-
Au Kenya, la politique sida de l'administration Trump tue déjà
-
France Télé devra économiser 90 millions d'euros en 2027, selon sa présidente
-
En Cisjordanie, des Palestiniens trouvent refuge dans des grottes
-
Aux Etats-Unis, la diaspora iranienne profondément divisée sur la guerre
-
En Amazonie brésilienne, rêve d'or noir et crainte de marée noire
-
Des bébés orangs-outans symptômes du bond du trafic d'animaux en Inde
-
Equipe de France: Zidane rend sa première copie
-
Ligue 1: Monaco-Lens en entrée, Lyon-Rennes en plat et le "Classique" en dessert
-
Ligue 1: entre buts et polémiques, Paris Brunner au centre de l'attention
-
Coupe Davis: la France orpheline de Fils défie le Canada d'Auger-Aliassime
-
Crises et carburant: Macron reçoit les candidats à sa succession ou leur bras droit
-
Des étudiants en médecine afghans au Pakistan dans l'angoisse d'une expulsion soudaine
-
Le Venezuela débloque des portails d'information censurés, un opposant arrêté
-
Nigeria: 37 mineurs présumés illégaux meurent en détention
-
Le Venezuela débloque des portails d'information censurés depuis des années
-
Copie d'articles pour l'IA: un "vol sans précédent", selon un responsable de Microsoft, poursuivi par le NYT
-
Ligue Europa: L'OM "logiquement sanctionné", selon Genesio
-
Ligue Europa: L'OM trop fragile pour résister à Besiktas
-
Meta épinglé pour ses mesures de protection "insuffisantes" contre les deepfakes
-
La copie d'articles pour l'IA était un "vol sans précédent", selon un responsable de Microsoft, poursuivi par le New York Times
-
Wall Street clôture en nette hausse, salue le ton de la Fed
-
Russie : début des législatives, en pleine guerre en Ukraine
-
Russie: les actifs de Nestlé, Auchan et de l'ex-Leroy Merlin transférés à une même société russe
-
Fed: le monde économique décerne un bon point à Warsh, s'interroge sur l'influence de Trump
-
Jugée pour "un pacte de corruption" avec Ghosn, Dati assène avoir "exercé comme avocate"
-
Le frère de la princesse Diana lance de nouvelles attaques contre Charles III
-
Le pétrole recule un peu, les exportations saoudiennes dans le viseur
-
Première sortie publique pour le prince Harry depuis son retour au Royaume-Uni
-
Lecornu présente un budget "offensif", avec 54 milliards d'économies
-
Budget 2027: effort de 54 milliards, retraités ciblés, débats au Parlement... Les principales annonces de Lecornu
-
L'après-Finul et le renforcement de l'armée libanaise sur la table à Paris
-
Carburants: la colère des pêcheurs retombe après des engagements du gouvernement
-
Fibre Excellence : d'ex-salariés relancent les machines au nom de "la sécurité"
-
Réseaux sociaux: quels changements en vue pour les jeunes Européens?
-
Les Bourses européennes terminent en hausse après la décision de la Fed
-
A bord de l'Itsas-Bellara, le bateau pêcheur de déchets flottants au Pays basque
-
Ligue 1: Toppmöller parti, à Cahuzac de jouer à Lens
-
Deux candidats à la reprise de Duralex veulent sauver la moitié des emplois
-
Le trouble de la personnalité borderline, entre stigmatisation et manque de prise en charge
-
L'administration Trump s'en prend à la protection des espèces menacées
-
Nestlé sera rejugé pour ses décharges sauvages dans les Vosges
-
Charles Sapin sur France Inter: la direction fait des propositions mais la grève est maintenue
-
Micron Technology à Taïwan: après des propositions de la direction, les salariés réclament davantage
-
Andersson promet de faire "avancer la Suède" après sa victoire aux législatives
-
Information inexacte sur Rima Hassan: Laurent Nuñez se défend, LFI veut sa démission
-
En Ecosse, Charles III met en garde les géants de la tech contre les "risques existentiels" de l'IA
-
Carburants: la colère des pêcheurs enfle, réunion au ministère
-
Carburant: les pêcheurs lèvent les blocages à Nice et à Frontignan
-
Apologie du terrorisme: Dieudonné condamné à six mois sous bracelet électronique
-
T-shirt de soutien à Ceuta : de Madrid à Paris, Mbappé attaqué par la droite et l'extrême droite
L'extraction de lithium en Amérique du Sud, entre espoirs et désillusions
Entre bleu turquoise et blanc éclatant, les piscines à ciel ouvert des mines de lithium d'Amérique du Sud contrastent avec les paysages arides environnants. Aux confins du Chili, de l'Argentine et de la Bolivie, l'extraction du précieux métal cristallise espoirs et désillusions.
