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En campagne, Joe Biden vante sa "force tranquille" et sa visite en Ukraine
Au plus bas dans les sondages, Joe Biden vante sa "force tranquille" dans un clip de campagne mettant en scène son voyage en Ukraine en février.
Le président démocrate de 80 ans, qui brigue un second mandat, s'affiche en dirigeant qui n'a pas peur d'affronter les "dictateurs" pour mieux contraster, selon son équipe de campagne, avec l'opposition républicaine et son potentiel rival à l'élection de novembre 2024, Donald Trump.
Joe Biden s'est érigé en architecte de la riposte occidentale à l'invasion russe de l'Ukraine le 24 février 2022 et se fait fort, selon lui, d'avoir redoré le blason de l'Amérique sur la scène internationale après les années Trump, renouant par exemple avec les alliances des Etats-Unis.
L'ex-président américain a, lui, juré de tout faire pour mettre fin à la guerre en Ukraine s'il est élu en 2024.
"En pleine zone de guerre, Joe Biden a montré au monde entier de quoi l'Amérique est faite", assure un narrateur dans ce clip d'une minute, genre bande-annonce de film, qui sera diffusé dans des Etats-clés dans le courant du weekend.
"C'est la force tranquille d'un vrai leader qui ne recule pas devant un dictateur", ajoute le commentaire avec une image du président russe Vladimir Poutine à l'appui.
- "Sous couvert de la nuit" -
La diffusion du clip coïncide avec le déplacement du président américain en Inde vendredi et samedi pour participer à un sommet du G20, puis au Vietnam dimanche.
Joe Biden a effectué à Kiev le 20 février une visite surprise préparée dans le plus grand secret et sans précédent pour un président des Etats-Unis dans un pays en guerre où ne se trouvent pas de forces américaines sur le terrain.
"Il est entré en Ukraine sous le couvert de la nuit et, le matin, Joe Biden a marché main dans la main avec nos alliés dans les rues dévastées par la guerre, défendant la démocratie là où un tyran fait la guerre pour la faire disparaître", raconte la vidéo au style enjoué où l'on entend le retentissement des sirènes prévenant d'un raid aérien imminent.
On voit encore M. Biden assis à un bureau dans le train qui l'a amené à Kiev en provenance de la Pologne, ou dans les rues de la capitale aux côtés du président ukrainien Volodymyr Zelensky, affublé des lunettes d'aviateur qu'il affectionne.
La politique étrangère n'est généralement pas un thème fort d'une campagne présidentielle aux Etats-Unis, les Américains s'inquiètent plutôt de l'état de l'économie, de l'inflation ou de l'immigration.
D'autant plus que la guerre en Ukraine ne mobilise pas particulièrement l'opinion publique américaine, aussi longtemps que l'administration Biden maintient sa ligne d'un appui financier et matériel massif à Kiev sans mettre de troupes au sol.
Pour autant, le président Biden fait face à une cote de popularité en berne, des interrogations croissantes liées à son âge et ses difficultés à faire passer son message sur la relance de l'économie.
Alors son équipe met en avant un dirigeant menant le combat contre les autoritarismes et la défense de l'Ukraine, en en faisant un argument de campagne contre l'opposition républicaine dont plusieurs des candidats à la Maison Blanche mettent en cause le soutien américain.
Mais cela pourrait se retourner contre lui.
Un an et demi après le début d'une guerre qui s'enlise -- et plus de 43 milliards de dollars en aide militaire --, la question de la continuité de ce soutien, "aussi longtemps qu'il le faudra", à l'Ukraine, pourrait se poser à l'approche de l'élection.
Une échéance est déjà en vue fin septembre: l'approbation par le Congrès d'une nouvelle enveloppe budgétaire pour l'Ukraine. L'administration Biden a réclamé en août une manne supplémentaire de 23 milliards de dollars dont 13 en dépenses militaires pour le pays européen.
Jusqu'alors, le soutien à Kiev a été bipartite, mais l'aile dure républicaine commence à trouver la note salée.
A.Rodriguezv--AMWN