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Au "Davos russe", Poutine refuse la proposition de rencontre de Zelensky
Le président Vladimir Poutine a rejeté vendredi l'idée d'une rencontre en tête-à-tête proposée par son homologue ukrainien tant qu'un accord final n'aura pas été négocié en amont pour mettre fin à la guerre en Ukraine.
"Je ne vois pas l'intérêt d'une rencontre. Cela n'a d'intérêt que pour la partie ukrainienne afin d'arrêter l'avancée de nos forces armées", a affirmé M. Poutine depuis le Forum économique international, où il était très attendu sur les difficultés économiques rencontrées par son pays sanctionné par les Occidentaux à cause du conflit en Ukraine.
Le président russe répondait à une question sur la proposition de son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky d'une rencontre en tête-à-tête afin de négocier une résolution du conflit, faite la veille dans une lettre ouverte.
"L'Ukraine propose de mettre fin à cette guerre via un contact direct entre vous et nous. Je propose une rencontre", a écrit Volodymyr Zelensky.
- "Un jour" -
La guerre en Ukraine, entrée dans sa cinquième année, a fait des centaines de milliers de morts et des millions de réfugiés, et causé des dégâts immenses, particulièrement dans l'Est de l'Ukraine partiellement sous contrôle de Moscou.
Selon le président russe, "les hostilités prendront fin un jour", lorsque la Russie aura "atteint les objectifs que nous nous sommes fixés".
Le pouvoir russe exige du gouvernement ukrainien des concessions politiques et territoriales, notamment un retrait complet de la région de Donetsk, dans l'Est. Des exigences rejetées par Kiev, les assimilant à une capitulation.
Pour sa part, l'Ukraine demande de longue date un cessez-le-feu prolongé pour favoriser des négociations. Mais Moscou rejette cette idée, arguant, entre autres, qu'une pause plus longue permettrait à l'armée ukrainienne de se renforcer.
Ces derniers mois, plusieurs cycles de négociations sous l'égide des Etats-Unis n'ont pas réussi à rapprocher les belligérants d'un accord pour arrêter les combats, le processus s'enlisant davantage à mesure que l'attention de Washington s'est déplacée vers l'Iran.
Le président russe a rejeté l'idée d'une rencontre avec son homologue ukrainien tant qu'un accord n'aura pas été finalisé au préalable, rejetant toute négociation entre les deux hommes.
Il faut "laisser les spécialistes travailler, développer des solutions, et ensuite nous pouvons nous rencontrer", a dit M. Poutine, tout en appelant les troupes russes sur le front à continuer les combats.
Il a aussi répété ses doutes sur la légitimité politique de M. Zelensky, dont le mandat de président a expiré en 2024. La loi martiale en vigueur depuis le début de la guerre en Ukraine interdit la tenue d'élections.
- "Super" -
Le président Zelensky insiste qu'une rencontre entre les deux chefs d'Etat est indispensable pour négocier les points les plus épineux, dont la question territoriale.
Sa nouvelle proposition a été soutenue par le président américain Donald Trump et le président français Emmanuel Macron.
"Je suis ravi qu'ils parlent de se rencontrer. Je pense que nous y sommes pour quelque chose (...) Je pense que ça serait super qu'ils se rencontrent", a déclaré le président américain jeudi depuis le Bureau ovale.
Emmanuel Macron, Keir Starmer et Friedrich Merz rencontreront dimanche à Londres Volodymyr Zelensky afin d'échanger sur le "soutien à l'Ukraine" et le "renforcement de la pression sur l’effort de guerre russe", a annoncé vendredi l'Elysée.
L'Ukraine a récemment intensifié ses frappes de drones sur les territoires occupés et la Russie en représailles aux bombardements russes quotidiens contre son territoire.
"Vos ressources diminuent considérablement. Vous n'aurez pas assez d'argent ni de capital politique pour continuer à acheter la loyauté des Russes comme vous l'avez fait ces 26 dernières années", a assuré le président ukrainien dans sa lettre ouverte.
Mais le président Poutine, très attendu au SPIEF sur l'économie russe en berne, a minimisé les difficultés économiques.
"Nous entendons les critiques. De toutes parts, on nous dit que tout va mal chez nous (...). Oui, la dynamique économique est actuellement modérée", a-t-il déclaré.
Plus de quatre ans après le début de la guerre contre l'Ukraine, la Russie fait face à de multiples sanctions occidentales, une inflation élevée, des coûts d'emprunt prohibitifs et des pénuries de main-d'oeuvre, qui placent son économie dans une situation délicate.
En réponse à une question de l'AFP jeudi, le président russe a rejeté l'idée que la Russie soit au bord d'une crise majeure, citant l'auteur américain Mark Twain: "Les rumeurs sur ma mort sont grandement exagérées".
L.Harper--AMWN