-
Milan-Sanremo: Pogacar face à son obsession
-
Norvège: la princesse Mette-Marit dit avoir été "manipulée et trompée" par Epstein
-
IA: le géant chinois Xiaomi va investir 7,5 milliards d'euros sur trois ans
-
Au Somaliland, un refuge pour guépards sauvés d'un trafic vers le Golfe
-
Le live-shopping, grand bazar numérique à portée de clic
-
NBA: Wembanyama qualifie les Spurs pour les play-offs, James égale un record avec les Lakers
-
Ligue 1: une nouvelle chance pour Lens, un choc Lyon-Monaco
-
Athlétisme: cinq chances de médailles françaises aux Mondiaux en salle
-
Athlétisme: Duplantis et Hodgkinson attendus pour briller aux Mondiaux en salle de Torun
-
En Inde, la fin d'un brevet va doper la lutte contre l'obésité et son juteux marché
-
BTS sort son premier album studio depuis 2020 avant son grand retour sur scène
-
La reprise du verrier Arc sur le point d'être actée
-
BTS sort un nouvel album à la veille de son grand retour sur scène
-
Ligue Conférence: Strasbourg se fait peur mais file en quarts
-
A la veille des législatives, Kolding ville miroir des défis du Danemark
-
Italie : Umberto Bossi, fondateur de la Ligue du Nord, est mort à 84 ans
-
Ligue Europa: Lille prend la porte face à Aston Villa, encore
-
A Grandpuits, TotalEnergies vante le recyclage plastique chimique malgré les critiques
-
Entre angoisse et espoir, les Iraniens célèbrent leur Nouvel an
-
Wall Street termine dans le rouge, lestée par le pétrole
-
Ligue Europa : à dix puis neuf, Lyon éliminé par le Celta
-
Le bébé macaque Punch s'adapte avec courage et attire les foules dans son zoo au Japon
-
L'acteur Chuck Norris hospitalisé à Hawaï
-
Les réseaux sociaux affectent le bien-être des jeunes dans le monde, selon un rapport
-
Attaqué, Accor "dément fermement" être impliqué dans "la traite d’êtres humains ou d'enfants"
-
Jeux vidéo: Ubisoft coupe dans sa filiale américaine Red Storm Entertainment
-
Biathlon: la revanche de Lou Jeanmonnot, sacrée à deux courses de la fin
-
Le Royaume-Uni et le Nigeria concluent un accord pour faciliter les expulsions de migrants
-
La Bourse de Paris termine en forte baisse, emportée par les prix de l'énergie
-
"Autorévélation": quand les entreprises se dénoncent à la justice pour corruption
-
Entente toujours cordiale entre Trump et Takaichi, malgré l'Iran ... et Pearl Harbor
-
L'Iran ne fera preuve d'"aucune retenue" dans la guerre, les hydrocarbures flambent
-
TikTok, premier réseau social pour s'informer chez les adolescents
-
Affaire des "ports africains": Vincent Bolloré jugé en décembre à Paris pour corruption
-
Ormuz: l'agence maritime de l'ONU réclame un corridor pour évacuer les bateaux
-
L'Iran demande à Berlin de "clarifier" le rôle de la base américaine de Ramstein dans la guerre
-
Moyen-Orient: la hausse des prix de l'énergie alerte les marchés mondiaux
-
Affaire Epstein: d'anciennes mannequins demandent à la justice française d'enquêter sur un ex-dirigeant de l'agence Elite
-
En pleine guerre au Moyen-Orient, les fidèles préparent l'Aïd "le coeur lourd"
-
En visite d'Etat au Royaume-Uni, le président du Nigeria évoque "le défi du terrorisme"
-
Relaxe générale au procès d'une tentative d'escroquerie dénoncée par TotalEnergies
-
L'agence maritime de l'ONU réclame un corridor d'évacuation à Ormuz
-
Biathlon: la Française Lou Jeanmonnot remporte la Coupe du monde
-
Equipe de France: confiance maintenue en Chevalier, Mbappé en vedette américaine
-
La Réunion: les autorités alertent face aux "comportements dangereux" près du volcan en éruption
-
Norvège : la défense plaide l'acquittement pour les viols dont est accusé le fils de la princesse héritière
-
Norvège: la défense demande l'acquittement du fils de la princesse héritière, jugé pour viols
-
Prêt à l'Ukraine : le sommet européen échoue à rallier Orban
-
"Pas notre guerre": en Cisjordanie, la stupeur après une première frappe iranienne mortelle
-
Moyen-Orient: les Bourses reculent face à la hausse des prix de l'énergie
Les cabanons marseillais, un art de vivre menacé
Les pieds dans le sable, ils font rêver avec leur imprenable vue sur mer: les cabanons de Marseille, symboles de la ville, tentent de préserver un certain art de vivre sans trop penser aux menaces, réglementaires ou climatiques, qui pourraient les faire disparaître.
"Je sais bien qu'on est en sursis. Des roches de la falaise sont tombées, la plage est soumise à une érosion importante. Qu'est-ce qui peut se passer après ?", s'interroge Eliane Peroux, propriétaire de cabanons à la Verrerie, une crique du sud de Marseille.
