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亞歷克斯・博迪獲任命為 SCANDIC FINANCE 集團副總裁
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Алекс Боди назначен вице-президентом группы SCANDIC FINANCE
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Climat: dans le nord, une mine urbaine de recyclage de cuivre monte en puissance
De loin, les montagnes de câbles enchevêtrés ressemblent presque aux terrils du nord de la France, tout proches. On est bien dans un pays minier, mais une "mine urbaine".
Ici, pas de charbon, on extrait le cuivre récupéré dans des kilomètres de vieux câbles électriques collectés un peu partout en France.
A Noyelles-Godault, dans le Pas-de-Calais, 36.000 tonnes de câbles, issus de démolitions de bâtiments, de chutes d'usinage, ou du réseau téléphonique d'Orange ont été recyclés l'an dernier sur le site Recycâbles, coentreprise créée en 2008 par les groupes Suez et Nexans.
Après découpage, concassage, broyage en morceaux de plus en plus petits au fil des bruyantes étapes du parcours de recyclage, des grenailles de métal rougeoyant tombent et s'accumulent dans de grands bacs. Il est d'une pureté "quasiment" aussi élevée que s'il était extrait d'une vraie mine, selon Christophe François, directeur d'exploitation du site.
"Le principe, c'est celui d'une mine urbaine, on va rechercher la richesse là où elle a déjà été utilisée pour la mettre dans un principe d'économie circulaire. Et l'objectif, c'est toujours de récupérer quasiment 100% de la matière cuivre ou aluminium et de valoriser aussi les plastiques qui sont issus de cette opération" explique-t-il.
L'an passé, 18.000 tonnes de cuivre ou d'aluminium sous forme de grenailles, et 13.000 tonnes de copeaux de plastique qui vont refabriquer notamment des dalles de parking, ont été récupérés.
Un pactole à l'heure de l'électrification du monde. Le métal rouge est stratégique tout simplement parce qu'il a la capacité de conduire l'électricité, ce qui le rend incontournable pour les véhicules électriques ou pour raccorder les champs éoliens au réseau.
Or, la planète n'a pas assez de cuivre vierge. L'agence internationale de l'énergie (AIE) a prévenu en 2024 d'une potentielle tension mondiale, voire de risques de pénurie.
- Flambée de la tonne -
"Aujourd'hui la consommation mondiale de cuivre est supérieure à la capacité de production primaire de cuivre", résume Xavier Mathieu, vice-président métallurgie chez le 2e câblier mondial, Nexans. Et le coût d'une tonne de cuivre, qui a tutoyé les 10.000 dollars la tonne en 2021, "ne descend plus au dessous de 7.500 dollars", alors qu'il ne valait guère plus de 1.500 dollars il y a deux décennies.
Le recyclage, promu d'abord pour réduire les émissions de CO2 du secteur minier, revêt aussi un attrait économique certain pour les opérateurs comme Nexans qui a décidé d'augmenter la capacité de production de sa fonderie de cuivre de Lens, la dernière qui existe en France, tout près de Noyelles-Godault.
La nouvelle fonderie en construction, un investissement de 90 millions d'euros annoncé en octobre, devrait recycler jusqu'à 80.000 tonnes de cuivre par an.
Nexans prévoit ainsi d'augmenter de plus de 50% sa production et de parvenir à 30% de cuivre recyclé dans ses câbles d'ici 2030. Le tout grâce à un système d'économie circulaire: avec de nouveaux équipements d'affinage du métal, elle pourra désormais intégrer les granules de Noyelles-Godault.
Actuellement, "les grenailles, des petites billes oblongues, sont trop petites et fondent littéralement dans nos fours" à haute température, explique M. Mathieu.
Les grenailles de Noyelles-Godault sont donc quasiment toutes exportées, alors que l'usine voisine de Nexans importe du cuivre recyclé et affiné pour ses câbles.
Selon un rapport du cabinet Olivier Wyman publié en novembre, le manque d'investissement dans la boucle complète du recyclage du métal est général en France, le pays ne recyclant qu'une toute petite partie de sa collecte de métal usagé. Sur 218.000 tonnes de déchets de cuivre récupérés, seulement 66.000 sont recyclées dans l'hexagone, alors que le pays en consomme 257.000 par an. Et 206.000 tonnes sont exportées.
La matière première made in France est plus que bienvenue à l'heure où entre 35% et 70% des capacités mondiales de raffinage des métaux sont entre les mains de la Chine, selon le rapport de l'ancien président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi.
Et Nexans en a besoin. Mardi, le groupe a annoncé un accord portant sur un milliard d'euros: il va fournir 450 kilomètres de câbles sous-marins haute tension pour raccorder les champ éoliens au large de la Normandie et d'Oléron, qui doivent être mis en service en 2031 et 2032.
Y.Nakamura--AMWN