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亞歷克斯・博迪獲任命為 SCANDIC FINANCE 集團副總裁
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Алекс Боди назначен вице-президентом группы SCANDIC FINANCE
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Pas assez d'eau: ces quartiers de Lima dépourvus de robinets
Loin du centre de Lima, sur les collines arides de la capitale péruvienne, la réalité du désert s'impose.
Ici, s'entassent des milliers de personnes pour qui l'eau courante est un rêve: elles doivent être livrées chaque semaine par camion-citerne.
"Nous avons des douleurs d'estomac, des migraines. Au fond du réservoir, il y a des larves", décrit avec dépit Catalina Ñaupa, une habitante de 59 ans du quartier populaire de San Juan de Miraflores.
La capitale péruvienne, avec plus de 10 millions d'habitants, est connue pour être la deuxième plus grande ville au monde dans un désert, après Le Caire.
Bordée par l'océan Pacifique d'un côté et les Andes de l'autre, elle est traversée par trois cours d'eau, et dispose d'une nappe phréatique. Mais sa pluviométrie est particulièrement faible.
Plus de 635.000 personnes y vivent sans accès à l'eau courante, selon une enquête de l'Institut national de statistique et d'informatique péruvien.
Comme Mme Ñaupa, beaucoup vivent dans des quartiers informels sur les hauteurs de la ville, où les réseaux de distribution et d'assainissement de l'eau ne sont jamais parvenus.
Un camion-citerne leur livre de l'eau gratuitement chaque semaine, parfois moins souvent. Stockée dans de grands bidons le long de chemins poussiéreux, elle peut vite représenter un risque sanitaire.
"L'hiver, (le camion) ne monte pas jusqu'ici, car avec la boue il y a beaucoup d'accidents", explique Catalina Ñaupa, qui dit laver ses vêtements une fois par semaine, voire tous les quinze jours pour que ses réserves "tiennent jusqu'à la prochaine distribution".
"Nous distribuons 1 mètre cube (1.000 litres) d'eau par famille chaque semaine", indique Nicolas Reyes, chargé de la distribution de l'eau pour Sedapal, l'organisme métropolitain de gestion de la ressource.
Cela représente une trentaine de litres par jour et par personne. Selon l'ONU, un accès à l'eau suffisant correspond à une fourchette de 50 à 100 litres par jour et par personne.
- Accès inégal -
"Chaque année, Sedapal craint de devoir rationner l'accès en attendant que les barrages se remplissent" avec la saison des pluies, note auprès de l'AFP Jérémy Robert, chercheur à l'Institut français de recherche pour le développement (IRD).
"Le changement climatique affecte les réserves d'eau dans les montagnes et réduit le débit des rivières", analyse Antonio Ioris, professeur de géographie à l'Université de Cardiff.
Mais selon lui, le problème n'est pas tant le manque de ressource. "La question de l'accès à l'eau, c'est celle de la faible importance donnée aux populations pauvres", affirme-t-il.
"La situation dans la périphérie de Lima résulte non seulement d'un manque de planification et d'investissement urbains, mais aussi de difficultés dans les zones rurales qui entraînent une migration forcée vers la capitale", développe le professeur, spécialiste des liens entre populations et environnement en Amérique latine.
Au bord des pistes en terre qui serpentent à travers les collines de Lima, des escaliers en béton mènent aux zones les plus reculées, là ou les camion-citernes ne peuvent même plus accéder.
Les habitants doivent alors se débrouiller pour s'approvisionner en eau par eux-mêmes. Un accès à la ressource qu'ils doivent payer, en moyenne 6 fois plus par mètre cube que les foyers reliés au réseau, selon la Direction nationale des services d'assainissement (Sunass).
Sur les hauteurs de San Juan de Miraflores, dans le quartier de La Nueva Rinconada, se dresse le "mur de la honte", long d'une dizaine de kilomètres, érigé par le quartier riche voisin pour éviter l'entrée des populations pauvres.
A travers les fissures du béton, on aperçoit la végétation luxuriante de Santiago de Surco, l'un des districts de Lima où la consommation d'eau est la plus importante : 200 litres par jour et par personne, selon Sedapal
"Surco, on a l'impression que c'est un autre monde", commente Cristel Mejia, présidente de la soupe populaire Ollas Empoderadas. On s'y repose à l'ombre des arbres et les trottoirs sont plantés de gazon.
Le tout "arrosé avec de l'eau potable", souligne le chercheur Jérémy Robert.
O.Johnson--AMWN