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Chine: la croissance trimestrielle au plus bas depuis un an
La Chine a annoncé lundi un ralentissement de sa croissance au troisième trimestre, au rythme le plus faible depuis un an, au moment où s'ouvre à Pékin une réunion clé du Parti communiste.
La session plénière (ou "plénum") des membres du Comité central, sorte de parlement du parti au pouvoir, se tient sur quatre jours à huis clos.
Elle vise notamment à discuter de la planification économique pour les prochaines années, sur fond de longue crise dans l'immobilier, de faible consommation des ménages, et de tensions commerciales avec Washington.
"Beaucoup de gens hésitent à dépenser car leurs revenus ne sont pas suffisants et de nombreuses entreprises licencient, voire ferment", résume Alin, une quadragénaire employée dans l'assurance, interrogée dans les rues de Pékin.
La croissance du PIB chinois sur la période juillet-septembre s'est établie à +4,8% sur un an, a annoncé lundi le Bureau national des statistiques (BNS).
Il s'agit d'un net ralentissement par rapport au trimestre précédent (+5,2%), anticipé par les économistes sondés par l'AFP.
Avec les pressions commerciales qui s'intensifient, nombre d'économistes estiment que la Chine doit opérer une transition plus nette vers un modèle de croissance davantage tiré par la consommation intérieure que par les exportations.
Mais les médias d'Etat et les responsables chinois restent discrets sur les mesures concrètes qui pourraient être inscrites dans le 15e plan quinquennal (2026-2030), dont la préparation est au centre des discussions du plénum.
- "Dans l'humain" -
Selon un commentaire publié lundi par l'agence officielle Chine nouvelle toutefois, ce nouveau plan visera à "consolider les fondations du bien-être de la population", notamment en "investissant dans l'humain".
Le texte mentionne par ailleurs plusieurs fois les "nouvelles forces productives de qualité", une expression utilisée pour désigner les technologies clés dans lesquelles la Chine entend atteindre l'autosuffisance afin d'assurer une croissance durable.
Plusieurs indicateurs économiques restent à l'orange.
Le moral mitigé des consommateurs s'est traduit le mois dernier par une croissance des ventes de détail (+3% sur un an) à son rythme le plus faible depuis novembre 2024, selon le BNS.
Ce fléchissement s'explique par l'atténuation des effets des programmes de stimulation de la consommation, lancés l'an passé, écrit dans une note Julian Evans-Pritchard, analyste chez Capital Economics.
Selon l'économiste, les dépenses des ménages sont aussi freinées par la baisse continue des prix immobiliers, qui ont enregistré en septembre leur plus fort recul en un an.
"Pour encourager la consommation, les subventions à elles seules ne suffisent pas", estime Alin, l'employée interrogée par l'AFP.
Elle évoque la sécurité de l'emploi, le prix de l'immobilier et les dépenses liées à l'éducation comme facteurs clés.
- "Alarmant" -
Autre indicateur dans le rouge, les investissements en capital fixe ont chuté au troisième trimestre, en particulier dans l'immobilier (-13,9% sur un an), selon le BNS.
Ce plongeon est "rare et alarmant" selon Zhiwei Zhang, économiste en chef chez Pinpoint Asset Management.
Signe positif, la production industrielle a grimpé de 6,5% en septembre sur un an, selon le BNS, soit plus que la prévision d'analystes interrogés par Bloomberg (+5%).
Mais cette croissance s'explique "uniquement parce que les exportations, toujours solides, ont compensé la faiblesse de la demande intérieure", note Julian Evans-Pritchard.
Des discussions commerciales sont attendues plus tard ce mois-ci entre des hauts responsables chinois et américains pour tenter de résoudre les différends commerciaux après l'offensive de droits de douane lancée en début d'année par Donald Trump.
Les craintes d'une escalade se sont toutefois atténuées après que le président américain Donald Trump a déclaré à Fox News que des droits de douane supplémentaires de 100% sur tous les produits chinois n'étaient "pas tenables".
Une rencontre entre M. Trump et son homologue chinois Xi Jinping pourrait même avoir lieu en marge du sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (Apec) qui s'ouvrira fin octobre.
"L'impact des droits de douane de Trump s'est avéré beaucoup plus léger que prévu au début de l'année", écrivent dans une note les économistes de Macquarie.
L'Etat-parti chinois a fixé un objectif de croissance "d'environ 5%" pour 2025.
Cette ambition reste réaliste, selon des économistes, qui soulignent toutefois que ces chiffres officiels pourraient être surestimés par rapport à la croissance réelle.
G.Stevens--AMWN