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Eric Ciotti, Bruno Retailleau, Aurélien Pradié, trois ambitions pour la droite
Eric Ciotti, Bruno Retailleau et Aurélien Pradié s'affronteront ce week-end au premier tour de l'élection pour la tête des Républicains, avec chacun leur nuance de droite.
ERIC CIOTTI
Le député des Alpes-Maritimes, 57 ans, finaliste de la primaire de LR pour la présidentielle, a été le premier à se lancer le 26 juillet.
Sous le slogan "La droite au cœur", le patron de la fédération des Alpes-Maritimes représente une ligne sécuritaire et identitaire, avec pour boussole les thèmes d'ordre, d'autorité et de liberté.
Vantant sa fidélité au RPR puis à LR, il promet "une thérapie de choc" pour une droite qui "s'assume" et "ne cède pas au politiquement correct". "Il faut moins d'insécurité, moins d'immigration et moins d'impôts", répète-t-il.
Il plaide ainsi pour un "choc fiscal" allant vers un taux unique d'imposition sur le revenu ("flat tax") et des "économies sur l’État social".
Son langage musclé plaît à la droite du Sud-Est mais inquiète parmi les élus LR, qui redoutent que son arrivée ne fasse fuir les modérés.
Il peut se prévaloir du soutien du très populaire Laurent Wauquiez, qu'il compte désigner candidat à la présidentielle de 2027, et se dit "serein" face à l'enquête du Parquet national financier ouverte sur des emplois de son ex-épouse.
BRUNO RETAILLEAU
Patron des sénateurs LR, le Vendéen de 62 ans représente l'aile conservatrice et libérale de LR dans cette élection.
Fort de son expérience du compromis au Sénat où il préside le groupe LR, il s'est lancé dans l'idée de rassembler, et il a engrangé les soutiens, de Gérard Larcher à François Fillon en passant par François-Xavier Bellamy qui fait partie de sa garde rapprochée.
Le sénateur de Vendée, issu du Mouvement pour la France de Philippe de Villiers, plaide également pour "plus de sécurité, moins d'impôts et d'immigration". Il faut un report de l'âge de départ à la retraite à 64 ans, selon lui.
Vilipendant "la peur du politiquement correct et de la bien-pensance", il vante la "souveraineté populaire" et a beaucoup mis l'accent sur le régalien dans sa campagne, notamment l'immigration qui "n'est pas une chance pour la France".
"Il faut que demain la droite incarne une espérance française" pour "répondre à l'angoisse du grand déclassement", assure le sénateur qui compte "porter un projet de civilisation".
Il répète que "la marque LR est morte" et, assumant la rupture avec Nicolas Sarkozy, promet un "inventaire" de LR pour "tout changer", afin de "redonner le parti aux militants".
AURELIEN PRADIE
Le secrétaire général des Républicains fait figure de challenger.
Héraut de la "droite sociale" et "populaire", engagé sur les questions de handicap et de violences faites aux femmes, le député du Lot est parfois jugé trop à gauche dans son propre camp. Sa parole acérée lui a aussi créé des inimitiés, qu'il s'est efforcé de gommer dans sa campagne.
A 36 ans, il a le soutien de plusieurs députés représentant la "jeune garde" de LR (Julien Dive, Pierre-Henri Dumont...) très engagés à ses côtés. Il est par ailleurs réputé proche de Xavier Bertrand.
Celui qui veut "tout changer: le nom, le siège, notre organisation, notre message" - et qui s'est également opposé à Nicolas Sarkozy - promet d'être un "mécanicien" pour "rebâtir cette grande maison", sans ambition personnelle pour la présidentielle de 2027.
Il s'est aussi efforcé d'élargir son message: sur l'immigration, il propose que les titres de séjour soient "probatoires", alors que sur les retraites, il plaide pour une réforme via le nombre d'annuités davantage que le recul de l'âge de départ.
M.A.Colin--AMWN