Schneider--AMWN