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Emotion en Turquie aux obsèques des neuf personnes tuées dans une école
L'émotion et le chagrin étaient palpables au sein de la foule rassemblée jeudi pour les funérailles des neuf personnes tuées la veille dans une école par un adolescent à Kahramanmaras, dans le sud de la Turquie.
Pendant que les familles notamment se regroupaient autour des cercueils recouverts du drapeau turc dans la province de Kahramanmaraş, des roses étaient également déposées sur les marches de l'établissement où l'attaque s'est produite.
De nombreux habitants de la ville étaient encore sous le choc des évènements de mercredi.
"Notre douleur est immense", a confié Vezir Yucel, dont le fils jouait au football avec Bayram Nabi Sisik, 10 ans, l'un des élèves tués mercredi.
"C'était un si bon garçon, respectueux et très travailleur", a-t-il dit à l'AFP devant la mosquée après les funérailles. Son fils Yusuf, 11 ans, à ses côtés, tremblait et pleurait.
L'attaque à Kahramanmaras, qui a causé la mort de huit élèves, cinq garçons et trois filles âgés de 10 et 11 ans, ainsi que d'une l'enseignante de 55 ans, est survenue un jour après une fusillade ayant fait 16 blessés dans une école du sud-est de la Turquie, à Sanliurfa.
Dans les deux cas, les tireurs ont péri, le premier s'étant suicidé lorsqu'il avait été acculé par la police.
- "Je suis bouleversée" -
Ahmet, 16 ans, qui a souhaité ne donner que son prénom, a souligné que sa sœur connaissait l'assaillant car ils fréquentaient le même établissement scolaire.
"Ma sœur de 14 ans n'est pas allée à l'école hier. Dieu l'a protégée. Mais elle est sous le choc. Elle connaît le tireur, il était mentalement perturbé", a-t-il ajouté.
"Je suis bouleversée. Sous mes yeux, tant d'enfants étaient blessés, couverts de sang", a dit à l'AFP une habitante de Kahramanmaras, expliquant avoir suivi la scène de son balcon.
Les autorités turques ont procédé jeudi à des dizaines d'interpellations et bloqué un millier de comptes sur les réseaux sociaux.
"De nombreux comptes ont été identifiés comme ayant (...) diffusé des contenus susceptibles de semer la peur, l'anxiété et la panique au sein de la population, propagé publiquement des informations trompeuses et fait l'apologie du crime et des criminels", a affirmé sur X le ministre turc de la Justice, Akin Gurlek, précisant que 162 personnes ont été interpellées.
Plus de 3.500 enseignants turcs ont manifesté à Ankara et appelé à la démission du ministre de l'Education. "Où étiez-vous quand nos enfants étaient en train de mourir ?", ont notamment scandé les protestataires, a constaté un photographe de l'AFP.
- Prémédité -
Agé de 14 ans, l'auteur de la tuerie de mercredi à Kahramanmaras avait prémédité son acte, a affirmé le parquet local.
Un document du 11 avril 2026 a été retrouvé dans son ordinateur. L'adolescent y racontait qu'il avait l'intention de commettre une opération majeure dans un avenir proche", a précisé le bureau du parquet.
Placé en détention provisoire, son père, identifié comme étant un ancien inspecteur de police, a déclaré dans sa déposition que son fils s'intéressait aux armes à feu.
"De temps en temps, il me disait que ses amis tiraient. J'essayais de le dissuader de s'intéresser aux armes. Je n'ai jamais eu l'intention de l'inciter à commettre un tel acte", a-t-il dit, précisant qu'ils s'étaient entraînés au tir pour la dernière fois deux jours avant l'attaque.
La direction générale de la police turque a par ailleurs fait savoir que l'auteur de la tuerie de Kahramanmaras "utilisait sur son profil WhatsApp une image faisant référence à Elliot Rodger, qui avait perpétré un attentat aux Etats-Unis en 2014".
Celui-ci, qui avait proclamé sa haine de la société et des femmes, avait tué six personnes Isla Vista, en Californie.
De tels drames sont rares en Turquie où, selon les estimations d'une fondation locale, des dizaines de millions d'armes à feu sont en circulation, la plupart illégalement.
A.Rodriguezv--AMWN