-
Le gouvernement lève le voile sur son budget 2027, sous la pression des marchés
-
Après la saga Trump, les Nobel de la prudence
-
La fonte des glaciers s'accélère, nouvelle année "catastrophique" en Suisse
-
Mine de cuivre géante au Panama: une commission gouvernementale recommande la réouverture
-
Agenda chargé jeudi pour la rencontre entre Macron et Milei
-
Au G20 Commerce, les États-Unis mènent une fronde contre la "surproduction" d'acier dans un tacle à la Chine
-
Maquereau: les scientifiques recommandent une baisse des captures de 11% dans l'Atlantique
-
Vol flydubai: Israël dénonce une "tentative d'attaque", salue le courage du pilote
-
Le gendarme de la Fed blanchit Powell, Trump relance les hostilités
-
Ligue des champions féminine: le Paris FC arrache un bon point contre Arsenal
-
Portugal: Cristiano Ronaldo claque la porte de la Seleçao et provoque un psychodrame
-
Boxe: Fury et Joshua tout sourire avant la bataille
-
Wall Street clôture sans direction claire après l'inflation américaine
-
Pour la fête de Souccot, des Israéliens défilent en Cisjordanie entre des colonies reconstruites
-
Avec le rachat de la Plenitude Arena, Live Nation s'offre la plus grande salle d'Europe
-
Scandale financier en Turquie: les avoirs d'une ex-ministre gelés
-
Blocus des lycées : le mouvement s'étend, une "plateforme de concertation" bientôt lancée
-
Londres annonce la fin de l'accord d'échange de migrants entre la France et le Royaume-Uni
-
Les collectivités dénoncent une potion amère de plus de 5 milliards d'effort budgétaire
-
Le groupe CMA Media renonce à vendre les chaînes BFM locales
-
Foot: les Mancuniens sous le choc après le verdict contre City
-
Cancer du sein: plusieurs mesures pour améliorer l'accès et l'offre de dépistage
-
La remise à l'Allemagne de "Gino", "antifa" albanais, entérinée par la Cour de cassation
-
La Bourse de Paris sous les 8.000 points, le taux français continue de flamber
-
Bardella accusé d'antisémitisme: Macron enjoint au RN de "clarifier" sa ligne
-
Au Maroc, Fatima Ezzahra El Mansouri devient la première cheffe du gouvernement
-
Ukraine : Moscou cible massivement l'énergie, Kiev de nouveau endeuillé
-
Rafles à Marseille en 1943: la justice reconnaît des "crimes contre l'humanité"
-
Macron et Sanchez font front commun pour un budget de l'UE "ambitieux"
-
Vol flydubai: Netanyahu accuse l'un des pilotes d'avoir voulu provoquer un crash
-
Corée du Sud : un requin égaré devient la mascotte de Busan
-
ATP 500 de Tokyo: Fils gagne au 1er tour et s'explique sur ses problèmes d'inscription
-
ATP 500 de Tokyo: Fils gagne sau 1er tour et s'explique sur ses problèmes d'inscription
-
Manchester City: Guardiola assure être "derrière" son ancien club, accusé d'infractions financières
-
Chaos à bord d'un vol pour Tel-Aviv après une possible tentative d'attaque-suicide
-
Dangote pose au Kenya la première pierre de sa seconde mégaraffinerie en Afrique
-
Le Parlement roumain rejette un troisième candidat au poste de Premier ministre
-
WRC: en Sardaigne, trois candidats pour un premier titre et une dernière
-
Taxe sur les produits sucrés: le gouvernement ouvre la porte, les industriels s'alarment
-
Brandt : près de la moitié des salariés des usines ont retrouvé un emploi
-
Pluie diluvienne sur le Gard et l'Hérault, en vigilance rouge
-
Foot: de Mbappé à Lamine Yamal, une campagne pour le Ballon d'Or "inédite"
-
Ligue des champions féminine: premier test pour Lyon, encore un choc pour le PFC
-
Blocus des lycées: la mobilisation continue, appel à un "acte deux" jeudi
-
Un avion à destination de Tel-Aviv dérouté, les pilotes blessés après une possible bagarre
-
Lecornu agite le chiffon rouge d'une crise financière avant un budget de "redressement"
-
Andy Burnham rouvre le débat risqué sur un retour du Royaume-Uni dans l'UE
-
Sécu : le gouvernement veut "diviser quasiment par deux" le déficit en 2027, dit Farandou
-
Marathon: "Je sais qu'il est possible de courir sous 1h59", estime Sabastian Sawe
-
Macron annonce un dernier sommet Choose France en janvier, avant son départ
En Ukraine, à bord d'un train secret pour évacuer les soldats blessés
C'est un train bleu et jaune ordinaire, sur le quai d'une gare qui l'est tout autant. Mais à travers une de ses vitres embuées, se dessine le visage d'un soldat ukrainien allongé sur un lit d'hôpital, une partie de son nez arrachée et des plaies sur les joues.
Tous les passagers de ce convoi spécial de l'armée ukrainienne sont des militaires blessés au combat et évacués vers un hôpital.
