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Remaniement: Macron mise sur la "continuité" et "l'efficacité"
"Continuité et efficacité": au lendemain du remaniement, Emmanuel Macron a donné vendredi sa feuille de route à la nouvelle équipe gouvernementale d'Elisabeth Borne en l'axant sur l'ordre, en réponse aux émeutes, et l'immigration.
Le président doit encore s'exprimer devant les Français dans "les prochains jours" pour "revenir sur les 100 jours" et "redresser les perspectives de la rentrée", a précisé l'Elysée, sans plus de précisions sur le calendrier et le format.
Lors d'un rare moment retransmis en direct, à l'ouverture du premier Conseil des ministres de l'équipe remaniée, le chef de l'Etat a, 25 minutes durant, tracé le bilan de l'année écoulée depuis sa réélection et esquissé les priorités de la rentrée.
"Vous avez traversé les budgets, la réforme des retraites, des textes importants en matière d'énergie et d'économie et puis mis en oeuvre la feuille de route des 100 jours", décrétés le 17 avril pour trouver un débouché à la crise des retraites, a-t-il relevé en réaffirmant "avec clarté" sa "confiance" à sa Première ministre.
Il a ainsi voulu éteindre les rumeurs insistantes de tensions avec sa Première ministre, qu'il a maintenue du bout des lèvres lundi dans ses fonctions, avant de batailler avec elle sur le remaniement qu'elle voulait ambitieux.
"C'est pourquoi j'ai choisi la continuité et l'efficacité pour les temps qui viennent", a-t-il souligné, justifiant ainsi en pointillés un remaniement relativement limité, avec huit nouveaux entrants.
Revenant sur les récentes émeutes, consécutives à la mort du jeune Nahel tué par un policier, il a souhaité une "réponse complète et profonde", insistant sur "l'exigence d'ordre", face à un "risque de fragmentation (et) de division profonde de la Nation". "Il y a un besoin d'autorité, de respect et d'espérance légitime", a-t-il martelé.
- "Cap clair" -
M. Macron a plaidé en faveur d'un "cap clair" : "l'indépendance du pays pour pouvoir consolider un modèle plus juste", autour de quatres chantiers, l'ordre républicain, la réindustrialisation et le "plein emploi", les services publics (éducation et santé surtout), et la planification écologique, qui sera présentée à la "fin de l'été".
Parmi les autres grands chantiers de la rentrée, il a énuméré la phase finale de la préparation des JO, "une manière de projeter le pays vers une fierté", et la mise en place d'un "cadre exigeant" pour la mise en "ordre" des finances publiques.
Récusant tout blocage à l'Assemblée - "dans l'année qui vient de s'écouler plus de lois ont été passées qu'il y a 6 ans", assure-t-il - M. Macron reste toutefois en quête de la clé de son équation politique: faute de majorité absolue à l'Assemblée nationale, se profile un automne budgétaire durant lequel les 49.3 se ramasseront à la pelle, avec le risque d'une motion de censure susceptible de renverser le gouvernement.
Auparavant, les huit nouveaux ministres et le grand promu de l'équipe sortante, Gabriel Attal qui, à 34 ans, poursuit une ascension politique spectaculaire en passant du Budget à l'Education, avaient monté le perron de l'Elysée, au terme d'un interminable suspense sur les contours du remaniement.
- "Maladie honteuse" -
Au ministère de la Santé, l'urgentiste François Braun, amer, a assuré que venir de la société civile n'était "pas une maladie honteuse", critiquant "les petites phrases" des "médiocres".
Son successeur, Aurélien Rousseau, ancien directeur du cabinet d'Elisabeth Borne, a dit son "absolue détermination" à entrer "dans le temps des preuves" à la tête de ce "ministère des crises".
Ce haut fonctionnaire, invité-surprise du remaniement, va sortir de l'ombre, un pas depuis longtemps franchi par l qui a, dès jeudi soir, pris le relais de Pap Ndiaye rue de Grenelle, en se fixant comme objectif de "remettre le respect de l'autorité et les savoirs fondamentaux au coeur de l'école", et en insistant sur le "respect de la laïcité".
Olivier Klein, très ému de quitter le ministère de la Ville et du Logement, a affirmé que sa "consolation la plus grande" était qu'il "faut être deux pour me remplacer", son portefeuille étant scindé. "L'enfant des quartiers populaires que je suis marchera dans tes pas", a promis sa successeure à la Ville, Sabrina Agresti-Roubache.
S'adressant aux nouveaux ministres comme le nouveau dépositaire du Budget Thomas Cazenave, ou encore Aurore Bergé, présidente du groupe des députés Renaissance devenue ministre des Solidarités, Emmanuel Macron leur a demandé d'être "exemplaires" et d'agir "toujours avec la plus grande dignité". "Etre ministre ça n'est pas parler dans le poste, c’est mettre en oeuvre des décisions qui correspondent à une stratégie".
M. Macron s'envolera dimanche pour une semaine en Océanie (Nouvelle-Calédonie, Vanuatu, Papouasie-Nouvelle-Guinée) où il tiendra un dernier Conseil des ministres en visio avant la coupure estivale, et un retour de l'exercice programmé au 23 août.
O.M.Souza--AMWN