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Biden laisse pointer sa préoccupation sur l'aide à l'Ukraine
La crise politique à Washington pourrait menacer l'aide américaine à l'Ukraine a pour la première fois laissé entendre Joe Biden, en promettant mercredi un "discours majeur" sur "l'extrême" importance du soutien militaire et financier à Kiev.
Le Congrès américain, composé du Sénat à majorité démocrate et de la Chambre des représentants contrôlée par les républicains, dispose d'environ un mois et demi pour adopter un budget annuel, lequel doit comporter pour la Maison Blanche une nouvelle enveloppe pour financer le soutien à Kiev.
La présidence évalue à 24 milliards de dollars la rallonge nécessaire pour continuer de soutenir l'effort de guerre ukrainien.
Mais il y a un hic. Et pas des moindres. Le chef républicain de la Chambre des représentants, Kevin McCarthy, a été évincé mardi de son poste en raison d'une fronde d'élus de l'aile droite de son propre parti opposés au déblocage de ces fonds pour l'Ukraine.
Interrogé sur l'impact de la destitution de Kevin McCarthy sur l'aide à Kiev, le président Biden a répondu mercredi aux journalistes: "Cela m'inquiète".
"Mais je sais qu'il y a une majorité d'élus à la Chambre des représentants et au Sénat, dans les deux partis, qui ont dit qu'ils soutenaient le financement de l'aide à l'Ukraine", a ajouté M. Biden, qui doit être briefé jeudi sur ce dossier par ses plus proches conseillers en matière de sécurité nationale, y compris le nouveau chef d'état-major.
Et de promettre un "discours majeur" sur cette question dans l'espoir de rallier une majorité d'élus en faveur d'une aide humanitaire et militaire à l'Ukraine.
- "D'autres moyens" -
Sans reprendre ses assurances habituelles sur le fait que les Etats-Unis continueraient à soutenir Kiev "aussi longtemps qu'il le faudrait", le président américain a plutôt souligné qu'il était "dans l'intérêt (du pays) que l'Ukraine réussisse" face à l'invasion de la Russie.
"Il est extrêmement important pour les Etats-Unis et nos alliés que nous tenions nos promesses", a répété Joe Biden, conscient du risque de lassitude, non seulement au Congrès mais plus généralement dans l'opinion publique américaine.
Le démocrate n'a pas voulu dire combien de temps les Etats-Unis seraient en mesure de poursuivre leur assistance militaire et financière si le Congrès n'adoptait pas une nouvelle enveloppe.
Joe Biden a seulement indiqué que Washington avait les moyens de financer "la prochaine tranche" d'aide et laissé entendre qu'il existait "d'autres moyens" de trouver des fonds, sans toutefois fournir davantage de détails.
"Nous avons rassemblé plus de 50 nations (...) pour soutenir l'Ukraine. C'est nous qui avons organisé cela", a encore plaidé mercredi le président américain.
Mardi, M. Biden s'était entretenu avec les dirigeants de plusieurs pays alliés des Etats-Unis pour tenter de les rassurer, dont le chancelier allemand Olaf Scholz, qui s'est dit "convaincu" que le soutien des Etats-Unis perdurerait.
"Je suis totalement convaincu que le Congrès américain fera le nécessaire pour que l'Ukraine soit soutenue", a déclaré mercredi à la presse M. Scholz.
Face à l'agitation à Washington, "je ne crois pas que nous devons laisser les petits jeux politiques se mettre en travers" de l'engagement américain en faveur de l'Ukraine, a encore déclaré Joe Biden.
Le Kiel Institute for the World Economy, un institut allemand qui tient le compte des aides versées à l'Ukraine, chiffre l'aide américaine à l'Ukraine à un peu moins de 75 milliards de dollars, dont plus de 42 milliards en assistance militaire, au travers de la livraison d'équipements parfois lourds et sophistiqués.
Cela fait des Etats-Unis le premier contributeur mondial en valeur absolue.
Ch.Havering--AMWN