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Depuis Nouméa, Macron prône "l'ordre" et assure qu'il n'y a "pas de majorité de rechange"
"L'ordre, l'ordre, l'ordre": Emmanuel Macron a martelé sa réponse aux émeutes urbaines lors de son interview sur TF1 et France 2 depuis la Nouvelle-Calédonie, assurant qu'il n'y avait "pas de majorité de rechange" pour mieux défendre le bilan contesté de son gouvernement.
Le chef de l'Etat a atterri en fin d'après-midi (le matin à Paris) à l'aéroport La Tontouta de Nouméa pour débuter une visite au cours de laquelle il doit se pencher sur le casse-tête institutionnel du territoire d'Outre-mer, sur fond de menace de boycott d'une partie du camp indépendantiste.
A son arrivée, il a fait part de sa volonté d'ouvrir "une nouvelle page" sur le statut de l'île, après les trois référendum d'autodétermination qui se sont soldés par un "non" à l'indépendance.
Lors de cet inhabituel entretien accordé aux journaux télévisés de 13h00, en pleines vacances d'été et dix jours après un 14-Juillet sans prise de parole, il a défendu le bilan de cette période.
"Il y a eu parfois des jours avec et il y a eu aussi des jours sans", a relevé Emmanuel Macron en duplex, peu après sa descente d'avion après quelque 24 heures de vol et à 16.000 km de la capitale. Mais "le gouvernement a avancé, décidé, fait passer des textes, été efficace, ce qui justifie ce choix de confiance pour Madame la Première ministre".
Il a aussi félicité son ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, pour sa gestion des récentes émeutes, alors que la Macronie avait bruissé de spéculations sur la possibilité de le voir prendre la tête du gouvernement.
Celui qui avait demandé en mars à Elisabeth Borne d'élargir sa majorité relative, aux mêmes JT de 13h00 après l'adoption de sa réforme contestée des retraites, a minimisé l'échec de la cheffe du gouvernement.
"Il n'y a pas de majorité de rechange" à l'Assemblée nationale, a-t-il estimé, assurant ne pas croire "aux coalitions" de gouvernement "formelles".
Pour l'adoption de la prochaine réforme la plus épineuse, celle sur l'immigration, il a dit avoir "bon espoir" que "les oppositions républicaines" puissent "aider à bâtir un texte". Mais, au nom de "l'efficacité", il a suggéré qu'il n’exclurait pas un recours à l'article 49.3 de la Constitution pour le faire adopter sans vote, comme la retraite à 64 ans.
Revenant sur les émeutes, d'une violence inédite, après la mort du jeune Nahel tué par un policier lors d'un contrôle routier, le chef de l'Etat a martelé: "L'ordre, l'ordre, l'ordre". Et le "retour de l'autorité à chaque niveau", a-t-il ajouté, expliquant vouloir ouvrir le chantier de "l'autorité parentale".
Il a aussi épinglé le rôle des "réseaux sociaux", plaidant pour "un ordre public numérique qui permette de prévenir ces débordements".
Au moment où la polémique enfle au sujet des propos du directeur général de la police nationale, Frédéric Veaux, qui a affirmé qu'un policier n'avait "pas sa place en prison" avant son éventuel procès, M. Macron a tenté de trouver une position d'équilibre.
"Je comprends l'émotion (...) chez nos policiers", confrontés à la violence lors des émeutes, a dit le président. Mais "nul en République" n'est "au-dessus de la loi", a-t-il prévenu.
Très attendu sur les réformes concernant l'école, désormais sous la houlette du nouveau ministre Gabriel Attal, le chef de l'Etat a réitéré la promesse d'avoir "un professeur devant chaque classe" à la rentrée.
Au-delà, sans faire d'annonce nouvelle, M. Macron a réaffirmé son "cap": "L'indépendance et la justice", "pour financer un modèle social juste".
Autant de mots d'ordre également déclinés par Mme Borne qui a réuni ce lundi à Matignon l'essentiel de sa nouvelle équipe ministérielle, promettant de tirer "tous les enseignements des violences urbaines".
Les déclarations du chef de l'Etat n'ont pas manqué de faire réagir les oppositions.
"Les mots n'impriment plus face à la gravité de la situation. Ils sont inutiles. Les Français exigent des actes. Aux actes !", a lancé le président des LR, Eric Ciotti.
"Restons en à +Liberté Egalité Fraternité+. Merci", a tweeté le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, en réaction au triptyque sur l'ordre scandé par le chef de l'Etat lors de l'entretien.
Cette prise de parole avant la pause estivale était attendue, mais l'Elysée a tergiversé jusqu'à la dernière minute sur la forme qu'elle prendrait.
Le 17 avril, en décrétant les "cent jours", Emmanuel Macron avait donné rendez-vous aux Français le 14 juillet pour "un premier bilan".
Mais il a préféré d'abord remanier son gouvernement, ce qu'il a fini par faire la semaine dernière, au terme d'un long suspense et comme à contre-coeur, confirmant le maintien d'Elisabeth Borne par un SMS de ses conseillers aux journalistes, et évoquant de simples "ajustements".
Après l'entretien, la visite en Nouvelle-Calédonie peut vraiment commencer mardi.
O.Johnson--AMWN