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A peine prolongé, le cessez-le-feu toujours fragile au Liban
A peine prolongé, le cessez-le-feu au Liban reste toujours fragile vendredi, Israël ayant repris frappes et ordre d'évacuation tandis que pour le Hezbollah pro-iranien, cette prolongation n'a "pas de sens".
Alors que la situation se détériore dans ce pays, précipité dans la guerre régionale déclenchée fin février par l'attaque américano-israélienne sur l'Iran, un frémissement diplomatique est enregistré côté iranien.
Le chef de la diplomatie Abbas Araghchi va se rendre vendredi soir à Islamabad, la capitale du Pakistan, qui attend depuis plusieurs jours une hypothétique reprise des discussions américano-iraniennes pour mettre fin durablement à la guerre.
Il poursuivra une tournée régionale qui le mènera ensuite à Mascate et Moscou "pour des consultations bilatérales sur les développements dans la région", selon l'agence officielle iranienne Irna.
La guerre au Moyen-Orient a fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.
Après l'annonce de la tournée du chef de la diplomatie iranienne, le pétrole est reparti à la baisse avec l'espoir de nouvelles discussions Iran/Etats-Unis.
- Deux morts dans une frappe israélienne-
Sur le front libanais, le cessez-le-feu, dont une prolongation de trois semaines a été annoncée jeudi soir par Donald Trump après des discussions entre représentants israéliens et Libanais à Washington, est déjà mis à rude épreuve.
Deux personnes ont été tuées vendredi dans une frappe israélienne dans le sud du pays, survenue après l'annonce de la prolongation de la trêve, selon le ministère libanais de la Santé.
L'armée israélienne a par ailleurs émis vendredi un appel à évacuer un village du sud du Liban, le premier de ce type depuis l'annonce de la prolongation du cessez-le-feu. L'agence de presse officielle libanaise ANI a ensuite fait état d'une frappe israélienne sur Deir Aames.
Un drone israélien a par ailleurs été abattu par le Hezbollah au Liban.
Le mouvement chiite pro-iranien, qui a entraîné le Liban dans la guerre en rouvrant les hostilités contre Israël le 2 mars, a annoncé par la voix d'un de ses députés, Ali Fayad, que la prolongation n'avait "pas de sens" au vu des "actes d'hostilité" persistants d'Israël.
Il se réserve le droit de riposter aux "agressions" d'Israël, a-t-il ajouté.
Le Hezbollah a également appelé l'Etat libanais à "se retirer des négociations directes avec Israël".
En vigueur depuis le 17 avril, mais régulièrement violée par les belligérants, la trêve devait s'achever dimanche.
Le conflit a déjà fait plus de 2.400 morts et un million de déplacés au Liban depuis début mars.
A Tyr, ville du sud frappée à plusieurs reprises, Mohamad Ali Hijazi cherchait toujours dans les décombres d'un immeuble des souvenirs de sa famille, dont cinq membres ont été tués par une frappe israélienne.
"Je n'ai toujours pas compris ce qui s'est passé. Ma vie a été détruite (...) Je sens que mon coeur va s'arrêter", dit ce Franco-Libanais de 48 ans.
Par ailleurs, la Finul, la force de l'ONU, a annoncé vendredi la mort d'un de ses Casques bleus indonésien blessé le 29 mars dans le sud.
- "Le plus vite possible" -
Jeudi, M. Trump a dit s'attendre à ce que les dirigeants israélien Benjamin Netanyahu et libanais Joseph Aoun se rencontrent "dans les semaines à venir", ce qui serait historique pour ces deux pays techniquement en état de guerre depuis 1948.
Le président libanais, qui a jusqu'à présent écarté la perspective d'une telle rencontre, se trouve vendredi au sommet européen d'Ayia Napa, à Chypre, aux côtés de ses homologues égyptien Abdel Fattah al-Sissi et syrien Ahmed al-Chareh et du prince héritier de Jordanie, Hussein ben Abdallah.
Les Vingt-Sept veulent s'engager davantage pour la désescalade au Moyen-Orient, ont-ils affirmé vendredi à Chypre.
"Nous avons tous intérêt" à ce que la stabilité revienne "le plus vite possible", a estimé le président français Emmanuel Macron.
M. Trump a lui affirmé avoir "tout le temps du monde" pour négocier une paix avec l'Iran, tout en maintenant une pression militaire: un troisième porte-avions américain, le George Bush, navigue à proximité de la région.
- "Une éternité" -
Près de deux mois après son déclenchement, la guerre continue de peser sur les marchés de l'énergie et sur l'économie mondiale, malgré l'entrée en vigueur du cessez-le-feu.
Le trafic est à l'arrêt dans le détroit d'Ormuz, par où transitait avant le conflit 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux, et désormais soumis à un double blocus iranien et américain.
La réouverture immédiate d'Ormuz est "vitale pour le monde entier", a souligné vendredi le président du Conseil européen Antonio Costa.
Bien que les frappes iraniennes ont cessé dans le Golfe, la situation reste instable: deux drones en provenance d'Irak ont visé des postes-frontières dans le nord du Koweït, a déclaré vendredi l'armée koweïtienne, rapportant des dégâts mais pas de victimes.
Le conseiller du président émirati, Anwar Gargash, a de son côté estimé que "rétablir la confiance" entre son pays, attaqué par "2.800 missiles et drones" et l'Iran prendrait "une éternité".
burx-cf/vl
D.Moore--AMWN