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Cédric Jubillar face aux accusations de ses anciennes compagnes
Soumis aux coups de boutoir des témoignages accablants de sa mère et d'anciens codétenus, Cédric Jubillar ne devrait pas avoir de répit jeudi à son procès pour meurtre, où seront entendues des ex-compagnes, auxquelles il aurait également confié avoir tué sa femme Delphine.
En ce 12e jour d'audience devant la cour d'assises du Tarn, les deux ex-petites amies du peintre-plaquiste de 38 ans seront les derniers témoins, très attendus, de ce procès médiatique, avant l'interrogatoire récapitulatif de l'accusé, vendredi.
A Jennifer, sa dernière petite amie, Cédric aurait confié "à plusieurs reprises" cette année avoir "étranglé" sa femme, une fois sur le canapé et une autre fois derrière, à l'intérieur de la maison du couple à Cagnac-les-Mines.
Interrogée en juillet dernier par les enquêteurs, la jeune femme, qui avait rencontré l'accusé avant son incarcération et avait ensuite entretenu une relation amoureuse au parloir de la maison d'arrêt de Toulouse-Seysses, a affirmé aux gendarmes que Cédric avait même mimé sur elle le geste de l'étranglement, en lui disant: "Si tu me trompes, tu vas finir à côté d'elle".
- Des confessions en question -
L'ouvrier en bâtiment, accusé du meurtre de son épouse de 33 ans, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, a toujours nié être responsable de la disparition mystérieuse de l'infirmière. Son corps n'a jamais été retrouvé.
Selon l'un de ses avocats, Alexandre Martin, il a nié avoir "fait quelque aveu que ce soit" à Jennifer, qui sera entendue jeudi après-midi.
Cédric Jubillar avait néanmoins tenté d'appeler la trentenaire plusieurs fois le 4 septembre en lui laissant un message "réponds quand je t'appelle, tu as peur de quoi?" selon l'avocat de Jennifer. Le parquet a classé sans suite une enquête pour subornation de témoin.
Sa petite amie précédente sera également auditionnée sur des révélations que Cédric Jubillar lui aurait faites.
Séverine, avec laquelle il s'était affiché sur Facebook peu de temps après la disparition, secouant son entourage, sera entendue dans la matinée.
Mercredi, la mère de Cédric, Nadine, s'est dite "choquée" lorsqu'elle avait appris que son fils vivait aussi rapidement une "aventure" avec une autre femme.
Cette quadragénaire, rencontrée lors d'une battue destinée à retrouver des traces de Delphine en avril 2021, a été longuement évoquée mercredi, lors de l'audition devant la cour d'un ancien codétenu de Cédric Jubillar, surnommé "Marco".
Placé à l'isolement à la maison d'arrêt de Seysses en 2021 dans une cellule voisine de celle du peintre-plaquiste, l'ancien prisonnier, désormais en liberté et résidant au Portugal, a dit avoir rencontré à plusieurs reprises Séverine.
Selon ses propos, l'accusé lui aurait confié s'être "débarrassé" du corps de Delphine "à la ferme qui a brûlé", près du village de Cagnac-les-Mines où résidait le couple.
A l'occasion de la sortie de prison de Marco, Cédric Jubillar lui aurait, toujours selon cet ancien codétenu, transmis des courriers, dont certains à destination de sa petite amie de l'époque. Il aurait demandé à Marco d'aller s'assurer que l'emplacement du corps de Delphine était sûr, mais également d'incriminer l'amant de son épouse pour faire réorienter l'enquête vers lui.
Marco a également affirmé que Séverine, au cours de leurs échanges, lui aurait rapporté une menace proférée par Cédric: "Elle m'a dit qu'il lui avait dit une fois: +je me suis débarrassé de la première, ça ne me coûte rien de me débarrasser de la deuxième+".
- "Des blagues" -
Questionné sur les propos souvent décousus de son ancien codétenu, le mis en cause a assuré que "95% de ce qu'il dit est faux", concédant toutefois avoir dit à Marco ainsi qu'à Séverine qu'il avait placé le corps de Delphine près de la ferme brûlée évoquée dans leurs témoignages. Des "blagues" selon lui. Les fouilles entreprises autour de cette ferme n'ont rien donné.
Un temps placée en garde à vue pour recel de cadavre avant d'être relâchée sans être inquiétée, Séverine a déclaré aux enquêteurs qu'il lui "avait dit plusieurs fois qu'il avait fait disparaître son épouse, mais toujours sur le ton de la rigolade", selon un document judiciaire.
P.Martin--AMWN