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A Vilnius, le G7 promet des engagements sur le long terme pour Kiev
Les membres du G7 présentent mercredi un plan d'engagements à long terme pour la sécurité de l'Ukraine, au deuxième jour d'un sommet de l'Otan qui a déçu les espoirs de l'Ukraine d'obtenir un calendrier précis d'adhésion à l'Alliance.
"Nous allons discuter et nous allons nous battre pour ces garanties de sécurité pour l'Ukraine", a lancé le président ukrainien Volodymyr Zelensky à son arrivée, après avoir vertement reproché la veille aux dirigeants de l'Otan leurs atermoiements qui encouragent Moscou à continuer à semer "la terreur" dans son pays.
Le chef d'Etat ukrainien doit s'entretenir en tête-à-tête avec plusieurs dirigeants dont le président américain Joe Biden, qui plaide pour un modèle similaire à celui conclu avec Israël, en vertu duquel Washington s'est engagé à fournir à une aide militaire substantielle dans la durée.
L'objectif est d'afficher un soutien à Kiev afin de l'aider à combattre la Russie et à contrer de futures agressions.
L'Ukraine a affirmé mercredi avoir abattu 11 drones russes lancés contre Kiev et ses environs lors d'une deuxième nuit consécutive d'attaques.
"La déclaration multilatérale va envoyer un signal fort à la Russie: le temps ne joue pas en sa faveur", a souligné Amanda Sloat, conseillère de la Maison Blanche pour les Affaires européennes, à quelques heures de cette annonce avec des autres dirigeants du G7 - Royaume-Uni, France, Canada, Allemagne, Italie, Japon.
Selon le Premier ministre britannique, Rishi Sunak, le texte commun réaffirmera l'engagement des occidentaux "à veiller à ce que l'Ukraine ne soit plus jamais vulnérable au type d'agression que celle commise par la Russie".
Concrètement, il constituera un cadre pour la conclusion ultérieure d'accords bilatéraux entre ces pays et Kiev, détaillant les armes qu'ils fourniront.
Les bailleurs de fonds occidentaux ont déjà envoyé des armes d'une valeur de plusieurs dizaines de milliards d'euros à l'Ukraine pour l'aider à lutter contre l'invasion russe.
Mardi, l'Allemagne a déclaré qu'elle fournirait davantage de chars, de missiles de défense Patriot et de véhicules blindés, pour une valeur de 700 millions d'euros supplémentaires.
La France a annoncé l'envoi en Ukraine de missiles à longue portée Scalp, et une coalition de 11 nations a indiqué qu'elle commencerait à former les pilotes ukrainiens sur des avions F-16 à partir du mois prochain.
Mais ces promesses, quoique nécessaires aux troupes ukrainiennes, ne répondent pas aux aspirations de M. Zelensky, qui souhaitait placer Kiev sous le parapluie de la défense collective de l'Otan.
- "De la frustration" -
Les dirigeants des pays membres de cette alliance militaire ont promis, au premier jour de leur sommet, que "l'avenir de l'Ukraine" était "dans l'Otan", et raccourci le processus que Kiev devrait suivre pour rejoindre l'organisation.
"Nous serons en mesure d'adresser à l'Ukraine une invitation à rejoindre l'Alliance lorsque les Alliés l'auront décidé et que les conditions seront réunies", indique le communiqué final.
Une déclaration qui ne va pas beaucoup plus loin que l'engagement formulé en 2008 au sujet d'une future adhésion. Les États-Unis, première puissance militaire, s'inquiètent d'être entraînés dans un possible conflit nucléaire avec la Russie.
"Il y a, bien sûr, de la frustration du côté ukrainien, et c'est compréhensible", a souligné la Première ministre estonienne Kaja Kallas à son arrivée pour le dernier jour du sommet. "L'Ukraine veut bénéficier de la paix que le parapluie de l'Otan offre à notre pays par exemple".
Afin de convaincre M. Zelensky que son pays se rapproche de l'Alliance, une première réunion d'un conseil Ukraine-Otan aura lieu à Vilnius. Ce qui permet au dirigeant ukrainien de s'asseoir autour de la table pour fixer l'ordre du jour des pourparlers avec l'Alliance, même s'il est encore loin d'être membre du club.
Lundi dans la soirée, Joe Biden prononcera un discours à l'université de Vilnius, dans lequel il exposera l'engagement de Washington à défendre chaque centimètre carré du territoire de l'Otan.
Ch.Kahalev--AMWN