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Un chêne vieux de 340 ans abattu dans la Sarthe
Encore "droit comme un i" mais mort depuis l'été dernier selon l'ONF, un chêne d'exception vieux de 340 ans a été abattu vendredi pour raisons de sécurité dans la forêt domaniale de Bercé (Sarthe), a constaté un journaliste de l'AFP.
Ce géant de 46 mètres de haut, pour un diamètre de 105 cm à la base, va être mis en vente par l'Office national des forêts (ONF) pour poursuivre une seconde vie comme bois de charpente ou dans la tonnellerie.
"Ce n'est pas parce qu'on a coupé l'arbre que l'histoire s'arrête là", estime Anthony Jeanneau, technicien forestier à l'ONF, qui veille depuis une vingtaine d'années sur l'exceptionnelle fûtaie des Clos où se dressent ces chênes tricentenaires.
Baptisé "Chêne Potel", l'arbre abattu vendredi est "directement issu de l'héritage de Colbert" et "ce sont plusieurs dizaines de générations de forestiers qui ont permis de le façonner", souligne Anthony Jeanneau.
Ministre de la Marine de Louis XIV, Jean-Baptiste Colbert a initié en 1669 la plantation de chênaies en France afin de produire du bois pour la construction navale.
L'ONF était obligé d'abattre l'arbre mort pour "des questions de sécurité" car un sentier accueille du public dans la fûtaie des Clos. "Toutes ses branches étaient mortes, elles auraient fini par casser", assure le technicien à l'AFP.
Après avoir été débarrassé de ses branches, le chêne a été abattu à l'aide d'une tronçonneuse et d'un coin, pour orienter sa chute de manière à ce qu'il n'endommage pas ses voisins et que son bois reste intact.
"C'est un monument de la nature (...) Le plus bel hommage qu'on puisse lui rendre, c'est de lui trouver un destin aussi exceptionnel qu'a été sa vie", déclare Bruno Cochet, responsable du service bois de l'ONF pour les régions Bretagne et Pays-de-la-Loire.
La grume (tronc de l'arbre abattu) de 28 m fera l'objet d'une annonce au niveau national pour dire qu'elle est disponible, "par exemple, pour des pièces de charpente exceptionnelles comme nous avons pu en fournir pour la restauration de la cathédrale Notre-Dame".
La valeur des 15 m3 de bois "se chiffre en milliers d'euros", précise M. Cochet.
Selon l'ONF, la mortalité des arbres a doublé en l'espace de dix ans, en partie à cause des crises sanitaires liées aux conditions climatiques, les sécheresses et températures élevées étant également propices aux insectes xylophages.
Sur la période 2014-2022, cette mortalité s'élevait en moyenne à 15,2 millions de m3 par an, contre 7,4 millions de 2005 à 2013.
D.Cunningha--AMWN