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Deux Américains morts sur les quatre enlevés au Mexique : la piste du "malentendu" des ravisseurs
Deux Américains retrouvés morts mardi, sur les quatre enlevés par des hommes armés vendredi dans le nord-est du Mexique, à la frontière avec les Etats-Unis, le seraient à cause d'un "malentendu" des ravisseurs, ont indiqué les autorités mexicaines.
"La théorie selon laquelle il s'agit d'un malentendu et non d'une agression délibérée se renforce", a déclaré Irving Barrios, procureur de l'Etat de Tamaulipas, dans le nord-est du Mexique, lors d'une conférence de presse.
Bien que d'autres hypothèses sur les causes de l'enlèvement ne soient pas exclues, la piste du malentendu est considérée comme "la plus solide" et "certainement la plus juste", a-t-il ajouté.
Les quatre Américains avaient traversé la frontière au volant d'un minivan blanc immatriculé en Caroline du Nord avant d'être visés par des tirs puis enlevés par des hommes armés dans la ville frontière de Matamoros, avait indiqué lundi le FBI.
Plus tôt dans la journée mardi, Americo Villarreal, le gouverneur de l'Etat de Tamaulipas, un des plus dangereux du pays, avait annoncé que "sur les quatre" citoyens américains enlevés, "deux sont morts". Les autorités mexicaines avaient également affirmé lundi qu'une femme mexicaine avait perdu la vie dans l'échange de coups de feu.
Sans préciser les circonstances de la découverte des otages, qui a eu lieu dans une zone de la périphérie de Matamoros, selon un correspondant de l'AFP, il a ensuite précisé que parmi les deux personnes retrouvées vivantes, un homme était blessé par balles à une jambe et une femme était indemne. Les médias américains les ont identifiés comme étant Latavia Washington McGee et Eric James Williams.
Ils ont été remis aux autorités américaines à l'un des ponts frontaliers entre Matamoros et la ville voisine de Brownsville. Un convoi d'une vingtaine de véhicules, dont des ambulances, a été vu se rendant du bureau du procureur à la frontière entre les deux pays.
Les corps des deux personnes décédées, dont l'identité n'a pas été révélée, devraient être rapatriés "dans les prochaines heures", une fois conclus les rapports d'autopsie, a ajouté M. Villarreal.
Aucune indication sur une éventuelle identification des ravisseurs n'a été donnée. Le FBI avait offert une récompense de 50.000 dollars pour toute aide contribuant à la libération des otages et à l'arrestation des suspects.
- "Que justice soit faite" -
Les autorités américaines ont indiqué qu'elles allaient "travailler étroitement avec le gouvernement mexicain pour s'assurer que justice soit faite", selon John Kirby, porte-parole de la Maison Blanche pour les questions de sécurité nationale. Les attaques contre des citoyens américains sont "inacceptables", a-t-il assuré, en transmettant ses "plus sincères condoléances" aux proches des deux personnes tuées.
Selon le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador, les victimes se seraient rendues au Mexique pour acheter des médicaments.
"Nous sommes désolés que cela se produise dans notre pays et nous adressons nos condoléances aux familles des victimes, à leurs amis, au peuple des Etats-Unis, au gouvernement des Etats-Unis", a-t-il déclaré après la confirmation des décès.
"Nous travaillons tous les jours pour garantir la paix, la tranquillité, et nous allons continuer à travailler encore" comme cela, a ajouté M. Lopez Obrador. Lundi, il avait reçu l'ambassadeur des Etats-Unis au Mexique, Ken Salazar, pour s'entretenir sur l'affaire en cours.
Ce dernier a rappelé dans un communiqué que ces enlèvements "sont un rappel tragique" de la nécessité que les deux pays "renforcent leur lutte contre les organisations criminelles" à la frontière.
Matamoros est en proie à des violences liées au trafic de drogue et au crime organisé, et les routes de la région de Tamaulipas sont considérées comme les plus dangereuses du Mexique en raison des risques d'enlèvement et d'extorsion par des groupes criminels.
Le département d'Etat américain déconseille ainsi les voyages dans la région. "Les groupes criminels ciblent les autobus publics et privés, ainsi que les voitures privées qui traversent le Tamaulipas, prenant souvent des passagers en otages et exigeant des rançons", selon un avis aux voyageurs.
Le porte-parole du département d'Etat américain, Ned Price, a rappelé lundi aux citoyens américains que l'avis pour le Tamaulipas restait en vigueur. "N'y allez pas. Nous encourageons les Américains à suivre ce conseil", a-t-il dit.
Des milliers de personnes ont disparu et quelque 350.000 homicides ont eu lieu au Mexique depuis le déploiement en 2006 d'une vaste offensive antidrogue soutenue par les Etats-Unis.
M.A.Colin--AMWN