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Recherche publique: la France en tête du palmarès européen pour le nombre de brevets déposés
La France est en tête du palmarès européen en terme de nombre de brevets déposés par des organismes de recherche publique, avec le CNRS, le CEA et l'Inserm parmi les institutions les plus innovantes, selon une étude de l'Office européen des brevets (OEB).
Pour réaliser cette étude publiée mercredi, l'OEB a analysé les demandes de brevets déposées par des organismes publics entre 2001 et 2020, dans ses 39 états membres. Bilan: sur cette période, plus de 25.000 demandes ont été générées par des organismes publics de recherche français, soit près de 14% de l'ensemble des demandes générées par des acteurs français, et 40% des 63.000 brevets déposés par des instituts publics européens.
L'innovation est relativement concentrée: 10 institutions, majoritairement françaises et allemandes, concentrent près des deux tiers du total des demandes. Le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) occupent respectivement les première et deuxième places, l'institut allemand Fraunhofer, spécialisé dans la recherche en sciences appliquées, la troisième place et l'Inserm la quatrième.
"La recherche publique est l'une des plus grandes forces de l'Europe", a souligné le Président de l'OEB, António Campinos, appelant à "accélérer le transfert de la recherche vers des technologies concrètes."
Parmi les secteurs stratégiques figurent la santé, les biotechnologies, les produits pharmaceutiques, les semi-conducteurs et les technologies numériques.
Les hôpitaux universitaires européens font partie des principaux acteurs déposant des demandes. Les Français dominent le paysage avec 4.575 demandes de brevets, suivis par l'Allemagne (2.858) et le Royaume-Uni (2.500), qui représentent à eux trois plus de 56% de l'ensemble des demandes de brevets par des hôpitaux universitaires européens.
À elle seule, l'AP-HP (Assistance Publique – Hôpitaux de Paris) compte 1.968 demandes, soit plus de 11% du total européen, devant l'hôpital universitaire de Copenhague et l'Institut Karolinska de Stockholm.
"L'étude montre qu'en Europe nous avons a un système de recherche +deeptech+ (des technologies de rupture, NDLR), basé sur la science, très puissant et très performant", explique à l'AFP Yann Ménière, chef économiste de l'OEB.
Un système performant qui attire en outre les investissements. "Les start-up les plus sérieuses, les plus intéressantes sont issues de la recherche publique, ce qui explique qu'elles attirent une part disproportionnée des investissements", dit-il.
Pour preuve, environ un quart des start-up européennes ayant généré des demandes de brevets impliquent des inventeurs issus d'instituts de recherche publique ou d'hôpitaux, tout en concentrant environ la moitié des financements levés.
G.Stevens--AMWN