Cette région aride du continent américain recèle dans son sous-sol 56% des 89 millions de tonnes de lithium identifiées au monde, selon un rapport de 2022 du Service géologique des Etats-Unis (USGS).
Surnommé le "pétrole du 21e siècle", ce métal blanc est essentiel pour la fabrication des batteries des voitures électriques, censées sauver la planète du réchauffement climatique, mais aussi des téléphones portables et autres appareils électroniques.
Son prix est passé de 5.700 dollars la tonne en novembre 2020 à 60.500 en septembre dernier, selon l'agence Benchmark Mineral Intelligence.
- Désert d'Atacama -
Au Chili, le lithium provient exclusivement du désert d'Atacama, une plaine brune et rocheuse du nord du pays. Il représente 26% de la production mondiale en 2021, selon l'USGS.
Deux sociétés, l'américaine Albemarle et la chilienne SQM disposent de licences d'exploitation, mais, en contrepartie, elles doivent reverser jusqu'à 40% de leurs recettes à l'Etat.
Rien que pour le premier semestre, les recettes fiscales du Chili provenant du lithium ont ainsi dépassé celles du cuivre, un métal dont le pays est le premier producteur au monde.
Face à une telle manne, le président de gauche Gabriel Boric a promis la création d'une entreprise publique de lithium sans exclure une éventuelle participation privée.
Mais l'extraction de lithium n'est pas sans conséquences pour l'environnement et, bien que les sociétés minières sont contraintes de verser des dédommagements conséquents aux communautés locales, ces dernières craignent pour leurs moyens de subsistance dans une région régulièrement frappée par la sécheresse.
- "Nous voulons savoir" -
La société chilienne SQM dit ainsi puiser en 2022 près de 400.000 litres d'eau par heure pour les besoins de son usine.
Une inspection sur son site en 2013 avait révélé qu'un tiers des caroubiers, arbre rustique en raison de ses racines profondes, étaient morts, à cause du manque d'eau, a révélé ensuite une étude.
"Nous voulons savoir avec exactitude quel est l'impact réel du pompage d'eau des nappes phréatiques", avance Claudia Pérez, une habitante de la vallée de San Pedro, toute proche du site, disant ne pas être "contre" le lithium, mais souhaiter que "les effets négatifs" de son exploitation pour les populations locales soient "minimisés".
De l'autre côté de la cordillère des Andes, en Argentine, une route serpente entre les déserts salés de la province de Jujuy. Avec ceux des provinces voisines de Salta et Catamarca, la région constitue le deuxième plus grand gisement de lithium au monde.
Avec peu de restrictions sur son exploitation et des taxes de seulement 3%, l'Argentine est le quatrième producteur mondial de lithium.
Actuellement, deux mines sont exploitées dans la région. L'une, Livent, est aux mains des Etats-Unis, tandis que l'autre, Orocobre, est gérée par un consortium australien et japonais avec la participation d'une entreprise publique argentine.
- Dizaines de projets -
Il existe en outre des dizaines de projets à différents stades de maturation avec la participation d'entreprises locales, mais aussi américaines, chinoises, françaises et sud-coréennes.
