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Combats acharnés entre Israël et le Hamas à Gaza
Israël a annoncé jeudi avoir détruit une "place forte" du Hamas dans le nord de la bande de Gaza, au prix de combats au sol acharnés accompagnés de bombardements qui ont poussé des dizaines de milliers de civils à fuir vers le sud du territoire palestinien assiégé.
Après plus d'un mois de frappes israéliennes meurtrières, en représailles à l'attaque sanglante menée par le Hamas contre Israël le 7 octobre, plusieurs centaines de milliers de civils, selon l'ONU, restent piégés dans une situation humanitaire désastreuse dans le nord de la bande de Gaza, en particulier dans la principale ville du territoire.
Jeudi, l'armée a annoncé avoir pris le contrôle la veille, "après dix heures de combats", d'une "place forte" du Hamas à Jabaliya, un camp de réfugiés du nord de Gaza, depuis laquelle "des terroristes s'entraînaient et menaient des attaques".
Israël a par ailleurs annoncé qu'une frappe aérienne avait tué un chef militaire du Hamas, Ibrahim Abu-Maghsib, responsable d'une unité de missiles antichars.
Israël bombarde sans répit le petit territoire depuis le 7 octobre et a juré "d'anéantir" le mouvement islamiste au pouvoir dans la bande de Gaza, classé organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël.
L'armée y mène aussi depuis le 27 octobre une opération terrestre, resserrant son étau sur la ville de Gaza où se trouve, selon Israël, le "centre" de l'infrastructure du Hamas.
Quelque 130 entrées de tunnels ont été découvertes depuis le début de cette opération, qui a coûté la vie à 34 soldats selon l'armée.
Mercredi, l'AFP a pu s'approcher de l'épicentre des combats dans le nord de Gaza lors d'une incursion organisée par l'armée israélienne, et dont les images ont été soumises à la censure militaire.
Palmiers brûlés, lampadaires tordus, panneaux de signalisation déformés témoignaient de l'intensité de l'offensive le long de la route côtière, en ruines, qui relie le nord au sud du territoire, où des drapeaux israéliens flottent sur des bâtiments détruits en bord de plage.
L'armée israélienne a annoncé qu'un nouveau "couloir" serait ouvert jeudi, après le départ la veille de 50.000 civils vers le sud.
- "Terrifiés" -
Mercredi, beaucoup plus nombreux que la veille, des milliers de Palestiniens désespérés ont fui vers le sud, à pied ou en charrette, les mains vides ou n'emportant que le strict nécessaire.
Selon l'ONU, 1,5 million de personnes sur les 2,4 millions d'habitants de la bande de Gaza ont été déplacées par la guerre.
"C'est une situation difficile", a dit à l'AFP Ehsan Abu Sleem, qui portait son bébé d'à peine deux mois. "Nous sommes épuisés, nous venons de loin et nous ne savons pas combien de temps il nous reste à marcher."
"Nous avons pris la décision de partir parce que les bombardements étaient très intenses", a-t-il ajouté: "Les enfants et les femmes étaient terrifiés et nous ne pouvions plus le supporter."
Des centaines de milliers de réfugiés s'entassent déjà dans le sud, dans des conditions déplorables.
"Durant les dernières 24 heures, j'ai vu trois malades avec des asticots dans leurs blessures", a-t-il raconté à l'AFP.
Selon le Bureau de coordination humanitaire de l'ONU (Ocha), "les produits alimentaires essentiels tels que le riz, les légumineuses et l'huile végétale sont presque épuisés".
- "Une crise de l'humanité" -
En Israël, au moins 1.400 personnes ont été tuées depuis le début de la guerre, selon les autorités, en majorité des civils tués le jour de l'attaque du Hamas, d'une violence et d'une ampleur inédites depuis la création de l'Etat d'Israël en 1948.
Dans la bande de Gaza, les bombardements israéliens ont fait 10.569 morts, essentiellement des civils dont 4.324 enfants, selon le ministère de la Santé du Hamas.
De multiples appels à une trêve ont été lancés pour permettre d'acheminer de l'aide à la population du territoire de 362 kilomètres carrés privée d'eau, d'électricité, de nourriture et de médicaments par le siège total imposé par Israël depuis le 9 octobre.
Gaza, miné par la pauvreté, était déjà soumis à un blocus israélien terrestre, aérien et maritime depuis que le Hamas y a pris le pouvoir en 2007.
Treize ONG incluant Médecins sans frontières (MSF) et Amnesty International ont appelé à un "cessez-le-feu immédiat", à la veille d'une conférence internationale humanitaire organisée par le président français, Emmanuel Macron, jeudi à Paris.
Le gouvernement israélien n'est pas représenté à cette conférence et les pays arabes n'y ont pas envoyé de représentant du plus haut niveau.
L'Agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) a lancé à cette occasion un nouveau cri d'alarme. "Le cauchemar que traverse Gaza aujourd'hui est plus qu'une crise humanitaire, c'est une crise de l'humanité. Il est de notre devoir de saisir aujourd'hui l'occasion de la restaurer, sans plus attendre", a déclaré l'Unrwa.
La situation humanitaire s'aggrave de jour en jour, selon les ONG, alors que l'aide internationale arrive au compte-gouttes depuis l'Egypte par le poste-frontière de Rafah, dans le sud du territoire.
Dans le nord de la bande de Gaza, des centaines de milliers de personnes se trouvent toujours au nord du Wadi Gaza, le cours d'eau qui traverse le territoire d'est en ouest, "dans une situation humanitaire désastreuse", "luttant pour obtenir les quantités minimales d'eau et de nourriture nécessaires à leur survie", selon l'Ocha.
- Pas de cessez-le-feu -
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, exclut tout cessez-le-feu sans la libération des 239 otages détenus par le Hamas depuis le 7 octobre.
Une source proche du Hamas à Gaza a indiqué à l'AFP que des négociations menées par le Qatar étaient en cours pour la libération de douze otages, parmi lesquels six Américains, en échange d'une trêve humanitaire de trois jours.
Par ailleurs, l'évacuation vers l'Egypte des blessés palestiniens et des binationaux a été à nouveau interrompue mercredi, selon un responsable palestinien.
En Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, sept Palestiniens ont été tués jeudi lors d'un raid de l'armée israélienne à Jénine, selon le ministère palestinien de la Santé.
Au moins 170 Palestiniens ont été tués par des tirs de soldats ou de colons israéliens dans ce territoire depuis le 7 octobre, d'après l'Autorité palestinienne.
C.Garcia--AMWN