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Près de Los Angeles, les flammes laissent derrière elle un "purgatoire"
Au milieu des ruines de sa maison à Pacific Palisades, Kyle Kucharski n'en revient pas. Tout a été réduit en cendres, à l'exception d'une caisse de vin barrée d'un nom très symbolique : "Purgatoire".
Une sacrée coïncidence pour ce banquier de 38 ans, qui a connu plus que son lot de souffrances cette semaine. Ce quartier huppé surplombant les montagnes de Los Angeles a été pratiquement rayé de la carte par les flammes.
"C'est drôle: + Le purgatoire+. Quelle ironie", souffle-t-il, en baissant la tête.
M. Kucharski avait acheté ce vin du Colorado avec son épouse, pour "célébrer notre emménagement" dans la nouvelle maison familiale.
Mais "nous ne l'avons jamais bu", lâche-t-il, les yeux rivés sur la caisse de bois.
"Nous ne l'avons jamais bu", répète sa femme, Nicole Perri, d'un air abasourdi.
Lorsque le feu s'est déclaré mardi dans le quartier, le couple a fui avec ses nourrissons de 10 semaines et 18 mois sous le bras, au milieu des montagnes rougeoyantes, où le feu s'abattait comme de la lave.
Ils sont revenus pour la première fois vendredi, accompagnés d'une patrouille de police qui leur a donné seulement quelques minutes pour mesurer l'ampleur des dégâts.
"Je m'attendais à retrouver... je ne sais pas quoi, quelque chose", lâche Mme Perri, en fouillant les décombres armée de gants jaunes. "Quelque chose à emporter avec moi pour me souvenir de cet endroit."
- "Dévastée" -
Les abords de Los Angeles sont toujours ravagés par de multiples feux, qui ont été attisés par des vents violents, soufflant jusqu'à 160 km/h cette semaine. Ils ont tué au moins 10 personnes, détruit ou endommagé plus de 10.000 bâtiments, et ont forcé plus de 150.000 personnes à fuir.
Pendant que des milliers de pompiers poursuivent leur lutte contre les flammes, les victimes ne sont qu'au début d'une longue épreuve.
Pour certains, il va falloir pleurer des proches. Pour d'autres, se battre avec les assurances. Et pour tous, faire le deuil de leur vie d'avant, pour continuer à avancer.
"Là, c'était ma garde-robe", pointe Mme Perri, en marchant sur un tas de braises.
"Ici, mon entreprise", poursuit-elle, les yeux embués derrière son masque.
"La chambre du bébé était là. La cuisine était là-bas, notre chambre ici. Et ça, c'est le garage", soupire-t-elle. "Enfin, c'était le garage."
La styliste fond en larmes, en serrant son mari dans ses bras.
"Je suis détruite, perdue, dévastée", murmure-t-elle. "Je ne veux pas avoir à dire à mes enfants que leur maison a disparu. C'est tellement tragique."
Mais si les murs ne sont plus là, les moments de bonheur partagés restent gravés dans sa mémoire.
"Je suis heureuse parce que j'ai beaucoup de souvenirs ici, c'était ma première maison", réalise l'Américaine. "J'étais très fière."
J.Oliveira--AMWN