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Les mondes de la tauromachie et de la "ruralité" unis contre les "écolos bobos" à Montpellier
Des guitares gitanes, des "gardians" sur leurs chevaux blancs camarguais, des maires ceints de leur écharpe, des Arlésiennes en costume...les mondes de la tauromachie et de "la ruralité" ont défilé en masse samedi à Montpellier pour défendre leurs traditions contre les "écolos bobos".
De 13.000 à 15.000 personnes, parmi lesquelles se trouvaient également de nombreux chasseurs en chasubles orange, se sont réunies au pied du Corum, le palais des congrès de Montpellier, répondant à l'appel d'élus de la région, d'éleveurs de taureaux et de membres de clubs taurins qui pratiquent la "bouvine", ces jeux tauromachiques du sud-est de la France sans mise à mort.
Qu'ils soient originaires de Camargue ou d'autres territoires du Languedoc et de la Provence, tous dénoncent de récentes atteintes à des coutumes qui non seulement forgent, selon eux, leur identité mais contribuent aussi au développement économique de leur région.
Or, ils sont "montrés du doigt comme des bourreaux", regrette l'ancien journaliste, entouré de dizaines d'élus de bords différents portant leur écharpe tricolore, dont des députés, sénateurs et maires d'autres villes à tradition tauromachique comme celui de Béziers (Hérault), Robert Ménard.
- Réglementer la bouvine -
C'est une tribune publiée en janvier dans le quotidien Le Monde qui a mis le feu aux poudres, d'autant plus que parmi la cinquantaine de signataires figuraient des élus de Montpellier.
Ces personnalités politiques écologistes et représentants d'associations animalistes réclament une réglementation des pratiques entourant la bouvine, fustigeant la castration à vif des jeunes taureaux, le marquage au fer rouge ou le lâcher de taureaux dans les rues lors des férias.
"Ces personnes ne sont jamais venues passer une journée avec un gardian. Nous, on a vécu la bouvine et la chasse et on veut que nos enfants et petits-enfants puissent les vivre aussi", explique Sonia Saumeade, 52 ans. Venue en famille, elle juge "pas plus cruel" de "sortir les taureaux dans la rue que de vivre dans 50m2 avec un chien".
Au micro, Laurent Jaoul, le maire de Saint-Brès, une commune proche de Montpellier, qui figure parmi les organisateurs du rassemblement, dénonce "l'écologie punitive, composé d'élus animalistes et écologistes, qui souhaitent remettre en cause des pans entiers de nos traditions et de nos manières de vivre".
- "Essayer de s'entendre" -
"La véritable écologie, ce sont les manadiers (gardiens de taureaux élevés en semi-liberté en Camargue), les agriculteurs, les chasseurs, les pêcheurs", a enchaîné le maire de la commune voisine de Baillargues, Jean-Luc Meissonnier, sous les applaudissements.
"Nous ne sommes pas des barbares, nous aimons nos animaux, nous les vénérons. Il n'est nullement question que nous soyons stigmatisés par ces bobos de Montpellier", a-t-il ajouté.
Pancarte "chasseur depuis 70 ans" fièrement accrochée dans le dos, Joseph Coste, 86 ans, vigneron à Murviel-lès-Montpellier, juge qu'il "faudrait essayer de s'entendre".
"Il y a une prolifération de sangliers: il faut bien qu'il y ait des chasseurs pour les tuer. Mais les écologistes, ils sont bornés sur certaines choses", ajoute-t-il.
"A l'instar de toutes les grandes avancées sociétales du passé, celle des droits des animaux génère de la contestation. Les générations futures se demanderont comment leurs ancêtres ont pu tolérer de telles pratiques", a assuré jeudi dans un communiqué Eddine Ariztegui, élu du Parti animaliste au conseil municipal de Montpellier et initiateur de la tribune du Monde.
D.Cunningha--AMWN