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A Hong Kong, une bourgade frontalière se revitalise grâce au tourisme
Kuk Po, village vieux de trois cent ans, ses manoirs abandonnés et ses champs de roseaux. Dans cette bourgade tout au nord de Hong Kong, qui offre un répit au rythme effréné de l'ancienne colonie britannique, le gouvernement local tente de développer un tourisme durable.
Ce village de bord de mer était habité traditionnellement par les Hakkas, un peuple venu du sud de la Chine, avant d'être progressivement abandonné pendant les dernières décennies, au moment où des gratte-ciel étincelants sortaient de terre dans la ville toute proche de Shenzhen, de l'autre côté de la frontière chinoise.
Mais aujourd'hui, le gouvernement local de Hong Kong encourage les visiteurs à sortir des sentiers battus en assouplissant les restrictions d'entrée pour le quartier de Sha Tau Kok, tout au nord, espérant rendre la venue à Kuk Po, accessible en hors-bord, plus aisé.
Lors d'un weekend de janvier, les touristes abondent autour des sites pittoresques du village, entouré de trois côtés par des vallées.
"Quand on parle de Hong Kong, on évoque des gratte-ciel, le côté citadin, le hub financier", déclare Kevin Choy, un étudiant en échange venu de Singapour à l'AFP.
"Il est très rare que l'on parle de la campagne (...) je n'ai jamais pensé à cet aspect de Hong Kong".
Lilian Lee, dont la famille est originaire de Kuk Po, raconte que ses parents y sont retournés pendant la pandémie de Covid pour profiter des charmes d'une vie de village.
En 2022, elle a commencé à accueillir des visiteurs dans la maison familiale de deux étages, construite il y a presque un siècle.
"Le monde extérieur est vraiment stressant et chaotique, mais ici, on peut se détendre", déclare la jeune femme de 30 ans à l'AFP.
"C'est un bel environnement qui devrait être chéri, notre famille voudrait partager cet endroit avec plus de gens".
Les Hakkas, dont le nom signifie "invités", ont transformé Kuk Po en ville marchande, avant de voir leur nombre diminuer après l'urbanisation de Hong Kong dans les années 1960.
"Quand le public s'intéresse,cela créé un cercle vertueux pour restaurer des maisons et des monuments et pour raviver les cultures", explique Paul Chan, un organisateur de voyage.
Kuk Po fait partie des communes rurales répertoriées dans un projet de politique touristique le mois dernier.
Cependant, malgré l'intérêt grandissant pour Kuk Po, Lilian Lee explique qu'il est difficile financer les efforts de revitalisation, à savoir des visites, des dégustations et des ateliers.
Elle espère que la ville investira davantage dans un tourisme durable. "Il y a beaucoup de villages à Hong Kong dont le passé a disparu", regrette-t-elle.
"J'aimerais que le village ne devienne pas une simple attraction touristique, mais qu'on puisse y apprendre sur sa culture et son histoire".
C.Garcia--AMWN