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Ukraine: six morts dans des frappes russes sur Krivyï Rig
Des frappes russes sur la ville industrielle de Kryvyï Rig, dans le centre de l'Ukraine, ont fait au moins six morts mardi avant l'aube, la Russie poursuivant sa tactique, de bombardements nocturnes.
Kiev de son côté a indiqué lundi soir que son offensive dans le Sud et l'Est pour libérer des territoires occupés par la Russie était "difficile" mais progressait avec la reprise d'une poignée de villages dans le Sud du pays.
Moscou, qui dit depuis des jours repousser des attaques ukrainiennes, a revendiqué pour la première fois mardi la prise de chars allemands Leopard et de blindés américains Bradley, des véhicules donnés par les Occidentaux pour que Kiev puisse mener sa vaste contre-offensive.
A Kryvyï Rig, ville de naissance du président ukrainien Volodymyr Zelensky située dans la région de Dnipropetrovsk, une "attaque massive de missiles" a touché plusieurs endroits de la cité et notamment un immeuble résidentiel, selon les autorités locales.
"Un immeuble de cinq niveaux a été endommagé", a rapporté l'administration régionale de Dnipropetrovsk sur Telegram.
Le bilan de ces frappes étaient de six morts dans la ville, avec au moins quatre tués dans l'immeuble en question et deux sur un autre site civil.
Les services d'urgence et les autorités régionales n'étaient pas dans l'immédiat en mesure de donner un bilan détaillé des morts, des blessés et des disparus.
A Kiev, l'administration militaire a également rapporté des frappes nocturnes de "missiles de croisière", tout en assurant que "toutes les cibles ennemies dans l'espace aérien autour de Kiev ont été détectées et détruites avec succès".
De son côté, le maire de Kharkiv (Nord-Est), Igor Terekhov, a annoncé que des drones avaient été lancés "contre des infrastructures civiles" et que les locaux d'une société et un hangar y ont été endommagés.
- "Sept villages libérés" -
Lundi soir, le président Zelensky a assuré que l'offensive en cours contre les troupes russes était "difficile" mais "progressait".
"Les combats sont difficiles, mais nous progressons, et c'est très important", a-t-il déclaré dans son adresse quotidienne, assurant que "les pertes ennemies sont exactement au niveau dont nous avons besoin".
"La météo n'est pas favorable --la pluie rend notre tâche plus difficile-- mais la force de nos soldats donne de bons résultats", a-t-il ajouté, en saluant le retour du drapeau ukrainien dans des "territoires nouvellement libérés".
Les autorités ukrainiennes ont dit lundi soir avoir repris sept villages dans le Sud et l'Est du pays après plus d'une semaine de combats.
Plusieurs localités ont notamment été reprises dans la région de Zaporijjia (Sud), a précisé la vice-ministre de la Défense Ganna Maliar sur Telegram, en évaluant à 90 km2 la superficie du territoire repris par les Ukrainiens.
Le ministère de la Défense a également affirmé lundi avoir "avancé de 250 à 700 mètres" autour de la ville dévastée de Bakhmout (Est), dont la capture a été revendiquée en mai par la Russie.
Moscou a pour sa part affirmé avoir repoussé les attaques ukrainiennes dans la région de Donetsk (Est), près de Velyka Novossilka ainsi que près du village de Levadné, proche de Zaporijjia.
Ces affirmations de Moscou et de Kiev n'ont pas pu être vérifiées de manière indépendante.
- Centrale fragilisée -
Selon des analystes militaires, l'Ukraine n'a pas encore lancé le gros de ses forces dans sa grande contre-offensive et ses gains se trouvent encore à plusieurs dizaines de kilomètres des principales lignes de défense russes.
Actuellement, ces opérations semblent se concentrer sur trois axes principaux : Bakhmout à l'Est, dans la zone de Voulegdar (Sud-Est) et dans celle de Orikhiv (Sud)
La contre-offensive ukrainienne va durer "plusieurs semaines, voire mois", a déclaré lundi le président français Emmanuel Macron, en souhaitant qu'elle soit "la plus victorieuse possible pour pouvoir ensuite déclencher une phase de négociation dans de bonnes conditions".
Par ailleurs, le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi était à Kiev mardi et doit aller inspecter, peut-être mercredi, la centrale ukrainienne de Zaporijjia, occupée par la Russie, pour voir notamment si celle-ci a été mise en danger par la destruction d'un barrage sur le fleuve Dniepr.
Depuis le début de l'invasion, M. Grossi ne cesse de mettre en garde contre le risque d'un accident nucléaire sur ce site du Sud-Est de l'Ukraine où il s'est déjà rendu à deux reprises.
La destruction du barrage de Kakhovka dont l'eau est utilisée pour refroidir les six réacteurs n'a eu aucun effet sur le refroidissement de la centrale, selon les autorités russes et ukrainiennes. Mais ailleurs dans le Sud elle a provoqué de graves inondations, faisant 17 morts en zone occupée par la Russie et dix en zone sous contrôle ukrainien.
L'Ukraine accuse Moscou d'avoir démoli l'ouvrage pour gêner sa contre-offensive. La Russie dément et accuse Kiev en retour.
P.Santos--AMWN