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Sénégal: l'opposant Sonko bloqué chez lui, tirs de lacrymogènes sur des députés
Les forces de l'ordre sénégalaises ont tiré des lacrymogènes mercredi à Dakar sur le maire de Dakar et des députés qui tentaient de se rendre chez l'opposant Ousmane Sonko, bloqué chez lui par les policiers dans un contexte de tensions politiques croissantes, a constaté un journaliste de l'AFP.
Les autorités ont aussi interdit une manifestation censée mobiliser les supporteurs de M. Sonko à Dakar, à la veille d'un procès dont pourrait dépendre sa candidature à la présidentielle dans un an.
Les forces de l'ordre ont dressé des barrages dans les rues menant au domicile de M. Sonko. Un cordon de policiers en tenue anti-émeutes a interdit le passage au véhicule de M. Sonko au bout de sa rue à la sortie de chez lui dans la capitale, ont montré des images diffusées en direct sur les réseaux sociaux. Après un bref échange, M. Sonko est rentré chez lui.
Son allié le maire de Dakar Guy Marius Sagna et d'autres députés ont essayé de lui rendre visite. A leur approche dans le quartier de Keur Gorgui, les forces de l'ordre ont tiré de nombreux lacrymogènes sur les élus ceints de leur écharpe, ainsi que sur les journalistes qui les accompagnaient.
Le maire a été touché à la cuisse droite et des images publiées ensuite sur les réseaux sociaux le montrent allongé dans une clinique, s'exprimant sur les évènements après avoir reçu des soins.
Le procès de M. Sonko jeudi s'annonce comme un rendez-vous à risques.
M. Sonko "ne peut plus sortir de chez lui depuis hier soir. Il doit se rendre à des marches, à Guédiawaye par exemple, et il ne peut pas y aller. On ne sait pas pourquoi, il n'y a pas de décision de justice l'assignant à résidence", a dit à l'AFP Ousseynou Ly, porte-parole du Pastef, le parti de M. Sonko.
Le préfet de Dakar Mor Talla Tine a par ailleurs interdit par arrêté une manifestation prévue mercredi après-midi. Il invoque des "menaces réelles à l'ordre public" et l'existence d'un chantier sur l'itinéraire choisi.
L'opposition a appelé à des manifestations sur tout le territoire ce mercredi pour dénoncer "l'instrumentalisation" de la justice et les arrestations "arbitraires", selon les organisateurs.
Des rassemblements sont autorisés en dehors de Dakar.
Un meeting autour de M. Sonko avait été autorisé mardi dans la capitale. Devant des milliers de personnes, il a dit être "prêt à (se) battre". "Le 14, le 15 et le 16 (mars), autorisation ou pas, nous ferons face (au président) Macky Sall, à sa police et sa gendarmerie", a-t-il déclaré.
M. Sonko doit comparaître jeudi pour diffamation contre un ministre. Ce dossier judiciaire et un autre pour viols présumés font peser une hypothèque sur sa candidature à la présidentielle et sont sources de tensions depuis deux ans. M. Sonko crie au complot ourdi par le pouvoir pour l'éliminer politiquement.
Outre les préoccupations socio-économiques, le doute que le président Macky Sall entretient sur son intention de briguer ou non un troisième mandat contribue aussi à dresser les camps adverses les uns contre les autres.
Y.Nakamura--AMWN