En attendant, cette ex-pharmacienne des hôpitaux savoure chaque jour sa chance: "On vit dehors. Le matin, on va se baigner quand il n'y a personne. Au petit-déjeuner, un voisin vous propose un café. On s'assoie pour discuter. Tout le monde a conscience de partager un privilège", dit-elle, comparant le coucher du soleil à "une messe" à laquelle communieraient cabanoniers et plagistes.
"J'avais plus de chances de gagner à l'EuroMillions que de trouver un cabanon à vendre à Marseille", raconte Franck, un de ses voisins. Et pourtant, ce cuisinier parisien aux airs de surfeur américain s'est offert pour 200.000 euros sa "grotte" de Robinson de 23 m2, où il vit à l'année: "C'est cher, mais j'ai la plus grande piscine du monde".
Et les prix montent. En février, une agence proposait un cabanon de 25 m2, "à réhabiliter entièrement", au célèbre Vallon des Auffes, au coeur de Marseille, pour... 340.000 euros.
Bâtis de bric et de broc, le long du littoral, les premiers cabanons sont nés au XIXe siècle, sans permis de construire, à partir de hangars à bateau ou de cabanes de pêcheur. Sans eau ni électricité, ces habitats précaires, d'une pièce ou deux, se sont peu à peu transformés en lieux de villégiature pour les populations modestes, dans les années 1930, avec les premiers congés payés.
D'autres ont été "investis par des ouvriers employés d'usines qui ont accompagné l'essor industriel de la ville au XIXe siècle", rappelle l'historienne Judith Aziza. Ces petits paradis populaires s'opposaient alors aux bastides des riches Marseillais, plus en hauteur ou en retrait dans les terres.
- Opération reconquête -
Mais peu à peu, le cabanon s'est embourgeoisé. A la Verrerie, où l'acteur Kad Merad fait partie des propriétaires, la trentaine de hangars à bateau d'origine bénéficie désormais de tout le confort moderne, climatisation en prime parfois. Et ceux qui sont loués l'été affichent complet, malgré l'envers du décor: bruit, insécurité et déchets laissés par la foule des vacanciers.
Il y a aussi l'entretien du site: comme ces 400.000 euros payés par les propriétaires, "pour consolider les terrasses et la falaise qui menaçait de s'effondrer et avait amené la mairie à prendre un arrêté de péril", rappelle Mme Peroux. Trop proches de la mer, deux cabanons avaient déjà dû être rasés.
Institution marseillaise magnifiée par les chansonniers, les cinéastes et les guides touristiques, le cabanon est le symbole d'un certain art de vivre, au soleil, près de la nature, entre baignades, siestes et vie communautaire. Mais un art de vivre menacé.
Beaucoup de ces maisons de poupée avaient déjà disparu lors de la construction du port de Marseille, au nord, et de la corniche, au sud.
Plus récemment, en 2010, l'Etat a débuté une opération reconquête de son domaine maritime. Ont été démolis le cabanon d'une ex-députée socialiste ou des restaurants et boîtes de nuit comme "la Maronaise" ou le "Vamping", en contradiction avec la loi littorale.
"Aucune partie du domaine public ne peut être définitivement attribuée à un particulier", rappelle la préfecture. Et "si une autorisation d'occupation temporaire (AOT) n'est pas renouvelée, l'état peut procéder à des démolitions lorsque les habitations ne sont plus occupées ou si les frais de mise en conformité ne sont plus assurés par l'occupant".
- "Caractère historique" -
"L'Etat n'a jamais nié le caractère historique de ces cabanons. Son souci concerne la gestion des risques", explique Alain Ofcard, directeur adjoint à la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM). Selon lui, aucun cabanon servant d'habitation ne serait plus recensé sur le domaine public maritime à Marseille.
Cette zone, qui prend en compte la distance parcourue par les plus hautes eaux dans des conditions non-exceptionnelles, pourrait cependant évoluer, avec le réchauffement climatique: montée des eaux et érosion des côtes vont mécaniquement faire entrer dans le domaine public des maisons aujourd'hui dans le domaine privé.
Sur l'avenir des cabanons, la DDTM renvoie à la loi "climat résilience" d'août 2021, qui prévoit le financement d'études par l'Etat et d'éventuelles limitations des constructions, voire des provisions d'argent pour des destructions futures. Une "non-transmibilité" des cabanons est également évoquée.
A l'inverse, la création du Parc national des calanques, en 2012, s'est accompagnée d'un classement protecteur, au titre d'un "certain art de vivre", des quelque 300 cabanons recensés de Sormiou à Morgiou en passant par Callelongue ou Marseilleveyre. Mais là aussi, des cabanons vétustes ou dangereux et un restaurant, "Le Lunch", bâti sur le domaine public maritime, ont disparu sous les dents des pelleteuses.
Face aux eaux cristallines de Sormiou, les 126 cabanons appartiennent pour l'essentiel à une SCI regroupant les descendants de l'ex-maîtresse des lieux, la poétesse Marie de Sormiou (1865-1958).
Environ "98% d'entre eux sont loués, sans eau ni électricité, aux mêmes familles, depuis des générations, pour quelque 3.000 euros par an. L'ancien maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, a le sien, transmis par son père maçon", rapporte André Pacitto, président de l'association des calanquiers de Sormiou.
A Morgiou, en revanche, les cabanons sont en pleine propriété. Et certains prix ont flambé, atteignant les 500.000 euros pour de petites surfaces qui, en location, s'arrachent l'été sur les plateformes en ligne.
O.Johnson--AMWN