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Xi Jinping se rendra en Corée du Nord lundi et mardi
Le dirigeant chinois Xi Jinping se rendra en Corée du Nord lundi et mardi, sa première visite depuis 2019 dans ce pays allié, ont annoncé vendredi les médias d'Etat chinois.
Pékin est un soutien diplomatique, économique et politique essentiel pour la Corée du Nord, l'un des pays les plus isolés au monde et soumis à de lourdes sanctions internationales.
Selon le Comité national sur la Corée du Nord, un think tank basé à Washington, Pyongyang dépendait en 2022 de la Chine pour près de 95% de son commerce total et 85% de ses exportations.
"A l'invitation de Kim Jong Un (...) Xi Jinping, secrétaire général du Comité central du Parti communiste chinois et président de la République populaire de Chine, effectuera une visite d'Etat en République populaire démocratique de Corée les 8 et 9 juin", a annoncé la chaîne de télévision chinoise CCTV.
Lors de son dernier déplacement dans le pays en 2019, Xi Jinping avait célébré l'"amitié indestructible" entre les deux nations voisines. Il s'agissait de la première visite de ce type depuis celle de son prédécesseur Hu Jintao en 2005.
Ce voyage sera également la première visite officielle à l'étranger cette année de Xi Jinping, qui a reçu le président américain Donald Trump et le dirigeant russe Vladimir Poutine en mai.
Plusieurs experts avancent que cette activité diplomatique dénote la volonté de Pékin de se positionner comme une alternative stable aux Etats-Unis de Donald Trump.
- Programmes militaires -
Kim Jong Un s'était de son côté rendu à Pékin en septembre, invité aux côtés du président russe Vladimir Poutine pour les cérémonies du 80e anniversaire de la fin de la Seconde guerre mondiale.
Tout en resserrant ses liens avec la Chine, Pyongyang a également renforcé sa relation avec Moscou depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en 2022.
La Corée du Nord aide la Russie en lui envoyant des troupes et du matériel, recevant en retour une assistance technologique militaire notamment.
Ces appuis ont permis de relancer une économie nord-coréenne longtemps en très grande difficulté, selon le ministère sud-coréen de la Réunification, qui a noté en avril "une phase de reprise progressive".
La Corée du Nord a par ailleurs mis les bouchées doubles concernant ses programmes militaires, multipliant en particulier les essais de missiles.
Les analystes estiment que le pays pourrait chercher à tirer profit de l'affaiblissement des normes internationales, dans un contexte de guerre en Ukraine et au Moyen-Orient, pour consolider son statut de puissance nucléaire.
Kim Jong Un a affirmé cette semaine que la capacité de production de matières nucléaires de qualité militaire de son pays avait "plus que doublé" ces cinq dernières années, et annoncé un accroissement "exponentiel" des forces nucléaires du pays.
Pyongyang est soumis à de multiples sanctions des Nations Unies lui interdisant de développer l'arme nucléaire et d'utiliser la technologie des missiles balistiques, restrictions maintes fois bafouées.
Pékin, qui considère avec préoccupation l'accroissement des capacités nucléaires de son voisin, avait appelé en avril les deux pays à "renforcer la communication et la coordination sur les grandes questions internationales et régionales".
Face à la montée en puissance militaire nord-coréenne, Xi Jinping considère "qu'il est urgent de gérer ces tensions avant que les agissements de M. Kim ne provoquent un déploiement irréversible et automatique des forces militaires américaines, sud-coréennes et japonaises dans la périphérie immédiate de la Chine", juge Seong-Hyon Lee, analyste à la Fondation George H. W. Bush pour les relations Etats-Unis/Chine.
Mais ce sommet représente aussi "la reconnaissance tacite par Pékin du statut nucléaire de M. Kim", estime ce chercheur.
L.Harper--AMWN