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Entre ballon chinois et mauvais sondages, Biden va chercher mardi un nouveau souffle devant le Congrès
Envasé dans les sondages, encombré par son âge, secoué par l'affaire du ballon chinois, Joe Biden essaiera mardi, dans son "discours sur l'état de l'Union", de dire aux Américains qu'il reste, malgré tout, leur meilleure option.
Pour le président démocrate de 80 ans, qui n'a jusqu'ici pas officialisé sa candidature à l'élection de 2024, ce grand discours de politique générale devant le Congrès permettra d'exposer ce que seront, certainement, ses thèmes de campagne.
Joe Biden, président le plus âgé de l'histoire américaine, devra convaincre ses compatriotes qu'il a pourtant besoin de quatre années supplémentaires pour achever ses grands chantiers.
Il a promis de relancer la machine industrielle américaine au profit de la classe moyenne; d'apaiser une Amérique tourmentée; et d'assurer l'autorité des Etats-Unis face à des autocraties toujours plus audacieuses, Chine en tête.
Joe Biden part de loin: selon un sondage du Washington Post et la chaîne ABC, 62% des Américains estiment que le démocrate n'a "pas fait grand-chose" voire "rien fait ou presque" depuis janvier 2021.
- Chemins de fer et insuline -
Voilà qui est particulièrement problématique pour le démocrate: pas franchement charismatique, pas spécialement porté sur les envolées oratoires, le président américain compte avant tout sur son bilan pour créer l'enthousiasme.
Or cette enquête d'opinion - à prendre bien sûr avec des pincettes - montre que les gigantesques investissements et grandes réformes sociales initiées par Joe Biden n'impriment pas auprès de l'électorat, pas plus que la forte croissance ou le faible taux de chômage.
L'exécutif américain ne baisse pas les bras: il a prévu une série de déplacements pour Joe Biden, pour "montrer comment le programme du président crée des emplois, rénove nos infrastructures, baisse le coût de la vie, investit dans notre avenir et donne des résultats pour les ménages trop souvent laissés de côté".
Le pari est le suivant. Puisque Joe Biden ne suscite pas la ferveur, autant en appeler au sens pratique des électeurs.
Il faut donc que le président multiplie les inaugurations de tunnels et de ponts, et sillonne le pays pour parler du coût de l'insuline et des tarifs bancaires - prouvant par là qu'il a bien l'énergie nécessaire pour gouverner tout en faisant campagne.
Le démocrate sait que sa meilleure chance, en 2024 comme déjà en 2020, n'est pas de se présenter comme le candidat du coeur mais comme le choix de la raison face à l'ancien président Donald Trump, déjà en campagne, et à ses partisans les plus radicaux.
- International -
Face à des républicains maîtres de la Chambre des représentants et prêts à toutes les confrontations, Joe Biden devrait se présenter au contraire en président pragmatique, ouvert à un dialogue politique.
Maigre consolation: la candidature du milliardaire républicain n'inspire pas plus d'enthousiasme que la sienne.
Selon le sondage précédemment cité, 62% des Américains seraient "déçus" ou "mécontents" si Joe Biden était réélu en 2024, et 56% le seraient si c'était le cas pour Donald Trump.
Dans son "State of the Union", un discours sur lequel s'acharnent les plumes de la Maison Blanche pendant des semaines, le président balaye traditionnellement tous les sujets de politique intérieure possibles.
Mais cette année, comme déjà en 2022, il y a fort à parier que les périls internationaux y tiendront une grande place.
L'an dernier, Joe Biden s'était adressé au Congrès quelques jours après l'invasion de l'Ukraine, en promettant aux Américains que "tout irait bien".
Cette fois, il pourra se présenter en pilote de la riposte occidentale face à la Russie, alors qu'approche le premier anniversaire de la guerre.
Mais il sera surtout attendu sur la Chine, lui qui a promis de mener avec le géant asiatique une compétition acharnée, mais sans qu'elle ne dégénère en conflit.
L'opposition conservatrice l'accuse d'avoir manqué de fermeté dans l'affaire du ballon chinois abattu au-dessus du territoire américain.
Nikki Haley, ancienne ambassadrice à l'ONU et prête à défier Donald Trump pour l'investiture républicaine en 2024, a déjà asséné sur Twitter que "Biden laisse la Chine nous marcher dessus. Il est temps que l'Amérique soit forte à nouveau".
P.Costa--AMWN