L'Argentine pourrait dépasser la production chilienne d'ici 2030, estime un rapport de 2021 de la Commission chilienne du cuivre (Cochilco), un organisme public.
Le gouverneur de la province de Jujuy, Gerardo Morales, a même invité en avril, via Twitter, le patron de Tesla Elon Musk à investir dans la région lorsque ce dernier s'est plaint des prix élevés du lithium.
Mais les communautés locales sont là aussi réticentes. A Salinas Grandes, désert de sel au nord de Salta, un panneau alerte le voyageur: "Non au lithium, oui à l'eau et à la vie".
"Ce n'est pas, comme ils disent, qu'ils vont sauver la planète. C'est plutôt nous qui devons donner notre vie pour (la) sauver", peste Veronica Chavez, présidente de la communauté indigène Kolla Santuario de Tres Pozos, non loin de Salinas Grandes.
"Nous ne mangeons ni lithium, ni batteries. Nous buvons de l'eau", assure-t-elle, interrogée par l'AFP devant d'énormes amas de sel récoltés par une coopérative locale.
A quelques mètres de là, Barbara Quipildor, 47 ans, prépare des +empanadas+ dans une petite construction faite en sel. "Je veux qu'ils nous laissent tranquilles, en paix. Je ne veux pas du lithium (...), ce qui me préoccupe c'est l'avenir des enfants de mes enfants", dit-elle.
- Hôtel Lithium -
À quelque 300 km au nord de Jujuy, le +salar+ d'Uyuni, en Bolivie, est le plus grand au monde. Il renferme un quart des ressources en lithium de la planète, selon l'USGS.
D'une superficie similaire à celle du Qatar, ce désert de sel se trouve dans une région où plus de la moitié de la population est pauvre.
Désireux lui aussi de profiter de la manne du très convoité métal, l'ancien président de gauche Evo Morales (2006-2019) a nationalisé au début de son mandat hydrocarbures et lithium.
"La Bolivie va fixer le prix pour le monde entier", a-t-il déclaré en 2018, appelant le reste de la région à suivre son exemple.
A Rio Grande, ses mots ont apporté de l'espoir. Ce petit village aux rues boueuses est le plus proche de l'usine de Yacimientos de Litio Bolivianos (YLB), l'entreprise publique créée par Evo Morales.
Plein d'optimisme, Donny Ali y a construit un hôtel qu'il a appelé Lithium... Mais la fortune n'a pas été au rendez-vous.
"Nous espérions un grand développement industriel et technologique et, surtout, de meilleures conditions de vie. Cela ne s'est pas produit", déplore cet avocat de 34 ans, assis dans un canapé de son établissement vide.
Contrairement au Chili, la Bolivie --mais aussi l'Argentine-- peine à exploiter pleinement le lithium du fait de conditions "d'investissement défavorables" et "géographiques plus difficiles, selon un rapport de 2021 du Center for Strategic and International Studies (CSIS).
Certains pensent que la Bolivie va "manquer le train du lithium. Je ne pense pas", estime pourtant Juan Carlos Zuleta, un économiste qui a brièvement dirigé l'usine YLB en 2020.
Malgré leurs différences, les pays du "triangle du lithium", Argentine en tête, envisagent après l'exploitation du lithium la fabrication de batteries Li-ion sur place.
"Toutes les technologies ont leurs avantages et leurs inconvénients. Ce qui est important c'est qu'il y ait un équilibre qui bénéficie non seulement au pays mais aussi aux populations locales", estime dans un entretien à l'AFP Roberto Salvarezza, l'un des dirigeants du groupe argentin YPF, qui prévoit de lancer une usine pilote de fabrication de batteries au lithium en décembre.
"L'Amérique du Sud dispose de toutes les matières premières nécessaires à la production de batteries et de véhicules électriques", assure M. Zuleta.
En attendant, l'hôtel Lithium reste désespérément vide.
Ch.Havering--AMWN