Près du front, beaucoup d'infrastructures médicales ont été détruites par des frappes russes et celles qui restent sont vite surchargées par l'afflux des patients.
Le train "permet de transporter beaucoup de personnes d'un coup", explique Oleksandre, un médecin militaire de 46 ans chargé de l'évacuation de ces soldats. C'est aussi moins dangereux qu'un hélicoptère compte tenu de la "menace" aérienne russe, relève-t-il.
Mais des wagons remplis de militaires, même blessés, risquent aussi d'être visés et l'opération se déroule dans le plus grand secret. L'itinéraire, par exemple, ne peut pas être rendu public.
L'AFP a néanmoins été autorisée à monter à bord de ce train, auquel les journalistes ont très rarement accès.
- Vertige -
Ce jour-là, plusieurs dizaines de blessés sont attendus. Arrivés en ambulance, ils sont poussés à bord dans des brancards et installés dans des lits aux draps fleuris. Sur les murs, des drapeaux ukrainiens côtoient des dessins d'enfants et des messages à caractère patriotique.
A l'intérieur, les wagons ressemblent à de véritables hôpitaux. Si ce n'est que le personnel comme les meubles tanguent un peu au fil des rails, une fois le convoi en marche.
Poser un cathéter ou faire une piqûre dans un véhicule en mouvement est "difficile", confie l'infirmière Viktoria, tout de kaki vêtue à l'exception de ses gants en plastique bleus.
"On a souvent la tête qui tourne après", dit cette femme de 25 ans, devant une fenêtre à travers laquelle le paysage défile. Les dégâts de la guerre, dont elle est témoin, sont encore plus vertigineux.
"Je comprends le nombre des blessés maintenant", reprend Viktoria. "C'est dur de le voir tous les jours".
L'Ukraine ne communique que très peu sur ses pertes, tout comme la Russie. Fin février, le président Volodymyr Zelensky avait affirmé que 31.000 militaires ukrainiens avaient été tués, un chiffre probablement sous-évalué, disent les observateurs.
Le bilan des blessés, généralement bien plus élevé, n'a jamais été dévoilé.
- Amputations -
L'immense majorité des passagers ont été victimes de tirs d'artillerie ou d'une attaque de drones. Nombre d'entre eux ont dû être amputés et certains sont encore inconscients.
Un des wagons est une unité de soins intensifs, ce qui permet de transporter des personnes dans un état grave.
Les médecins peuvent même opérer si nécessaire, mais seulement en cas de "force majeure", note le docteur Oleksandre.
Les hémorragies massives, des tueuses imprévisibles et rapides, sont une des hantises des soignants. Quelques minutes peuvent suffire pour qu'une personne succombe.
C'est pourquoi l'équipe est "constamment à côté des patients", explique Oleksandre. Infirmiers et médecins doivent se relayer pour aller aux toilettes ou manger.
Pour une soignante, Olena, les blessures les plus pernicieuses sont ailleurs. "L'état moral (des soldats) est difficile", dit-elle pudiquement.
"Ils ne s'inquiètent pas de s'être fait amputer d'un membre" mais "ce qui les déprime, c'est l'état de leurs camarades, de leur famille", ajoute-t-elle.
- "Pas tous revenus" -
Un soldat de 28 ans du nom de guerre de Mourtchyk a reçu une balle dans le poumon quand son groupe est tombé dans un guet-apens.
"On était quatre en partant mais nous ne sommes pas tous revenus", raconte-t-il, assis sur son lit. L'un de ses camarades n'a pas survécu à cette attaque russe.
Dans le train, le jeune homme profite de "la chaleur, de la nourriture et des médicaments" mais il retrouvera peut-être bientôt les dures conditions du front, comme le font beaucoup d'autres soldats blessés après leur convalescence, si leur état de santé le permet.
Les forces ukrainiennes sont en manque d'effectifs, face à une armée russe massive. Et elles sont en difficulté dans l'est, où l'ennemi gagne du terrain.
Le sort de Mourtchyk dépendra de la décision de la commission médicale. "Mais j'aimerais y retourner", assure-t-il.
- "Souffler" -
L'armée ukrainienne procède à ces évacuations ferroviaires depuis le début de l'invasion russe, en février 2022, reprenant un mode opératoire utilisé pendant les Première et deuxième guerres mondiales.
Au fil du temps, le projet s'est développé et plusieurs trains ont été entièrement réaménagés par la compagnie ferroviaire publique ukrainienne.
A l'arrivée, des ambulances attendent déjà. Sur le quai, le ballet des brancardiers prend alors un rythme effréné pour emmener au plus vite les soldats vers les hôpitaux.
C'est seulement "quand le train est vide" qu'Oleksandre dit pouvoir "pousser un soupir de soulagement".
"C'est bien sûr très stressant", avoue le médecin militaire. Son répit est toujours de courte durée. Tant que la guerre durera, il faudra repartir et aller chercher de nouveaux blessés.
O.Johnson--AMWN